‹ L'ami des enfantsChapitre 71 sur 116 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

M. DE CALVIÈRES, SÉRAPIIINE, EUSTACHE, LÉON, lîUFIN,

qui porte la levrette sous son bras.

SÉRAPHINE, avec un cri de joie. Ail ! Diane, ma chèrO Diane ! (Elle court à elle,

la prend sur son sein et la caresse.)

Rui'iN. — Vous voyez combien j'étais coupable et combien peu je méritais votre générosité. Oh ! pourriez-vous me pardonner ce vol et mon indigne conduite ? (Apercevant m. de Caiviércs.) Ah! Mousieur quel monstre vous avez devant les yeux !

-M. DE c.vLviÈREs. — Ou ccssB de l'être lorsqu'on reconnaît ses fautes, et qu'on cherche, comme vous faites, à les réparer. Voici la bague de M. votre père.

RiFiN. — Je meurs de honte d'avoir offensé de si braves enfants. Quelle différence entre eux et moi ! Comme je suis méchant, et comme ils sont généreux !

SÉRAPIIINE. — Ce n'est qu'une petite espièglerie de votre part, monsieur Rufin, et vous n'auriez pas laissé passer la journée sans me rendre Diane.

KCFiN. — Vous pensez trop bien sur mon compte. Je l'avais cachée dans un grenier, et...

M. DE CALVIÈRES. — Nous ne voulons pas en savoir davantage. C'est assez que vous ayez des remords de ce que vous avez fait : vous voyez, par vousmême, que les mauvaises actions nous font des ennemis de Dieu et des hommes, et qu'elles sont tôt ou tard découvertes. J'ose aussi vous proposer pour modèle la conduite de mes enfants. 0 généreuses petites créatures! que j'ai de grâces à rendre à Dieu du présent qu'il m'a fait en vous! Vous voyez que la plus noble et la plus sûre vengeance est celle des bienfaits, et qu'il n'est rien de si digne d'un grand cœur que de répondre à la méchanceté par de bons offices.

110 LA LEVIU'TTI': ET LA liAG UE

liiKiN. — Atiîje le sens moi-même; et c'est avec une vive et amène douleur, (a Eusuciie et à Sorapiiino.) Me pai'donnerez-vous jamais?

ErsTAciiE. irnibrassaiit. — Dès ce moment, et de toute mon âme.

sÉRAPiiiNE, lui icndani la main. — J'ai reti'ouvé ma Diano ; tout est ouLdié.

RL FiN.àUion. — Voilà un exemple dont nous serions indignes si nous ne le suivions pas.

EÉdN. — Oli ! je suis aussi confus que vous; et celte leçon ne sera pas perdue pour moi.

111 l'ix. — .le viens d'avouer tout à mon père. Autant il était indigné contre moi, autant il a été touché de votre générosité. Il demande la permission de venir vous remercier dans une heure, et de vous apporter un. gage léger de sa reconnaissance.

M. DE CAEviÈRES. — • Nou, uou, (ju'il garde ses présents. Mes enfants, pour faire le bien, n'attendent de récompense que d'eux-mêmes. D'ailleurs, rendre àciiacunce qui lui appartient est un devoir rigoureux, et rien de plus.

EESTAciiE. — Combien il est doux de remplir ce devoir! .Te me suis fait un ami pour la vie, n'est-il pas vrai, Hufin?

RUEiN. — Si je pouvais répondre à cet honneur! Je vais du moins faire tout ce qui sera en mon pouvoir pour m'en rendre digne.

EÉoN. — Ne me rejetez pas de votre amitié. Je n'étais pas meilleur que Rufm, mais je viens de sentir combien la vengeance peut devenir une noble passion.

sÉRAPHiNE, caressant la levroite. — Ah! petite volage ! cela t'apprendra, une autre fois, à t'écarterde tes maîtres. Tu as passé une nuit en prison. Aviset'en encore pour voir... Eh bien, qu'en arriverait-il? Non, non, quoi que tu fasses, je sens bien que je t'aimerai toujours.

M. DUFRESNK.

EDOUARD, son fils.

VICTOIUNK, sa lillc.

Les Etrennes

PERSONNAGES

CHAULES, ami d'Édoiinrd.

ALE.XLS, jeune (irpheliii.

COMTOIS, ilomcslique.

La xcèiic ne piixitc dans un salon de l'apparlcment de M. [infresne.

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