‹ L'ami des enfants (volume 2)Chapitre 76 sur 276 · L'OISEAU DU BON DIEU · texte numérisé non relu

L'OISEAU DU BON DIEU

MADA:k[E DE MO^YAL , PAULINE et EUGENIE, ses filles.

'Ct^^^^mit:^y^A i' as-tu donc mis ton argent? ileniandait madame de Mon val à Eugénie.

EiGÉNiK. Je l'ai donné, maman.

m""" de monval. Et à qui, ma fille?

EUGÉNIE, A un méchant petit garçon.

m'"" de monval. Pour qu'il devînt meilleur, sans doute?

EiGÉNiE. Oui, maman. N'est-il pas vrai que les oiseaux ajipartiennent au bon Dieu? m""' de monval. Oui, comme nous-mêmes, et toutes les autres créatures qu'il a fait naître.

ELGÉNIE. Eh bien! maman, ce malin garçon avait dérobé un oiseau au bon Dieu, et il le portait pour le vendre. Le pauvre oiseau criait de toutes ses forces, et le petit méchant l'a pris par le bec pour l'empêcher de crier. Apparemment il avait peur que le bon Dieu ne l'entendît, et ne le châtiât lui-même pour sa méchanceté.

m""' de monval. Et toi, Eugénie?

EUGÉNIE. Moi, maman, j'ai donné mon argent au petit garçon, afin qu'il rendit au bon Dieu son oiseau. Je crois que le Iton Dieu en aura été bien aise. {.Elle saute f]e joie.)

m"'" de monval. Sûrement, il sera bien aise de voir que mon Eugénie ait un bon cœur.

Ei'GÉNiE. Le petit garçon peut avoir fait cette malice parce qu'il avait besoin d'argent.

M'"'' DE monval. Je le crois aussi.

EUGÉNIE. Je suis donc bien aise de lui avoir donné celui que j'avais, moi qui n'en avais pas besoin.

PAULINE. Nous avons eu là-dessus une petite dispute, maman. Eugénie a donné, sans compter, toute sa bourse, et il y avait bien diî (juoi payer dix oiseaux. Je lui ai dit qu'il aurait fallu d'abord demander au petit garçon ce qu'il voulait avoir, pour faire son prix. El (;enie. Qui de nous deux a raison, maman ?

\m L'OISEAU DU BON DIFA'.

m"" de monv.vl. Ce n'est pas tout ;i fait toi, mon cœur.

EUGÉNii:. Mais ne m'as-tu pas enseigné qu'il ne fallait jamais balancer à faire le bien?

m"* de monval. Je t'ai dit qu'il fallait être toujours décidé à le faire, mais qu'il fallait aussi chercher les moyens de le faire le plus utilement qu'il serait en notre pouvoir. Par exemple, aujourd'hui, puisque tu avais plus d'argent qu'il n'en fallait pour racheter le pauvre oiseau, il fallait réserver le reste pour une pareille occasion. Car s'il était venu d'autres petits garçons avec des oiseaux du bon Dieu, et que tu n'eusses plus eu d'argent, là, voyons, qu'aurais-tu fait?

EUGÉNIE. Maman, je serais venue t'en demander.

M'"" DE MuNv.vL. Et si je n'en avais pas eu moi-même ?

EUGÉNIE. Ah! tant pis.

m""^ de monval. Tu vois donc que ta sœur te donnait un sage conseil. H ne faut pas ménager seulement pour soi, mais encore pour les autres, afin d'être en état de faire plus de bien. Crois-tu qu'il n'y eût que cet oiseau dans le monde à qui tu pouvais donner des secours ?

EUGÉNIE. Ahl je ne pensais qu'à lui dans ce moment. Si tu avais vu comme il avait l'air de souffrir! Si tu l'avais vu ensuite comme il paraissait content quand on lui a donné la volée ! il était si étourdi de sa joie, qu'il ne savait où aller s'abattre. Mais le petit garçon m'a bien promis qu'il ne chercherait pas à le rattraper.

M""' DE MONVAL. Tu as toujours fait le bien, ma fille, et, en récompense, voici ton argent.

EUGÉNIE. 0 maman! je te remercie.

m'"" de MONVAL. Voilà encore un baiser par-dessus le marché. Que je me réjouis d'être ta maman! Avec le goût que tu as pour le bien, il ne te manque plus que de savoir le faire avec prudence pour être la plus heureuse petite personne de l'univers.

LA PETITE GLANEUSE

PERSOXXAGES.

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