SCENE V
M. DE FAVIÈaES, M. ARMAND, THOMAS.
M. DEFAViERES, Sortant de derrière la cliarrnille. Voilà mon secret bien placé! Vraiment, Thomas , je n''aurais eu qu'à me lier à toi I (// court vers M. Armand qui l'embrasse) Mon cher Armand, que je suis aise de vous revoir!
M. ARMAND. 0 monseigueur , quel jour de fête pour nous!
31. DE FAViERES. Pourvu quc Thomas , avec sa joie folle et son bavardage, n'aille pas renverser tous mes projets,
THOMAS. Ne m'aviez-vous pas dit que M. Armand était du secret ? Est-ce que j'en ai sonné le moindre mot à qui que ce soit dans le monde?
M. ARMAND. Oui , parcc que tu n'as vu personne que moi.
M. DE FAVIERES. No pcrdoDs pas un moment. H faut , mon cher Thomas , que tu me caches dans ta cabane , jusqu'au moment où je veux me montrer.
THOMAS. Je ne demande pas mieux. Venez, venez, vous y serez bien reçu.
M. ARMAND. Cc u'cst pas tout. Il faut poster ton fils en sentinelle , pour qu'on n'aille pas instruire madame ou les enfants.
M. DEFAVIERES. Oui , et surtout ne laisser entrer personne chez toi.
TH031AS. Mais, si madame s"*)' présente, ou bien quelqu'un de vos enfants, je ne peux pas leur fermer la porte sur le nez. Cela ne serait guère poli.
M. AR.MArsD. Bon ! Un homme fin comme toi saura bien trouver quelque prétexte pour les écarter.
THOMAS. Vous avez raison, je vais faire le bec à ma femme.
M. ARMAND. No va pas oublier les bouquets.
THOMAS. N^ayez pas peur. Ce n'est pas pour rien que nous sommes en Provence. On ne fera pas grâce au moindre bouton. Dans ces jours de plaisirs, les fleurs sont cent fois plus belles à nos chapeaux que dans nos parterres.