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couverts de riolies muissous, îles niisseaux ([ui serpenUiieiii dans la [tlaiiKî, et. dans réloigiiemeiit une large rivière dont les bords étaient courininés de superbes châteaux. Ce spectacle magnifique charmait leurs regards. Elles se récriaient de joie et d'admiration, tandis que la pauvre Marthonie, assise au pied de la colline, et n'ayant devant les yeux (|ue dhorril)les rochers, était rongée de tristesse et d'ennui.
Elle eut le temps de faire, dans sa solitude, des réilexions bien anière,-. Âh ! se disait-elle en elle-même, à quoi me servent maintenant ces beaux habits? Quels doux plaisirs ils m'empêchent de goûter! et quelles don leurs ils me font souffrii' ! Elle s'abandonnait à ces affligeantes pensées, lorsqu'elle entendit ses compagnes descendre précipitamment, et lui crier de loin : Viens, Marthonie, sauvons-nous, sauvons-nous! Voilà un orage terrible qui s'élève derrière la colline. Ta robe va être abîmée, si tu ne le dépêches de courir.
Marthonie sentit ses forces renaître, par la crainte du malheur dont on la menaçait. Elle oublia sa fatigue, ses meurtrissures et ses étouftements, pour hâter sa course. Mais, malgré Taiguillon dont elle était pressée, elle ne pouvait suivre que de loin ses compagnes, vêtues bien plus légèrement. D'ailleurs, elle était à tout moment arrêtée, tantôt pai- son panier dans les sentiers étroits, tantôt par sa queue traînante à travers les pierres et les ronces, tantôt par l'échafaudage de sa chevelure, sur la- (juelle l'impétuosité du vent faisait courber les branches des arbustes et des buissons.
Au même instant l'orage éclata dans toute sa fureur, et il tomba une pluie mêlée d'une grêle épaisse, au moment précis où les autres enfants venaient de regagner la maison de leurs pères.
Enfin, Marthonie arriva trempée jusqu'aux os. Elle avait laissé en cliennn un de ses souliers dans la fange, et la tempête avait emporté son chapeau dans le milieu d'un bourbier. On eut toutes les peines du monde à l;i déshabiller, tant la sueur et la pluie avaient collé sa chemise sur son corps ; et sa parure se trouva perdue sans ressources.
Veux-tu que je te fasse faire demain une autre robe de soie? Ini dil froidement sa mère, en la voyant noyée dans les larmes. Oh ! n.on, non. maman, répondit-elle, en se jetant dans ses bras. Je sens bien maintenant qu'une élégante parure ne rend pas plus heureux. Laissez-moi reprendn.' mes premiers habits, et pardonnez-moi ma folie.
Marthonie, avec les vêtements de l'enfance, reprit sa modestie, ses grâces, sa liberté; et sa maman n'eut point de regret â une perte qui renilait à sa fille le bonheur (jue son imprudence et sa vanité allaient peutêtre lui ravir, sans cette nudluMircnse leçon.