‹ L'ami des enfantsChapitre 34 sur 116 · SCÈNE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIERE

CIIARLE.'^. SAINT-FIRMIN

i;iiAi!Li:s. — Ecoute, mon polit cousin, il faut que tu me fasses un plaisir.

SAiNT-FiuMiN. — Voyons, de quoi s'agit-ii? Tu as toujours quelquechose à me demander.

(iiiMiLES. ■ — -('/est parce que tu es le plus habile de nous deux. Tu sais bien, la version de cette fable de Phèdre que notre précepteur m'a donnée à faire ?

SAINT- FiRMiN. — Est-ce quc tu ne l'as pas encore finie?

CHAULES. — (Comment aurais-je pu l'achever ? je ne l'ai pas commencée.

sATNT-FiuMiN. — Tu n'as donc pas eu le temps d'y travailler depuis onze heures jusqu'à trois?

CHAULES. — Tu vas voir si cela était possible. A onze heures, j'avais

besoin de courir un peu dans le jardin, afin de gagner de l'appétit pour dîner. Nous sommes restés à table depuis midi jusqu'à une heure. S'asseoir et s'appliquer tout de suite après le repas, tu sais combien le médecin de papa dit que c'est dangereux. Ainsi, comme j'avais bien mangé, il m'a fallu faire longtemps de l'exercice pour ma digestion.

SAixT-i'iiniix. — Mais au moins à présent la voilà faite; et, jusqu'à la nuit, tu as plus de temps qu'il ne t'en faut.

CHARLES. — Est-ce que ce temps n'est pas marqué pour ma leçon d'écriture ?

sAiNT-FiimiN. — Mais puisque ton maître n'est pas venu?

CHARLES. — Je l'attendrai : je fais tout de travers lorsque mes heures sont dérangées.

sAiNT-iiitM IN. — Tu auras encore, après ta leçon, un petit reste d'aprèsmidi et toute la soirée.

CHARLES. — Je n'aurai pas une minute. Ma souir attend aujourd'hui la visite des deux demoiselles de Saint-Félix.

SAiNT-KiHMiN. — Est-cB pour toi qu'elles viennent?

CHARLES. — Non ; mais il faut bien que j'aide ma sœur à les amuser.

SAiNT-i iiiMiN. — Et qui t'empêchera, lorsque ces demoiselles seront retirées...?

ciLVRLEs. — Oui-da ! travailler aux lumières, pour me gâter la vue! Cependant il faut que demain au matin ma version se trouve prête.

SAiNT-KiRMiN. — Eh bien! qu'elle le soit ou qu'elle ne le soit pas, que m'importe ?

CHAULES. — Tu voudrais donc me voir réprimander par notre précepteur et par mon papa?

sAiNT-KiitMiN. — Tu sais toujours me prendre par mon faible. Voyons, où est cette version ?

CHARLES. — Là-haut, dans notre chambre, sur ma table. Je vais te la chercher, ou plutôt viens avec moi.

SALNT-iiKMiN. — Va le premier, je te suis à l'instant. Je vois venir ta sœur qui voudrait me parler.

CHARLES. — Ne va pas au moins lui rien dire de tout ceci, entends-tu?

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