‹ L'ami des enfantsChapitre 8 sur 116 · DOROTHÉE, LE DOMESTIQUE · texte numérisé non relu

DOROTHÉE, LE DOMESTIQUE

LE DOMESTIQUE. — Écoutez, écoutez, mamselle Dorothée.

DOROTHEE. — Qu'avez-vous à me dire?

LE DOMESTIQUE. — Monsieur votre frère est ici.

DOROTHÉE. — Mon frère?

LE DOMESTIQUE. S'il n'cst

pas encore arrivé, il n'est pas bien loin.

ROTHÉE. — De qui le savez-

DOMESTIQUE. Dll UlCS-

er, qui l'a rencontré sur oute. Ah ! mamselle, qu'a onc fait M. Frédéric ?

DOROTHÉE. — Rien qui soit indigne de lui. Ne l'en croyez pas capable.

LE DOMESTIQUE, Oll !

c'est aussi ce que je pensais ! Dieu sait que nous

UN BON CŒUR FAIT PARDONNER BIEN DES ETOURDERIES 7

l'aimions tous, et que nous aurions tout donné pour lui jusqu'à notre vie. Il nous récompensait du moindre service que nous pouvions lui rendre. Il faisait notre paix avec votre oncle, lorsqu'il était en colère contre nous. Il était le protecteur de tous les malheureux du village. Comment donc son prél'et a-t-il pu se fâcher contre lui? Ah ! je le vois, on aura voulu le punir pour quelque gentille espièglerie, et lui, qui est un brave jeune seigneur, ne se laisse pas traiter cavalièrement.

DOROTHÉE. — Où le messager l'a-t-il trouvé?

LE DOMESTIQUE. — Près du secoud village. Il dormait entre des saules sur le bord d'un ruisseau.

DOROTHÉE. — Mon pauvre frère!

LE DdMESTiQUE. — Le mossagcr a attendu qu'il se réveillât. Vous devez penser combien M. Frédéric a été surpris en le voyant. Il s'est imaginé que cet homme avait été mis à ses trousses pour le ramener ; et il lui a dit qu'il se ferait mettre en pièces plutôt que de le suivre.

DOROTHÉE. — Je le reconnais bien à ce ton ferme et résolu. LE DOMESTIQUE- — Le iiiessager lui a protesté qu'il avait tant d'amitié pour lui, que, dût-il ea recevoir des reproches, dùt-il même en perdre son emploi, il ne voudrait pas le chagriner. Il lui a dit le sujet de son message, et lui a rapporté les propos qu'on tenait sur son compte. DOROTHÉE. — Et quel parti mon frère a-t-il pris?

LE DOMESTIQUE. — Quoiqu'il fût harassé de fatigue, il s'est mis en marche avec le messager et ils ont fait route ensemble jusqu'à la lisière du bois. M. Frédéric s'y est jeté pour aller se cacher dans l'ermitage : il y attendra le retour du messager pour savoir comment votre oncle aura pris les choses.

DOROTHÉE. — Oh ! si je pouvais lui parler !

LE DOMESTIQUE. — H Y » apparence qu'il le désire autant que

vous.

DOROTHÉE. — Mon oncle tourne souvent de ce côté sa promenade. S'il allait le rencontrer dans son premier feu ! 0 mon ami ! courez lui dire qu'il aille se tapir dans la grange, derrière les bottes de foin. J'irai le trouver aussitôt que mon oncle sera sorti.

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LE DOMESTIQUE. — Soyez tranquille, mamselle. Je vais l'y conduire moi-même et l'aider à se cacher, (u sort.)

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