LE PETIT JOLEIH DE VIOLON
SOPHIE. Prends au moins mon dé.
sAiNT-FMiMiN. Veux-tii prendre mes boueles? Tu me mettrais en cultMe. Prends, te dis-je.
JONAS. Ali! Dieu de bonté! Vous voulez que je vous prive de vos bijoux".'
SAiNT-FiHMiN. Ne t'eu mets pas en peine. Dieu me rendra peut-être plus que je ne te donne. Ton père a besoin de paiu ; moi, je n'ai pas de père à nourrir.
SOPHIE. Va, va, et prends garde à bien faire tes petites afïaires.
JONAS. Reprenez au moins votre dé.
SOPHIE. Je n'y pense plus.
CHARLOTTE. Si tu passes jamais devant cbez nous, j'aurai soin de toi.
AGATHE. C'est à la Place-Royale, tout vis-à-vis la tète du cheval. Tu n'as qu'à demander les demoiselles de Saint-Félix, au premier.
JONAS. Oh! les gens qui demeurent au premier me renvoient toujours; je ne monte jamais que tout à fait dans le haut de la maison.
SOPHIE. C'en est assez; ton père est peut-être inquiet sur ton conqile, et le notre pourrait venir.
joN.AS. Comment! monsieur votre père? Est-ce que vous l'attendez tout à l'heure?
SOPHIE. Oui, va-t'en; et puis le coquin (jui t'a enlevé tnu mouchoir et ton argent pourrait encore t'enlever ceci.
jdNAs. Vous êtes bien sûrs au moins qu'on ne vous grondera pas?
sAiNT-FiRMiN. Nou, uc craius rien. Adieu.
JONAS, en sortant. Les bons petits cœurs!
SCÊNS XI. — SOPHIE, CHARLOTTE, AGATHE. SAIXT-FIKMIX.
CHARLOTTE. Jc suis bicR fàchêc que vous vous soyez défait de vos boucles, M. de Saint-Firmin.
AGATHE. Vous uous donnez là un bel exemple.
SAiNT-FiRMiN. C'cst celui qucj'ai reçu de Sophie. Si je n'avais pas vu faire à Charles une si vilaine action, je me réjouirais d'avoir trouvé roccasion de faire une bonne œuvre. Que je vais regarder mes boucles de similor avec plaisir !