SCÈNE IX. — M. DELMAS, ses deux fils
LE CADET. Allez ! mon papa! nous savons d'où cela vient, ne vous mettez plus en peine.
M. DELMAS. Je viens aussi de m'en apercevoir. Eh bien! qu'est-ce que vous savez?
LE CADET. Mon frère vient de m'avouer qu'il a bien fort impatienté maman, et sans doute que pour l'en punir....
M. DELM.vs. Bon ! quoi! tu retombes encore dans ces misères-là, toi, que je croyais plus raisonnable que ton frère ! Écoute-moi. {A l'ahié.) Je viens de découvrir la cause naturelle de ce qui t'a fait tant de peur. Près de la porte du cabinet dont il s'agit, il y a un rideau de fenêtre noué à une certaine hauteur. La porte, en s'ouvrant, prend par le haut ce rideau, et, quand on la pousse jusqu'à l'ouvrir tout à fait, le nœud du rideau passe par dessus cette porte {au cadet), et c'est ainsi qu'il est tombé précisément à la hauteur du visage de ton frère. {A l'aîné.) Voilà comme il a éteint ta chandelle, et t'a donné un coup dans le visage. {Au cadet.) Il ne t'en a pas fait de même à toi, parce ({ue tu n'as pas ouvert la porte autant que ton frère, et que le rideau est resté sur la porte. Mais ce n'est pas assez de vous le dire ; pour vous guérir de vos idées, je veux vous le montrer, de façon que vous ne puissiez plus en douter : venez tous deux avec moi.
l'aîné. Le maudit rideau ! je n'aurais jamais imaginé c(!la. Allons donc voir... et cela me guérira pour toujours.