‹ L'ami des enfants et des adolescentsChapitre 50 sur 153 · DE FAVIERES. Eh oui , mou chor Thomas, c''estton maître · texte numérisé non relu

DE FAVIERES. Eh oui , mou chor Thomas, c''estton maître

THOMAS, se découvrant un peu plus le visage. Étes-voHS bien sûr au moins de D'hêtre pas son ombre ?

M. DE FAVIERES. Mais , jc HO tc roconuais plus à mon tour, toi que j"'ai vu autrefois si brave et si gaillard.

THOMAS , le visage tout à fait découvert , et le regardant encore. Oh ! oui , c'est bien vous à pré-

sent. (// tombe à ses genoux et les embrasse .) 0 mon cher maître ! pardon de ne vous avoir pas reconnu tout de suite. (// se relève.) Cest mon benêt de iils qui m''avait fourré ces frayeurs dans la tète. [Prenant iin air fanfaron^) Un revenant I Oh bien oui, comme si je croyais aux revenants, lîioi!... Mais, monseigneur, où diantre avez-vous chaussé ce grand vilain bonnet? Savez-vous qu'il ne faut pas se jouer avec ces habits de païen? Si vous alliez rester Turc pour toute votre vie ! Tenez , je me rappelle fort bien avoir entendu conter cent fois à ma mère qu''elle avait vu quelqu'un qui avait entendu dire de tout temps dans sa famille... Oh.! ce que je vous dis là est vrai, au moins.

M. DE FAViERES. Roîi , J)on ! tu me raconteras un autre jour ton histoire. Sommes-nous seuls?

THOMAS. Oui, vous ct moi ; car ce sot de Colin ne s*'avisera pas de revenir. Il a peur , lui. Voyez pourtant ! vous n''aviez qu'à être un esprit ; il vous aurait laissé tordre le cou à son père.

M. DE FAVIERES. Ma femme , mes enfants et leur précepteur sont-ils toujours ici?

THOMAS. Eh! sûrement. Ils sont restés pour vous préparer une fête à votre retour. Oli ! comme ils vont être contents! Attendez, attendez. Sot que je suis , de ne pas courir leur apprendre cette nouvelle , et la répandre ensuite dans tout le village ! [llveut sortir.) Allons, Thomas, allons, mon ami.

M. DE FAVIERES h retient. Doucement, dou-

l'ami des enfants. ISD

cernent. Cest précisément ce que je ne veux pas.

THOMAS. Comment! est-ce qne vous ne seriez pas de la fête qu'on célèbre pour la paix? C'est à cause de vous qu'on l'a retardée. Tous les villages voisins ont déjà fait leur feu de joie.

M. DE FAViERES. Nous fcrous aussi le nôtre ; sois tranquille.

Tr:oMAS. Pardienne, nous en ferions pour vous tout seul , quand vous n'auriez pas amené la paix avec vous. Vous êtes un si bon seigneur , et nous vous aimons tant dans le village ! Toutes les cloches devraient être en branle déjà. A quoi s'amuse lecarillonneur?

31. DE FAVIERES. Mon chcr Thomas, un peu de patience. Je paraîtrai bien quand il en sera temps.

THOMAS. Voilà ce qui est fort aisé à dire. Mais je vais crever d'impatience, si cela dure.

M. DE FAVIERES. Et moi , tu luc fais mourir de la peur de ton indiscrétion. Ne va pas me ravir la Joie que je me suis promise. Veux-tu que, pour ma bien-venue, je sois obligé de te congédier?

THOMAS. Oh ! que dites-vous? S'il ne tient qu'à cela , je serai muet comme un poisson. C'est bien mal à vous pourtant de nous laisser plus longtemps dans l'inquiétude. Nous vous croyions pris ou nové, de ne pas vous voir revenir. Vous ne savez pas tous les soupirs que cette crainte nous a coûtés. 0 mon bon maître, si nous vous avions perdu! s'il nous avait fallu marcher aux fêtes de la paix en longs crêpes et en habits de deuil I Je frissonne seulement

d'y penser. Nous aurions mieux aimé encore la

guerre pour dix ai?s et ne pas vous perdre.

M. DE FAViERES. Que je suis sensible à ces témoignages naïfs de Ion attachement! Quelle joie plus touchante encore ils me font espérer en rentrant dans ma famille !

THOMAS. Eh bien ! que n'y venez-vous tout de suite ?

M. DE FAVIERES. Non , tc dis-jc , iiiou ami. Je veux doubler ce plaisir par une vive surprise. Faismoi seulement parler au précepteur de mes enfants.

THOMAS. A M. Armand ?

M. DE FAUViERES. Oui ; jc lui ai écrit de Marseille pour le prévenir. Lui et toi , vous serez les seuls du mystère. Mais chut! j'entends venir quelqu'un par cette allée. (// va se cacher derrière la charmille.) De la discrétion, Thomas.

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