‹ L'ami des enfants (volume 2)Chapitre 232 sur 276 · LE PETIT PRISONNIER · texte numérisé non relu

LE PETIT PRISONNIER

AMAis tu ne devinerais , ma chère Honorine, ce qui vient d'arriver à mon frère, ce brave Daniel, dont le bon cœur et la sage conduite lui faisaient des amis de t*)us ceux qui le connaissaient. Tu sais cette bourse de deux louis d'or, dont maman lui fit dernièrement cadeau en ta présence, le jour de sa fête? Eh bien! ces deux louis s'en sont allés; et le pauvre garçon ne peut ou ne veut pas dire ce qu'ils ^ sont devenus. Comme l'on pense que c'est par obstination qu'il en fait un mystère, on l'a renfermé ce matin dans une petite chambre où il ne voit personne , et dont il ne sortira qu'en disant son secret. Que je le plains de cette punition! L'opiniâtreté n'a jamais été son défaut. On lui a toujours reconnu un caractère docile, et un cœur plein de franchise. J'ai voulu le défendre, on ne m'a point écoutée. Je suis pourtant bien si'u'e qu'il n'a rien de condamnable à se reprocher. Viens me voir cette ajjrésmidi, si tu es libre, pour me consoler de ma peine. Le malheur de mon frère me rend aussi triste que s'il m'était personnellement arrivé. Adieu. J'attends ta visite ou ta réponse. Ta bonne amie, Dorotiikk.

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