‹ L'ami des enfants et des adolescentsChapitre 145 sur 153 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

PORFHIRB , TimOLÉOK, CÉCILE, JOSÉPHINE, LA PIPE. ^Cécile et Joséphine sont occupées , l'une à lire , l'autre à broder. Timoicon dessine sur une table» Forphire fait l'exercice avec la béquille de Ija Pipe, j

LA PIPE, à Porphire. Apprêtez vos armes! — En joue ! — Feu ! — Allons, voilà qui est bien. Rendez-moi ma béquille. {A Cécile et à Joséphine , en allant vers elles.) Vous ne voulez donc jamais apprendre, vous autres?

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CÉCILE. Y penses-tu, la Pipe ?

JOSÉPHINE. Des demoiselles!

LA PIPE. QMmporte ? dans la maison d'*un militaire, tout le monde doit savoir faire Texercice. On n'a jamais si bonne grâce que sous un fusil.

CÉCILE. Oui, surtout quand cVst une béquille qui le représente.

LA PIPE. Il est vrai; mais je m'y trompe souvent moi-même : je suis plus tenté de la porter sur mon épaule que par dessous; c''est toujours mon premier mouvement. Ah! le pauvre la Pipe! pauvre la Pipe! i^avoir plus qu"*un bâton dans les mains, à la place d'un mousquet ! Depuis tant d'années, je ne puis encore m'y accoutumer.

poRPHiRE. Mais à ton âge, tu serais déjà retiré du service.

LA PIPE. Qu'appelez-vous retiré? je serais mort soldat, sans ma jambe de bois. Maudite jambe ! Il me vient cent fois par jour la pensée de te mettre en pièces. Au lieu d'une guêtre bien propre, quand je ne trouve là qu'un bout decotret, je ne me connais plus, je me sens près d'entrer en fureur.

TiMOLÉOi\. Que veux-tu? c'est un fruit de la guerre.

JOSÉPHINE. Ne t'alllige pas, je te prie, mon pauvre ami.

LA PIPE. Oui, vous avez raison, je ferais mieux d'en rire. Après tout, c'est ma croix de Saint- Louis, à moi. Si ma jambe ne s'était pas trouvée sous le feu, elle ne serait pas aujourd'hui si sèche.

486 l'ami DtS ENFAXTS.

J'en connais qui ne se sont bien conservées que pour s^'lre mises hors de la portée du canon ; et je ne voudrais pas d'*un millier de celles-là pour la mienne. M. Timoléon, M. Porphire, vous êtes bien heureux; vous servirez un jour. Ahl perdez-moi bras et jambes, plutôt que de recevoir jartais la momdre contusion à votre honneur.

TIMOLEON. Va, je te le promets.

PORPHIRE. Et moi aussi. ïu seras devant mes yeux dans toutes mes batailles.

LA PIPE. Oui, votre père et moi; Bellecombe et la Pipe! voilà votre cri de guerre. Avec ces deux noms dans la tète, vous serez toujours les premiers à votre devoir.

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