‹ L'ami des enfantsChapitre 47 sur 116 · SCÈNE XYI · texte numérisé non relu

SCÈNE XYI

M. DE MP]LF01IT, SOPHIE, AG.MHE, CII.VRLOTTE, CU.VULES,

S.VINÏ-FIRMIN

M. DE MELE (MIT. — Veuez, uics eufauls, je ne veux plus voir que ceux qui méritent mon amour; et toi, sors pour jamais de ma présence ! Mais non, demeure ; il faut que tu reçoives auparavant ton arrêt. (A sopWe et à saint Firmin.) Yous avcz entcndu ses accusations contre vous? SOPHIE. — Oui, mon papa; et, si cela n'était pas nécessaire pour notre justification, je ne dirais pas un mot contre lui, de peur d'augmenter votre colère.

CHARLES. — Ne croyez l'ien de ce qu'elle va vous dire. M. DEMELFiiisT. — Tais-toi : j'ai déjà la preuve que tu es un détestable menteur. Le mensonge conduit au vol et au meurtre. Tuas déjà commis le premier crime; il ne te manque peut-être que des forces pour commettre le second. Parle ma fille.

SOPHIE. — Premièrement, il ne s'est occupé de rien cet après-midi; c'est Saint- Firmin qui lui a fait sa version.

M. DE MELFdRT. — Cela cst-il Vrai?

SAiNT-iiiiMiN. — Je ne puis en disconvenir. SOPHIE. — Ensuite il a jeté une tasse de thé sur la robe d'Agathe, et, tandis que nous étions occupés à

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l'essuyer, il est resté à table et a vidé toute la théière; il ne nous en est

pas resté une goutte. En voici des témoins (montrant les demoiselles de Saint-FcUv.)

A l'égard du gâteau...

M. DE MELFdRT. — C'en cst assez : toutes tes méchancetés sont découvertes. Monte dans ta chambre pour aujourd'hui : dès demain au matin je te chasse de la maison. Je te laisserai le temps de te corriger avant que lu y rentres; et, si cela ne le réussit pas, il ne manque pas de cachots où Ton renferme les scélérats qui troublent la société par leurs crimes. Saiiit- Firmin, dis à Lalleur de le garder à vue dans sa chambre : tu recommanderas en même temps qu'on m'(Mivoie le précepteur aussitôt qu'il sera de retour.

SOIMIIE et SA I NT- F lli M IN. intercédant pour lui. MoU cllCr papa, UIOU cIlCl'

oncle...

M. DE MELFouT. — Je ne veux rien entendre en sa faveur. Celui qui est capable d'arracher au pauvre le salaire qu'il a gagné, de lui briser l'instrument de ses travaux, et de chercher à se justifier de ses atrocités par le mensonge et par la calomnie, doit être retranché de la société des hommes. Je loue le ciel de ce qu'il me laisse encore de braves enfants comme vous : c'est vous qui serez ma consolation, et c'est avec vous que je veux me réjouir ce soir, autant que peut le faire un père qui a un fils d'un si mauvais naturel.

La Petite Glaneuse

PERSONNAGES

M. DE BEAUVAL MAUCELLIN, son fils.

HENRIETTE, sa fille.

MADAME DE .KMNVll.LE.

EMILIE, saflUc.

HUBERT, gai-de-cha.sso de M. de Beauval

La sec ne se passe dans un champ qu'on vient de moissonner, et sur lequel il y a encore plusieurs monceaux de gerbes. On voit d'un côté le château de M. de Beauval; de l'autre, des cabanes de pai/sans, et en çjéncral tout ce Cjui peut décorer un séjour champiHre.

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