‹ L'ami des enfants (volume 2)Chapitre 173 sur 276 · SCÈNE XIV. — MADAME BEAUMOXT, LEOXOR · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV. — MADAME BEAUMOXT, LEOXOR

m'"'' be.\umo.nt. Ce petit coquin! Son tuteur une fois parti, qu'il s'avise de remettre le pied dans ma maison! Mais qu'est-ce donc qu'il t'a conté pour te faire croire que ton éducation était négligée ?

LÉONOR. Cela est vrai aussi, ma tante. Les connaissances essentielles qu'une jeune personne bien élevée doit posséder, m'en avez-vous fait instruire ?

m""* be.\u.mont. Eh! ma divine Léonor! que manque-t-il à tes perfections, toi qui es la Heur de toutes nos jeunes demoiselles?

LÉONOR. Oui, je sais les choses qui ne sont propres qu'à m'inspirer de la vanité; mais celles qui ornent l'esprit, la géographie, l'histoire, le calcul, en ai-je seulement une idée?

M™* REAUMONT. Pédanterie que tout cela! Je serais au désespoir de t'avoir fait rompre la tète de ces balivernes; elles ne sont bonnes, tout au plus, que pour un écolier de latin. As-tu jamais entendu rien de pareil dans les cercles de femmes où je te mène?

LÉOXOR. J'en conviens. Mais pourquoi du moins ne m'avoir pas fait connaître les travaux dont une personne de mon sexe doit s'occuper? Sais-je manier l'aiguille ou la navette? Serais -je en état de conduire un ménage?

M'"" REAUMONT. Aussi u'ai-jc pas voulu faire de toi une marchande de modes , ni une Cendrillon.

LÉONOR. Mais si nous venions à perdre M. Verteuil, si je tombais dans la misère, quelles seraient mes ressources pour gagner ma vie?

M'"* REAUMONT. Oh ! s'il uc tient qu'à cela, je puis d'un seul mot calmer tes inquiétudes. L'argent ne te manquera jamais. Tu nageras dans l'abondance. J'ai si bien tourmenté M. Verteuil pour qu'il t'instituât son héritière, qu'il va faire aujourd'hui son testament en ta faveur. Mais le voici qui vient lui-nirme. Je te lais.se avec lui. Il veut l'instruire de ses dispositions. {EUesorf.)

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