SCENE XI. — CHARLES , ALEXIS
ALEXIS. Eh bien ! monsieur, convenez-en, Edouard est un garçon qui pense avec bien de la noblesse. Vous le voyez, sa promesse est pour lui plus que tout ce qu'il a de plus précieux. \.\\ lieu de s'affliger du désavantage qu'il trouve dans vos conventions, il se fa*it un plaisir de surpasser votre attente et de combler votre joie.
CHARLES, confus. Est-il vrai? Vous me faites rougir, et je ne sais comment...
ALEXIS. Ce n'est pas votre faute si vos parents ne vous ont pas mieux traité cette année.
CHARLES, en se détournant . Le pauvre Edouard !
ALEXIS. Vous l'offensez par votre pitié. Il ne se trouve pas du tout à plaindre. C'est la honte de vous en imposer qui l'aurait rendu malheureux. Voyez toutes vos richesses, et réjouissez-vous.
274 I.KS KIKEXXKS.
SCENE XII. — EDOUAHI). (If ARLES. Al.KXIS. KDOiAiu», recenmit arec un y ranci (jàtcaxi , fjii'il jirhenlf^ à ClmrhH. Tiens, voilà qui t'appartient par-dessus le inan-hé.
CHARLES , Je repoussant d'une main, et de l'autre se raduint le visaye. Non, non, c'en est trop.
KDOUAiui. Prends-le, je te le donne ; et ne crois pas que ce soit par le remords de t' avoir celé quelque chose ! Alexis peut t'en être garant.
ALEXIS, pn regardant fixement Charles. Oui, je le suis à la face de tout l'univers. [Charles s'essuie les yeu.r ). Mais je crois que vous pleurez, M. Charles. Qu'avez-vous donc?
CHAULES. Rien, rien, si ce n'est que je suis un malheureux qui (jui
vous a trompé.
EDOUARD. Toi, me tromper! Non, c'est inq)ossil)le. Ne sommes-nous pas amis dès l'enfance? fds de bons voisins et de bons amis?
CHARLES. Et c'est cc qui me rend plus coupable. Je ne mérite pas que tu penses si noblement de moi. [Il prend la main d'Edouard). Je puis cependant te montrer que je ne suis pas encore tout à fait indigne de ton estime. Il est bien vrai que je n'ai rien reru de mon papa en bagatelles
et en friandises, mais mais [Il fouille dans sa poehe) voici
trois louis (}ue je lui ai demandés à la place, et qu'il m'a donnés. Tu le vois, j'étais un trompeur, tandis que tu étais si généreux à mon égard. Voici Ift nioitié de rpon argent. Il t'appaitient de droit. Seulement, par pitié, pardonne-moi ma coquinerie, et reste mon ami.
ÉDOU.uui, lui sautant au eou. Oh! toujours, toujours! toute ma vie! Comme tu me ravis de plaisir î non pas à cause de l'argent, car sûrement je ne le prendrai pas....