‹ L'ami des enfants et des adolescentsChapitre 111 sur 153 · SCENE \1II · texte numérisé non relu

SCENE \1II

Madame DE GRA3MM0NT , AUGUSTE , JULIE , le chevalier

D'oaGBVlI.LE , SLISS , GABHÏEL , l^JCIEN , SOPHIE.

siADAME DE GRAMMONT. Bonjoiir, mes petits amis ; je suis enchantée de vous voir.

d'orgeville. Mademoiselie Juiie vient de noiis dire, madame, qu'ail manquait six des jetons d^argent avec lesquels nous avons joué ici par malheur. J'en suis très fâché ; mais je ne m'attendais pas qu"'on pût soupçonner quelqu\m de la compagnie de les avoir pris. Je vous réponds au moins pour moi et pour ma sœur,

MADAME DE GRAMMONT. Que le cicl me préserve d'avoir de mauvaises idées sur des personnes de votre condition! Ma fille ne vous a certainement pas témoigné que j'eusse la moindre crainte.

ÉLISE. Non, madame; elle nous a demandé seulement si nous les avions emportés par mégarde , ou pour jouer dans le jardin.

MADAME DE GRAMMONT. Vous auriez pu le faire innocemment. Je ne vois qu'elle seule de coupable en toute cette affaire ; c'est de ne vous avoir pas fait jouer avec les jetons que je lui ai donnés pour son usage.

GABRIEL. Nous n'aurions pas plus emporté des autres que de ceux là.

LUCIEN. Oh mon Dieu ! je n'aurais jamais osé remettre le pied dans la maison, si j'avais pris seulement une épingle chez vous.

SOPHIE, en vidant ses poches . Tenez, voici mes

poches. Je n'en ai pas d'autres à mon fourreau.

MADAME DE GRAMMONT. Eli DOD, mes enfauts ! Je VOUS ai déjà dit combien j'étais loin d'avoir de ces idées. La perte de six jetons n'est pas considérable. Cependant je ne puis vous cacher qu'elle m^affecte sensiblement. Je voudrais, pour dix fois ce qu^ils valent, qu'ils ne fussent pas égarés.

d'orgeville. Quand ils ne vaudraient qu'une bagatelle, ils ne devraient pas s'être perdus parmi nous; mais on a des valets, et ces gens-là ne sont pas toujours fidèles. Ce n'est pas la première fois qu'on s'en est plaint au château.

JULIE. Et moi, je vous assure que cela n'est ja- | mais arrivé dans notre maison.

AUGUSTE. Je répondrais, la main sur le feu, de tous nos domestiques.

MADAME DE GRAMMONT. J'ai mis en eus, depuis longtemps, la plus grande confiance; cependant, M. lechevaher, si vous aviez observé quelque chose, vous m'obhgeriez de m'en avertir.

d'orgeville. Oh ! rien, rien... Mais quand nous sommes allés dans le jardin, n'ai-je pas vu la femme de chambre entrer ici?

MADAME DE GRAMMONT. Justinc, M. Ic chcvalier? Oh! je suis tranquille sur son compte. Depuis six ans qu'elle est chez moi, tout passe entre ses mains; et si elle avait eu des projets sur ma fortune, elle aurait pu détourner des effets d'une bien plus grande importance.

d'orgeville. Votre vieux domestique n'y est-il

pas entré aussi? Il n'a pas une figure très heureuse, ce grison-là. Je ne voudrais pas le rencontrer le soir sur mon chemin.

MADAME DE GRAMMONT. Fi douc, mousieur ! qui peut vous avoir donné ces préventions-là contre Thonnéte Robert. C^était Fhomme affidé de mon beau-père, et il est plus ancien que moi dans la famille. S'il pouvait devenir infidèle, ni vous, ni moi, nous n''aurions plus sur la terre personne à qui nous confier.

d''orgeville. Enfin, madame, quelqu'un peut s'*être ghssé dans le salon après nous.

MADAME DE GRAMMONT. Oui, ccla pourrait être, et je vais m'en éclaircir. Amusez-vous à jouer jusqu'à mon retour.

^ d'orgeville. Non, madame ; après ce qui s'est passé, je ne puis rester ici plus longtemps. M. Auguste, ne sauriez-vous point ce qu'est devenu mon chapeau?

AUGUSTE. Robert l'a pris pour le nettoyer; il vous le rapportera.

d'orgeville. Il me le faut sur-le-champ.

ÉLISE. Est-ce que tu ne peux pas attendre mon papa ? Tu sais qu'il .doit venir nous chercher dans sa voiture.

MADAME DE GRAMMONT. Je uc soufîrirai point que vous vous en retourniez à pied. Il y a près d'une lieue d'ici au château. Attendez-moi, je vous prie, je ne tarderai guère à revenir.

'4î0 l'ami des E>FANTS.

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