‹ L'ami des enfants (volume 2)Chapitre 170 sur 276 · SCÈNE XI. — M. VERTEUIL, LÉONOK, DIDIER · texte numérisé non relu

SCÈNE XI. — M. VERTEUIL, LÉONOK, DIDIER

M. VERTEUIL. Eli bien 1 mon cher Didier, est-on content de toi dans ta pension?

DIDIER. C'est à mon maître de vous le dire. Je ne me crois pourtant pas mal dans son amitié.

M. VERTEUIL. Quellcs sout à présent tes études?

DIDIER. Le grec et le latin, d'abord ; ensuite la géographie, l'histoire et les mathématiques.

LÉONOR, à part. Voilà bien des choses dont je savais à peine le nom.

M. VERTEUIL. Et y fais-tu quelques progrès?

DIDIER. Oh ! plus j'apprends, plus je vois que j'ai encore à m'instruire. Je ne siiis pas le dernier de mes camarades, toujours.

M. VERTEUIL. Et Ic dcssiu, la danse, la musique?

DIDIER. De tout cela un peu aussi. Je m'applique davantage dans cette saison à la musique et au dessin, parce que le maître dit qu'il ne faut pas faire trop d'exercice dans l'été. En revanche, pendant l'hiver, je pousse plus vigoureusement la danse, parce que l'exercice convient mieux alors.

M. VERTEUIL. Voilà qui me paraît fort l)ien entendu.

DIDIER. D'ailleurs je ne peux pas y donner beaucoup de temps. Je ne m'en occupe guère que dans mes heures de récréation, ou après avoir fini mes devoirs. J^'essentiel, dit le maître, est de former mon cœur et d'enrichir mon esprit de belles connaissances, pour vivre honorablement dans le monde, me rendre utile à mon pays et à mes semblables, et devenir heureux moi-même par ce moyen.

M. VERTEUIL, le prenant dans ses brus. Embrasse-moi, mon chei' Didier.

LÉoxoR, à part. Si c'est là l'essentiel, ma tante l'a bien négligé.

DIDIER. 0 mon cher monsieur Verteuil, je ne suis pas tout à fait si bon que vous l'imagineriez peut-être.

M. VERTEUIL. Comment cela, mon ami.

DIDIER. Je suis un peu étourdi, un peu dissipé. Par exemple, je brouille quelquefois mes heures, et je fais dans l'une ce que j'aurais dû faire dans l'autre. J'ai de la peine à me corriger de quelques mauvaises habitudes; et je retombe par légèreté dans des fautes qui m'ont causé dix fois du repentir.

M. VERTEUIL. Et y rctomberas-tu encore?

DIDIER. Vraiment non, si j'y pense; mais j'oublie presque toujours mes bonnes résolutions.

M. VERTEUIL. Je suis fort aise, mon ami, (juc tu remanjues toi-même tes défauts. Ucconiiaitre ses défauts est le premier pas veis le bien. Qu'eu

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LKoNoit. Ju [icnse (jue je ne suis ni ùlourdie, ni dissipée; et (jue je n"ui pas les défauts de mon frère.

M. vEKTEL'iL. D'autrcs, peut-être?

i.KdNOK. 3Ia tante ne m'en a jamais rien dit.

M. vEiiTKiiL. Elle devrait être la première à les apercevoir. Mais la tendresse nous aveugle quehjuefois sur les imperfections de nos amis. Je ne dis pas cela pour te fâcher.

LÉONOR, à part. Le vilain homme î il tlatte mon frère; et il n'a que des choses désagréables à me dire.

M. vEiHEUiL. Restez ici, mes enfants, je vais voir si mon domestique a tiré mes effets de la valise. J'ai quelque chose pour vous, et je serai bientôt de retour. {Il aort.)

i)n)iER. Oui, oui, nous vous attendrons. Ne tardez pas longtemps.

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