SCÈNE VII
M UE CALVIERES, SÉRAPHINE, EUSTACIIE, LÉO>
M. DE cALviÈiiEs. — Ouc voulait douc Rufin? Je l'ai vu de ma fenêtre entrer ici tout éploré.
SÉRAPHINE. — Le pauvre garçon était à demi mort.
EUSTACIIE. — C'est lui qui a perdu la bague que j'ai trouvée. Elle est à son père.
M. DECALviÈREs. — Luï avez-vous fait sentir l'indignité de sa conduite envers vous?
LÉON. — Eh! mon Dieu, non. Monsieur! Il n'a pas été seulement ques-
tion de Diane. J'aurais du moins exigé qu'il me la fît retrouver. Il n'aurait pas eu sa bague sans cela.
EUSTACHE. — Ah ! mon cher papa, je n'ai pu prendre cela sur mon cœur.
Je voyais Rufin si affligé !
sÉRAPHiNE. — Quoique j'aime
bien Diane, il m'aurait été impossible
V de m'en occuper dans ce moment. Je ne
,\}^ sentais que la douleur de ce pauvre malheureux.
M. DE CALviÈRES. — Vous VOUS ètcs noblement comportés l'un et l'autre. Vous êtes, mes chers enfants, mes bons amis, toute ma joie et tout mon bonheur. Il n'y a que les âmes basses qui puissent insulter au désespoir d'un ennemi accablé. Mais où est donc Rufin? Pourquoi n'a-t-il pas demandé la bague en s'en allant?
EusTAciiE. — Il était si transporté de joie. Il ne savait ce qu'il faisait.
SÉRAPHINE. — Il a couru vers la porte, et s'en est allé comme un fou.
EUSTACHE. — 0 mon papa! si vous saviez combien je me réjouis de vous voir approuver ma conduite et celle de ma sœur !
M. DE CALVIÈRES.
Pourrais-tu me croire insensible à une action géné-
reuse
EUSTACHE. — C'est que vous m'aviez défendu...
M. DE cAi.viÈREs. — Je t'avais défendu de parler de la bague indiscrètement ; mais je ne t'avais pas dit de la retenir lorsque celui à qui elle appartient se serait fait connaître.