‹ L'ami des enfantsChapitre 1 sur 116 · HENRI LAURENS, ÉDITEUR · texte numérisé non relu

HENRI LAURENS, ÉDITEUR

6, rue de Toiirnon, 6

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Préface

^ ma petite Adr/rnue.

Les enfants d'aujourd'hui ne connaissent pas leur bonheur, ma i^hère petite Adrienne ; je les vois — je te vois quelquefois — parcourir d'un œil distrait ces ingénieux livres, illustrés de si jolies images, que la librairie moderne multiplie pour eux jusqu'à la profusion. Les bambins d'autrefois n'étaient pas si blasés. Leur bibliothèque (j'entends les livres écrits expressément pour eux) se composait tout uniment des contes de Perrault et de ceux de M"^'-' d'Aulnoy, auxquels M™*^ Leprince de Beaumont était venue ajouter quelques aimables volumes, comme ce Magasin des Enfants que tu liras sans doute un jour avec plaisir. C'était à peu près tout. De si exquise quahté que fût cette collection, eUe-ét^iit 'vraimert' un peu courte et nos jeunes ancêtres devaient savoir pa't cœur, jusqu'à la' satiété, le Petit Poucet, T Oiseau bien et la Belle el la Bête! 11 leUi'-.falWt, Cependant se contenter de cela et des contes innombrables, mais piusii^ui,'iï:i'9$ri^'yappropriés à leur âge, au moyen desquels nourrices et servantes suppléaient à l'indigence de la littérature enfantine. Maintenant, nos petits ancêtres étaient-ils moins heureux pour n'avoir pas à leur disposition la vaste bibliothèque que l'on a composée pour toi et tes jeunes contemporains? C'est une épineuse question, dont tu ne te soucies guère et à laquelle Berquin, notre ami Berquin, dont je voudrais te dire quelques mots, eût répondu, sans hésiter, affirmativement.

Mais as-tu jamais entendu parler de Berquin ? Il est un peu oublié, ce vieil « ami des enfants ». Jules Verne, Hector Malot, J. Girardin, la comtesse

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