‹ L'ami des enfants (volume 2)Chapitre 70 sur 276 · JOSEPH. I.M · texte numérisé non relu

JOSEPH. I.M

trouver cette force dans les grands maux de la vie, il faut l'avoir mise à répreuve dans les plus petits. J'ai pris soin de vous endurcir de bonne heure contre les accidents ordinaires à votre âge, tels que les meurtrissures, les chutes et les entorses. 11 est temps de vous endurcir de même contre des douleurs plus aiguës. Au reste, je ne crois pas que dans cette occasion vous ayez beaucoup à souffrir. Vos dents ne sont pas assez affermies pour qu'il soit nécessaire d'employer un grand effort à les détacher. C'est comme un brin d'herbe menue qui ne tient à la terre que par de faibles racines, et qu'on enlève sans les endommager, J'ai cru devoir vous parler de la douleur de cette opération, quelle qu'elle puisse être, de crainte que, si vous la trouviez plus vive que vous ne vous y seriez attendus, vous n'eussiez le droit de m'accuser d'avoir voulu vous tromper.

LAUP.ETTF,. Tu sais bien que je me fie toujours à toi.

MÂHCELLiN. Maman, je te connais. Je n'ai plus de peui- à présent.

m"'' DULis. Je suis enchantée de vous avoir inspiré de la confiance, et de vous trouver si raisonnables. Aussi ne veux-je pas vous traiter comme ces faibles enfants à qui l'on promet des biscuits ou des joujoux pour une dent inutile dont on les débarrasse. Je vous réserve une récompense plus digne de vous et de moi. Le plus courageux et le plus ferme aura le plus tendre baiser.

MARCF.LLiN. Tu vcrras, maman, que j'en mériterai deux.

LAL'KKTTE. Va, je n'en aurai pas moins que toi, mon frère.

MAUCELLiN. Eh bien, nous verrons. M. Jourdain peut maintenant venir quand il lui plaira.

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