DE BELLECOMBE. Il OU CSt pluS dc boilS qUB
de méchants; et quand il n'y aurait que toi seul, tu me réconcilierais avec l'humanité .
LA PIPE, en lui serrant tendrement la main. 0 mon capitaine !
M. DE BELLEcOxMBE. Tu ii'as pas craiut de t'attacher àmoi dans ma mauvaise fortune. Et n'estce pas à ton amitié que je dois la vie ?
LA PIPE. Boni si je vous l'ai sauvée, je vous le devais bien, pour m'avoir mis vingt fois aux arrêts. Sans vous, la Pipe n'aurait été qu'un ivrogne, un
querelleur, un vaurien, comme tsnt d'autres. Cest vous qui en avez fait un brave homme. Je serais resté toute ma chienne de vie simple soldat, si Ton m''avait laissé croupir dans mes vices. De guichet en guichet je me suis avancé. Dieu merci ! me voilà sergent. Au moyen de ce titre, on est, je crois, quelque chose dans le monde : c'est toujours un beau commencement de colonel. Mais, ô maudit boulet ! avec une jambe de cœur de chêne, comment faire un pas dans les grades ?
M. DE BELLECOMBE. Va, mou ami, tu as aujourd'hui le repos; cela vaut bien les honneurs.
LA PIPE. Je n'en aurai de ma vie, tant que je vous verrai souffrir. La récolte de votre petit champ vous a manqué cette année. Je vous suis peut-être à charge, mon capitaine !
M. DE BELLECOMBE. Quc dis-tu, moH ami? Un enfant Test-il jamais à son père, et n'es-tu pas un de mes enfants? Dieu merci .''j'aurai du pain encore; si notre ration est plus petite, tu en auras toujours ta part comme eux, et autant que moi.
LA PIPE. Hé bien, je la prendrai; mais j^espère que je vous la rendrai bientôt. Je viens de trouver un bon travail en ville.
M. DE BELLECOMBE. Tant mieux. J''en suis charmé pour toi. Qu'est-ce donc?
LA PIPE. Croiriez-vous qu'un marchand vint l'autre jour me proposer de lui tricoter des bas pour les vendre ?