‹ L'ami des enfants (volume 2)Chapitre 252 sur 276 · DENISE ET ANTONIN · texte numérisé non relu

DENISE ET ANTONIN

'ÉTArr un beau jour d'été; M, de Valbonne devait jaller se promener dans un joli jardin aux portes de la ville, avec ses deux enfants, Denise et Antonin. Il passa dans sa garde-robe pour s'habiller, et les deux enfants restèrent dans le salon.

Antonin, transporté du plaisir qu'il se promettait de sa promenade, en courant étourdiment çà et là, heurta du pan de son habit une fleur rare et précieuse, que son père cultivait avec des soins inflnis, et qu'il avait malheureusement ôtée de dessus la fenêtre, pour la préserver de l'ardeur du soleil.

0 mon frère ! qu'as-tu fait? lui dit Denise en ramassant la fleur qui s'était séparée de sa tige. Elle la tenait encore à la main, lorsque son père, ayant fini de s'habiller, rentra dans le salon.

Comment ! Denise, lui dit M. de Valbonne, avec un mouvement de colère, tu cueilles une fleur que tu m'as vu prendre tant de peine à cultiver, pour

en avoir de la graine? — Mon cher papa , lui répondit Denise toute tremblante, ne vous fâchez pas, je vous prie. — Je ne me fâche point, répliqua

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M. de Valbonne en se calmant; mais com.me tu pourrais avoir aussi la fantaisie de cueillir des tleurs dans le jardin où je vais, et qui ne m'appartient pas, tu ne trouveras pas mauvais que je te laisse à la maison.

Denise baissa les yeux et se tut. Antonin ne put garder plus longtemps le silence. Il s'approcha de son père, les yeux mouillés de larmes, et lui dit : Ce n'est pas ma sœur, mon papa, c'est moi qui ai arraché cette fleur. Ainsi, c'est à moi de rester à la maison. Menez ma sœur avec vous.

M. de V'albonne , touché de l'ingénuité de ses enfants, et de la tendresse qu'ils montraient l'un pour l'autre, les embrassa et leur dit : Vous êtes tous deux mes bien-aimés, et vous viendrez tous deux avec moi. Denise et Antonin firent un bond de joie. Ils allèrent se promener dans le jardin, où on leur montra les plantes les plus curieuses. M. de Valbonne vit avec plaisir Denise presser de ses mains les deux côtés de ses jupons, et Antonin relever les pans de son habit sous chacun de ses bras, de peur de causer quelque dommage en se promenant entre les plates-bandes.

La fleur qu'il avait perdue lui aurait causé sans doute beaucoup de plaisir; mais il en goûta bien davantage en voyant fleurir dans ses enfants l'amitié fraternelle, la candeur et la prudence.

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