‹ L'ami des enfants (volume 2)Chapitre 122 sur 276 · SCÈNE VI. — M. DE CLERMONT, CONSTANTIN · texte numérisé non relu

SCÈNE VI. — M. DE CLERMONT, CONSTANTIN

CONSTANTIN. Eli bien! mon papa, avais-je tort? Vous voyez comme ma sœur s'empresse de vous obéir.

:m. de CLERMONT. Et quelle est cette histoire d'un écureuil?

CONSTANTIN. Je uc VOUS l'ai pas contée dans notre cachette, parce qu'on aurait pu nous entendre. Mais voici ce que c'est. Le cher ami Thomas a fait cadeau d'un écureuil à la chère amie Adélaïde. La chère amie Adélaïde a reçu avec tant de plaisir cette vilaine petite bète , qu'elle l'appelle son cher ami Thomas. Mais j'ai si bien fait, qu'elle n'a pas eu longtemps à s'en réjouir.

M. DE CLEii.MONT. Et commeut douc cela?

CONSTANTIN. Ils avaient mis la cabane de l'écureuil sous le berceau. Je m'y suis glissé tandis qu'ils se faisaient leurs tendres adieux; j'ai ouvert la cabane, j'en ai tiré l'écureuil, et je l'ai lâché dans le bois. Je l'ai vu aussitôt grimper sur un arbre et sauter de branche en branche. Ils seront bien Ans s'ils le rattrapent jamais.

M. DE CLERMONT. Vous avcz fait là, monsieur, une fort vilaine action. Ne vous avais-je pas défendu d'alïliger ces pauvres enfants? Et vous sentiez le chagrin que vous alliez causer à votre sœur.

CONSTANTIN. Puiscju'elle vous désobéissait, ne méritait elle pas d'être punie?

M. DE CLERMONT. Est-cc à VOUS qu'appai'tieut le droit de la punir? Courez dire au jardinier et à ses lils de chercher l'écureuil et de me l'apporter.

CONSTANTIN Mais, mon papa, vous avez défendu à ma sœur toute société avec les enfants de M. lienest, et vous soulfrirez qu'elle en reçoive un cadeau ?

M. DE CLERMONT. Thomas était -il instruit de mes volontés lorsqu'il a apporté l'écureuil ?

coNST.\NTiN. Du moius Adélaïde les savait. N'était-ce pas vous désobéir?

M. DE CLERMONT. C'était à moi de le décider. Elle n'aurait pas manqué de me montrer le présent qu'elle avait reçu , et je lui aurais ordonné de le rendre, si je l'avais jugé à propos. Encore une fois, courez, et que cet écureuil se retrouve, ou vous m'en répondrez.

CONSTANTIN. Mais , mon papa, vous avez entendu de fort belles choses. Ma sœur a de l'argent dont vous ne savez rien, et elle le domie à M. Genest pour vous payer. Ne ferais -je pas mieux d'aller guetter Geneviève, de la surprendre lorsqu'elle aura reçu la bourse, et de vous l'apporter?

M. DE CLERMONT. Aviscz-vous dc ccla ! Vous savez mes ordres; obéissez.

CONSTANTIN, ('Il nnivmurant . Moi qui croyais avoir fait merveilles!

Page 1