‹ L'ami des enfants (volume 2)Chapitre 93 sur 276 · MATHILDE · texte numérisé non relu

MATHILDE

oLsvous souvenez encore, mes chers amis, des violentes chaleurs qui ont régné cet été. Je ne me les rappelle moi-même qu'avec chagrin , parce qu'en abattant mes forces , elles m'ont empêché, pendant quelque temps, de répondre à votre flatteuse impatience. Pour vous dédommager de ce retard involontaire , je vais vous raconter un trait intéressant, auquel elles ont donné occasion.

J'étais à Windsor chez une jeune dame, qui, par les principes éclairés qu'elle transmet à ses enfants, justifie si bien le choix qu'on a fait de sa respectable mère pour présider à l'éducation d'une auguste famille. Nous nous amusions à de petits jeux de société, lorsqu'il survint un orage furieux. F^e tonnerre roulait avec un fracas épouvantable, dont toute la maison était ébranlée , tandis que les éclairs semblaient à chaque instant l'embraser. Une jeune demoiselle de la compagnie ne put se défendre de quel(|ue émotion. On eiitciidait aussi les cris d'effroi d'une femme de cbaudire. Au milieu de ce Iroidile, la petite Matliilde avait disparu. Sa mère, qui passait dans la cluuubn' voisine, l'apervut agemiuillèe dans un coin.

LES DEUX POMMIERS l7o

LA MERE. Que faites-vous là, ma lille?

MATHiLiiE. Oh! rien, maman.

LA MÈRE. Est-ce que vous êtes effrayée de rorage?

MATHiLDE. Nou, maman, vous m'avez appris à ne pas le craindre, et vous avez bien vu que je ne le craignais pas tout à l'heure.

LA MÈRE. Pourquoi donc êtes-vous à genoux?

MATHILDE. C'cst quc j'ai vu frissonner Élise, j'ai entendu crier Kitty; cela m'a fait de la peine. Je priais Dieu pour elles, et pour tous ceux qui ont peur.

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