SCÈNE PREMIÈRE
EUSTACIIE, puis SEUAPIilNE
EUSTAGHE, cnlraiU dans le salon et saulaiil de joie. Ma SœUT ! llia SœUr !
SERAI' IIINE, accourant d'un autre enté. Ou'esl-Ce cloilC ? Te Voilà bien jOVeUX !
Esl-ce que Diane est retrouvée?
EusTACHE. — Diane? Oh ! je suis bien plus heureux ! Tiens, regarde ce que j'ai trouvé au coin de notre porte.
(Il lui donne un étui de bague.)
SERAPHI.NE, ouvrant l'étui. Oh ! la
belle bague! Mais la pierre du milieu, où est-elle?
EUSTACHE. — Elle s'était apparemment détachée. La voici dans un papier. Regarde ce diamant au grand jour. Vois comme il brille ! Celui de mon papa n"est pas si gros.
sÉRAPHiNE. — Je plains bien celui qui l'a perdu 1
EUSTACHE. — C'est eucorc plus triste que de percU-e une levrette.
sÉRAi'niNE. — Oh ! je ne sais pas.
Ma petite Diane était si jolie! Elle nous aimait tant ! Nous l'avions vue naître. Ah! quand je pense à la joie que nous avions de la voir profiter
108 LA LEVRETTE ET LA lîAGlE
tous les jours, de lui faire des caresses, de recevoir les siennes ! la plus belle bague à mon doigt ne m'aurait jamais donné tant de plaisir.
EUSTACiiE. — Mais, de cette bague, tu pourrais acheter cent levrettes comme elle.
sÉRAPiiiN'E. — Ce ne serait pas la mienne. Celui qui a perdu la bague en a d'autres, peuf-èlre; et moi, je n'avais que ma Diane. Je suis bien plus à plaindre que lui.
EUSTACIIE. — Elle doit appartenir à un homme riche. Les pauvres n'ont pas de ces bijoux.
sÉRAPHiNE. — Cependant, si c'était un malheureux domestique qui l'eût perdue en la portant au joaillier! Si c'était le joaillier lui-même! Le diamant détaché me le fait craindre. Quel malheur ce serait pour ces honnêtes gens!
EUSTACHE. — Tu as raisou. Tiens, me voilà à présent tout fâché de ma trouvaille. Il faut aller consulter notre papa. Bon ! le voici qui vient.