LE SECRET DU PLAISIR
^^^ /^i^;^ I je pouvais jouer tout aujourd'hui ! disait la ^ 4^^^-^^P^^^^^ Laurette à madame Durval, sa mère. ^h^'^^^^ m"* durval. Quoi! pendant la journée en- ' \tière, mon enfant?
LAURETTE. Mais oui, maman. m""' durval. Je ne demande pas mieux que de te satisfaire , ma fille. Je crains cependant que cela ne t'ennuie.
LAURETTE. Dc joucr, maman! Oh! non, vous verrez. Laurette courut en sautant chercher tous ses joujoux. Elle les apporta. Mais elle était seule, car ses sœurs devaient être occupées avec leui-s maîtres jusqu'à l'heure du dîner.
Elle jouit d'abord de sa liberté dans toute sa franchise, et elle se trouva fort heureuse durant une heure entière. Peu à peu le plaisir qu'elle goûtait commen(;a à perdre quelque chose de sa vivacité. Elle avait déjà manié cent fois tour à tour chacun de ses joujoux, et ne savait plus quel parti en tirer. Sa poupée favorite lui parut bientôt enmiyeuse et maussade. Elle (îourut vers sa mère, et la pria de lui apprendre de nmiveaux amusements, et de jouer avec elle. Malheureusement madame Durval avait alors des affaires pressantes à terminer, et elle fut obligée de refuser à Laurette sa demande, (jnelque peine qu'elle en ressentît. La petite lille alla s'asseoir tristement dans un coin, et elle attendit, en bâillant, l'heure où ses sœurs suspendraient leurs exercices pour prendre quelque récréation.
Enfin, ce moment arriva. Laurette courut au-devant d'elles, et leur dit d'une voix plaintive combien le temps lui avait paru long, et avec (]uelle impatience elle les avait désirées.