‹ L'ami des enfants (volume 2)Chapitre 200 sur 276 · SCENE VI. — CASLMIR , PROSPER · texte numérisé non relu

SCENE VI. — CASLMIR , PROSPER

PROSPER. Pourquoi m'empécher d'aller me plaindre à maman? Moi, l'ami de ce petit vaurien ! Je ne le serai jamais. Aussitôt que son père sera de retolir, je veux lui dire combien il a été hargneux et ([uerelleur, pour qu'il lui apprenne à se bien ((iiuluin' envers nous.

338 L'ECOLE DES MARATllES.

CAsiMiu. Mais, crois -tu que notre papa ne sera pas chagrin de cette querelle? Et serais-tu content de toi, si tu l'affligeais.

iMiosPEH. J'en aurais certainement du regret; cependant comment faire? Si ce petit homme n'est pas corrigé dès le premier jour, ce sera des disputes éternelles dans la maison. Il cherchera sans cesse à nous mortifier. Moi, je ne suis pas endurant ; je me fâcherai, je lui apprendrai ce qu'il doit savoir; et s'il s'avise de prendre un ton comme tout à l'heure....

CASIMIR. Que dis-tu, Prosper? J'espère que tu n'as pas envie de le battre?

PKOSPER. Mais tu n'entends pas que je me laisse battre par lui, j'imagine?

CASIMIR. Non certainement.

PROSPER. Quel parti faut-il donc que je prenne"?

CASIMIR. Nous verrons dans le temps. Pour aujourd'hui , il serait cruel de troubler la joie de son père.

PROSPER. Que ce soit aujourd'hui ou demain, cela revient au même. Non, non, le plus tôt sera le mieux.

CASIMIR. Mon frère, je t'en supplie, attends encore. Fabien n'est sûrement pas si méchant que tu le penses.

PROSPER. D'où le sais-tu? Je le connais peut-être aussi bien que toi.

CASIMIR. Son père et ses sœurs nous en ont toujours parlé comme d'un enfant très doux et très complaisant, qui n'avait d'autre plaisir que de se faire aimer de tout le monde.

PROSPER. Vraiment oui, en me tournant le dos quand je veux l'embrasser.

CASIMIR. Il ne nous connaît pas encore. Il a pu se figurer que nous étions ÙQS frérâti'es .

PROSPER. Comment pouvait-il le croire ? Nous ne lui avons laissé voir que des sentiments d'amitié.

CASIMIR. Il était peut-être dans un moment de chagrin.

PROSPER. Et sommes-nous faits pour souffrir de son humeur?

CASIMIR. Il faut bien se pardonner quelque chose entre frères.

PROSPER. Il semble qu'il dédaigne de nous regarder comme les siens.

CASIMIR. Non, je ne lui ai point trouvé cet air de hauteur que tu lui supposes.

PROSPER. Qu'il y prenne garde, je ne lui en passerai aucun. Mais le voici qui vient avec ses sœurs. Je me retire. Je ne puis me souffrir auprès de lui.

CASIMIR. Attendons-les , mon frère , et prenons part à leur joie.

PROSPER. Non, je pourrais la troubler. Je m'en vais. {Il sort.)

CASIMIR. Eh bien î je te suis. [En sorlani.) Il faut que je tâche d'adoucir son esprit.

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