‹ L'ami des enfants (volume 2)Chapitre 54 sur 276 · LES FRAISES ET LES GROSEILLES · texte numérisé non relu

LES FRAISES ET LES GROSEILLES

K petit Anselme avait entendu dire à son père que les enfants ne savaient rien de ce qui pouvait leur convenir, et que toute leur sagesse était de suivre les conseils des personnes au-dessus de leur âge. Mais il n'avait pas voulu comprendre cette leçon, ou peut-être l'avait-il oubliée.

On avait partagé entre son frère Prosper et lui un petit carreau du jardin, afin que chacun eût sa portion de terre en propre. Il leur avait été permis d'y semer ou d'y planter tout ce qu'ils voudraient.

Prosper se souvenait à merveille de l'instruction de son père. Il alla trouver le jardinier, et lui dit : Mon ami Rufin, dis-moi, je te prie, ce que je dois planter dans mon jardin, et comment il faut m'y prendre. Rufin lui donna des oignons et des graines choisies. Prosper courut aussitôt les mettre en terre. Rufin eut la complaisance d'assister à ses travaux, et de les diriger.

Anselme levait les épaules de la docilité de son frère. Voulez-vous, lui dit le jardinier, que je fasse aussi quelque chose pour vous? Fi donc ! lui répondit Anselme, j'ai bien besoin de vos leçons! Il alla cueillir des fleurs, et les planta, par la tige, dans la terre. Rufin le laissa faire comme il voulut.

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