‹ L'ami des enfants (volume 2)Chapitre 130 sur 276 · SCENE III. — ^ÉRAPHIXi: , ErSTACHE , LÉOX · texte numérisé non relu

SCENE III. — ^ÉRAPHIXi: , ErSTACHE , LÉOX

LÉox, ouvrant la portf. C'est moi , c'est moi, mon ami. Bonjour, mademoiselle .Séraphine.

sÉR.\PHiNE. Bonjour, monsieur Léon.

LÉOX. Je suis à la piste de Diane, et j'espère bientôt....

SÉRAPHINE, Que dites-vous? La retrouver?

LÉON. Écoutez un peu. Vous savez cette vieille qui est au coin de la rue, et qui vend du pain d'épice et des marrons?

SÉRAPHINE. Comment? elle a ma chienne?

LÉON. Non, non; c'est une honnête femme, et la meilleure de mes amies. Tu sais bien, Eustache, que Diane voulait aussi, l'autre jour, faire connaissance avec elle, en mettant les deux pattes de devant sur sa table, et en flairant ses biscuits?

EUSTACHE. Hélas! oui. Cette gentillesse ne lui réussit guère. Elle n y gagna qu'un bon coup de gant fourré sur le museau.

sÉRAPHLNE. Laissons cela. Achevez, achevez, monsieur Léon.

LÉON. Eh bien 1 tout à l'heure, en allant déjeuner à sa boutique, je lui ai raconté notre malheur. Quoi! m"a-t-elle dit, cette petite doguine?

SÉRAPHINE. Doguine, monsieur Léon? N'appelez pas ainsi ma Diane: j'aimerais mieux ne pas en entendre parler.

LEON. Je ne fais que vous rapporter ses paroles. Cette petite doguine, m'a-t-elle dit, qui appartient â ce joli petit monsieur qui est de vos amis? Oui, lui ai-je répondu. Eh bien ! a-t-elle repris, vous crmnaissezun autre petit monsieur, qui demeure là-bas, à ce grand balcon? C'est lui qui l'a détournée.

ELSTACHE. Commcnt ! ce serait Bufin?

LÉON. Ne te souviens-tu pas qu'il était arrêté hier à la boutique de cette vieille , lorsque nous passâmes, et qu'il ne fit pas semblant de nous voir, de peur d'être obligé de nous offrir de ses marrons?

ELSTACHE. Cela est vrai ; je me le rappelle à présent.

LÉON. Eh bien! lorsque nous fumes éloignés de quelques pas, il appela Diane qui nous suivait, lui présenta un marron, dans lequel il avait mordu, et lorsque la pauvre bête ne songeait qu'à se régaler," il la saisit, la serre sous son bras, et l'emporta à sa maison. C'est la bonne f^^mm»^ qui m'a dit tout ce manège.

SÉRAPHINE. 0 le méchant! Mais, enfin, nous savons où elle est. .Mon frère, tu n'as qu'à y aller tout de suite.

LÉON. Je crains bien (ju'il ne l'y trouve plus. Bufin ne l'a prise qu«* pour la vendre, comme il fait de ses livres, et de tout ce qu'il peut attra-

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per chez son père. Il est capable de tout. Nous avons jouA Tautre jour ,1 la paume ; il a triché.

ELSTACHE. Que TOC dis-tu? J'y cours à Tinstant.

LEON. Tu ne le trouverais pas chez lui. J'en viens : il était sorti.

SEUAPiiiNE. Il a peut-être fait dire qu'il n'y était pas.

LKox. Non; j"ai iiarcduru toute la maison. J'ai dit à une servante que j'étais venu proposer à son maître une revanche qu'il me driit à la paume, et que j'allais l'attendre chez vous.

sÉRAPHiNE. Il n'osera jamais se présenter devant nos yeux, s'il est vrai ((u'il ait pris Diane.

LEON. Oh! vous ne connaissez pas son effronterie. Il y viendra tout exprés pour détourner les soupçons ; mais je vais vous le démas(juer.

SÉRAPHINE. Il faut a^ir avec prudence, et le questionner adroitement, pour lui faire avouer son secret.

LEON. Tenez, toute l'adresse est de lui faire voir, au premier mot, (pTil est un fripon et un voleur.

EiSTACHE, Non, non, mon ami, cela ne servirait qu'à faire une querelle ; et mon papa ne veut pas qu'il y en ait dans sa maison. Des paroles de douceur seront peut-être plus propres à le toucher que des reproches violents.

sÉR-VPHiNE. Peut-être aussi ne sait-il pas que la petite chienne nous appartient?

LEON. Bon ! ne la voit-il pas tous les jours sortir avec votre frère ? Il a joué cent fois avec elle, et il la dérobe aujourd'hui pour la vendre. Vnilà bien de ses traits.

EL'STACHE. Chut ! Ic voici.

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