‹ L'ami des enfants et des adolescentsChapitre 13 sur 153 · SCENE XI · texte numérisé non relu

SCENE XI

STJZSTTE , ADRIEN.

'SUZETTE. Oh ! je partagerai aussi toujours avec toi. Mon pauvre Adrien, qui m'aurait dit que je te -T'errais un jour si à plaindre !

ADRIEN. Ah, ma chère Suzette ! c'est bien cruel •aussi de tout perdre dans une nuit !

SUZETTE. Console-toi, mon ami. Ne te souvienstu pas combien nous avons été heureux ici, quand nous étions encore plus petits que nous ue le -sommes; tiens, pas plus hauts que ce buisson làbas ? Eh bien, nous le serons encore. Crains-tu que rien ne te manque, autant que j'en aurai ?

ADRIEN, lui prenant la main. Non, je ne le •crains pas. Mais c'était moi qui devais un jour te mettre à ton aise, te marier lorsque tu serais grande, et prendre soin de tes enfants comme des miens.

SUZETTE. Eh bien , ce sera mon affaire , au lieu d'être la tienne ; quand on s'aime, c'est toujours la même chose. Je te donnerai les plus belles fleurs de

notre jardin. Tous les plus beaux fruits que je pourrai cueillir, je te les apporterai; je te donnerai aussi mon lit, et je dormirai à terre auprès de toi.

ADRIEN, se jetant à son cou. Mou Dieu! mon Dieu! ma clière Suzette , combien je dois t'^aimer!

suzETTE. Tu verras aussi comme j'aurai soin de ta petite Julie! Je serai toujours entre vous deux. Quand on s'est nourri du même lait, n'est-ce pas comme si Ton était frère et sœur?

ADRIEN. Oui, tu seras toujours la mienne, et je ne sais laquelle j'aimerai le plus, de Julie ou de loi. Je te présenterai à mon papa et à maman, pour que tu sois aussi leur fille. Mon Dieu! quand reviendront-ils?

SUZETTE. Pourquoi t'inquiéter? Tu sais bien que mon père les a mis hors de danger ?

ADRIEN. C'est que mon papa est comme le tien. Il aura voulu sauver à son tour ses amis. Il se sera peut-être rejeté ^u milieu des flammes ; je tremblerai toujours pour lui jusqu'à ce que je le revoie. J'entends du bruit derrière la colline. Oh ! si c'était lui!

Page 1