‹ L'ami des enfants et des adolescentsChapitre 11 sur 153 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

VBOBIAS , JEANNE , ADRIEN , SUZETTE , LUBZN (Jeanne ac- «ourtdela fermej portant un petit enfant dans ses bras. Adrien^ Suzette et Iiubin la suivent].

JEANNE, se jetant au cou de Thomas. Ah ! mon cher ami, cpielle joie de te revoir !

THOMAS , Fembrassant tendrement. Ma chère femme ! (// prend r enfant qu'^elle tient sur son sein , et qui lui tend les bras. Il le serre dans les siens .f V embrasse, et le 7 end à sa mère.) Mais Adrien, où est-il ? Que je le voie !

ADRIEN , courant à lui. Me voici, mon père

nourricier, me voici. (// regarde de tous côtes.) Vous êtes seul? Mou papa, maman, ma petite sœur Julie, où sont-ils?

THOMAS, avec transpo7't. En sûreté, mon fils. Embrasse-moi.

KDRimi^se jetant dans seshras. Oh ! quelle joie!

JEANNE. Nous étions bien eu peine. Tous les autres gens du \illage sont déjà de retour.

THOMAS. Ilsn"' avaient pasleurbienfaiteurà sauver!

JEANNE. Maisau moins, tout est-il éteint àprésent?

THOMAS. Eteint, ma femme ! Oh ! ce n'*est plus une maison , une rue ; c"'est la ville toute entière embrasée ! Si tu voyais cette désolation ! les femmes courant échevclécs , et vous demandant à grands cris leurs maris et leurs enfants ! le son des cloches, le bruit des chariots et des pompes, le fracas épouvantable des maisons qui s'^écroulent ! les chevaux furieux et les flots de peuple eflVayé qui vous renversent ! les llammes qui vous poursuivent et se croisent devant vous! les poutres brûlantes qui tombent sur la foule et Técrasent.... Je uc sais comment j^en suis revenu.

JEANNE. Tu me glaces le sang dans les veines.

suzETTE. Ah, ma mère ! voyez ses sourcils, ses cheveux tout brûlés !

THOMAS. Et mon bras encore ! Mais, qu"'est-ce que tout cela ? Trop heureux d'en sortir la vie sauve ! Je ne Taurals pas marchandée.

JEANNE. Que me dis-lu, mon ami ?

THOMAS. Quoi! ma fenmie, pour notre bienfai-

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teur ! N''est-ce pas lui qui a fait notre mariage ? N'est-ce pas à lui que nous devons cette ferme et tout ce que nous possédons ? jS"'as-tu pas nourri son enfant ? {Adrien passe ses bras autour du corps de sa nourrice.) Ah, j^aurais eu mille vies, que je les aurais toutes risquées.

JEANNE, avec attendrissement. Tu Tas donc pu secourir ?

THOMAS. Oui, j'ai eu ce bonheur. Lui, sa femme et sa tille étaient à peine sortis de leur maison toute en flammes, lorsqu'une charpente embrasée est tombée à leurs pieds. Heureusement je n'étais encore qu'à vingt pas. Tout le monde les croyait écrasés, et fuyait. J'ai entendu leurs cris; je me suis précipité au milieu des ruines brûlantes, et je les en ai retirés. J'avais déjà sauvé la cassette que voici, et mon chariot est chargé de leurs effets les plus précieux.

ADKiE^, se jetatit dans ses bras. 0 mon père nourricier I sois sûr d'en être bien récompensé.

THOMAS. Je le suis déjà, mon ami. Ton père ne comptait peut-être pas sur moi, et je l'ai secouru j me voilà mieux payé qu'il n'est en son pouvoir de le faire : mais ce n'est pas tout ; il ne tardera pas sans doute avenir avec sa famille et ses gens....

ADRIEN. Oh, je vais donc les revoir !

THOMAS. Cours, ma femme ; va tirer de notre excellent vin vieux ; fais traire nos vaches ; prépare nos meilleures provisions ; qu'on mette des draps

blancs au grandllt, nous irons coucher dans rétable. JEANNE. Oui, j^y vole, mon ami.

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