‹ L'ami des enfants (volume 2)Chapitre 199 sur 276 · SCÈNE V. — MADAME DE FLEURY, FAUIEX · texte numérisé non relu

SCÈNE V. — MADAME DE FLEURY, FAUIEX

m"""" de FLEURY, ar<?cew^9re5-.s^w2(?72/, OÙ cst-il? oïl est-il? {Elle l'aperçoit.) Est-ce toi, mon cher Fabien? J'ai donc enfin réuni toute ma nouvelle lamille. ( // lui baise la main ; elle le jirend dans ses bras, le presse coiitre son cœur, et Y embrasse avec tendresse. En le regardant avec amitié.) L'heureuse physionomie! Que je me réjouis de pouvoir nommer mon fils un si aimable enfant !

FABIEN. Je voudrais bien aussi pouvoir me réjouir; mais, hélas!

m""" de flel'ry. Qu'est-ce donc, mon petit ami? tu me parais bien triste. {Fabien se met à pleurer sans lui répondre. ) Tu te détournes, tu pleures? D'où viennent ces larmes? Mon cher Fabien, n'as-tu pas de confiance en moi? Ne veux-tu pas me dire ce que tu as sur le cœur?

FABIEN. Ce n'est rien, rien du tout.

m"" de FLEL'RY. C'cu cst trop pour m'atUiger. Dis-moi ton chagrin, que je te console. Si ton papa ou tes sœurs venaient en ce moment, et qu'ils te vissent dans la tristesse, ils pourraient croire qu'il t'est arrivé quelque accident fâcheux. Ah ! ils se sont promis bien de la joie de ton arrivée. Estce que tu serais fâché de les embrasser!

FABIEN. Que me dites-vous? Je n'aurai plus d'autre plaisir. Mais pourrez-vous aussi me faire embrasser maman? c'est elle que je pleure.

m""" DE FLEURY. Il y a six mois que tu l'as perdue, et tu la pleures encore?

FABIEN. Ah ! toujours, toute ma vie. [Arec des sanglots.) 0 maman, ma chère maman !

M'"" DE FLEURY. N'en parloiis |)!us, mon cher ami, puisque c'est renouveler toutes tes douleurs.

FABIEN. Non, non, au contraire; parlons-en, je vous prie, pour me soulager. Voudriez-vous (jue sitôt après votre mort, vos enfants vous eussent déjà oubliée ?

M'"^ DE FLEUBY. Excellente i)etit e créature ! [File l'rmbrass".) Tu l'aimais donc liicii ta iiiainan?

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FABiKN. Je le sens mieux encore, depuis que je ne lai plus. Elle était si bonne et si douce !

m'"" de flelrv. Je voudrais pouvoir la rendre à tes regrets ; ou plutôt je veux prendre sa place dans ton cœur. Je veux t'aimer comme elle, et te rendre les mêmes soins.

FABIEN. Mais ce ne sera jamais vous qui m'aurez fait naître, qui m'aurez nourri de votre lait, qui m'aurez élevé dans mon berceau. Elle était ma mère, et vous n'êtes que ma marâtre.

m'"* de fleuky. Pourquoi m'appelles-tu de ce nom? je ne t'ai pas appelé mon beau-fils.

FABIEN. Pardonnez-moi, je vous prie. Ce n'était pas pour vous fâcher. Vous me semblez aussi bien aimable et bien caressante. Mais vous avez des enfants à vous, et vous les aimerez toujours plus que moi.

m'"" de fleury. Tu ne t'apercevras jamais de la différence. Quelques joui's encore, pour nous mieux connaître, et tu verras si tu ne te croiras pas toimême mon propre fils.

FABIEN. Oh! si cela pouvait ai'i'iver sans oublier maman 1

M*"^ DE FLEURY. Jc ne demande pas que tu l'oublies ; au contraire, nous en parlerons tous les jours. Je veux que ta tendresse pour elle serve d'émulation et d'exemple à mes enfants. Viens, viens, je brûle de te les présenter.

FABIEN. Oh! je les ai vus. Ne vous ont-ils pas déjà porté des plaintes contre moi ?

m'"" DE FLEURY. Xou, mou ami, aucune. Est-ce que vous auriez eu quelque différend? J'en serais au désespoir. Tous mes plus vifs désirs sont de vous voir tendrement unis et attachés les uns aux autres, comme de véritables frères.

FABIEN. Je ne demande pas mieux que d'aimer : cela fait tant de plaisir! Mais où est mon papa? où sont mes sœurs? Faites-les-moi voir, que je les embrasse.

M™' DE FLEURY. Tou papa uc tardera pas à revenir. 11 est allé terminer quelques affaires, pour avoir tout le reste de la journée à te donner. Mais, en attendant, je peux te mener auprès de tes sœurs. Elles t'apprendront ce que tu dois penser sur mon compte.

FABIEN. Je veux bien qu'elles me parlent de vous; mais qu'elles me parlent d'abord de notre pauvre maman, {fis sortent ensemble sans voir Prosper et Casimir qui s'avancent d'un autre côté.)

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