‹ L'ami des enfants et des adolescentsChapitre 53 sur 153 · M. DE FAVIÈRES, M. ARMAND · texte numérisé non relu

M. DE FAVIÈRES, M. ARMAND

M. DE FAVIERES. Croycz-vous , Hiou clicr Armand, que madame de Favieresne soupçonne rien de nos préparatifs?

M. ARMAND. Tl HO m''aurait pas été possible de les lui cacher. Pai mieux aimé les faire de concert avec elle, en lui laissant croire qu'elle vous surprendrait agréablement par cette fête à votre retour. Je lui ai dit que votre croisière serait peutêtre encore prolongée. Elle ne charme les ennuis de votre absence qu'en s*'occupant de tout ce qui peut faire éclater à vos yeux la joie qu'elle aura de vous revoir.

M. DE FAVIERES. Aiusi douc , c'cst moi qui lui donnerai la fête qu'elle compte me donner. Ah ! mon cher Armand, que ne vous dois-je pas?

M. ARMAND. J'cspère que vous serez content de nos soins. Tout le monde a voulu contribuer à vos plaisirs. J'ai aussi formé quelques jeunes filles et quelques jeunes gens du canton. Ils savent déjà leur rôle à merveille.

M. DE FAviÈRES. Et moi, pour compléter notre fête, j'amène le fiancé de ma fille, qui s'est couvert de doire dans un combat contre les Algériens. Il est allé , avec douze hommes, dans une chaloupe , enlever une tartane de ces brigands qui attaquaient un de nos vaisseaux de commerce. Ces habits sont de leurs dépouilles; et j'ai imaginé de les employer à notre déguisement, pour éviter d'être reconnus. Ah ! j'oubliais de vous dire que j'amène aussi de Marseille toutes sortes d'instruments. Je les ai laissés près de l'entrée du parc.

M. ARMAND. Tant mieux, car nous n'avions que les ménétriers du village.

M. DE FAVIERES. Jc scrais fâché que rien manquât à notre fête. Je ne veux pas qu'il y ait aujourd'hui dans toute ma terre une seule créature qui ne tressaille de joie. La plupart des fêtes ne sont que pour les riches. Il faut que des événements comme celui-ci, où le pauvre est le plus intéressé, soient célébrés avec toute la solennité possible , pour lui en faire mieux sentir le bonheur. Il faut qu'il en conserve longtemps le souvenir, pour le retracer à ses enfants et à ses petits-enfants. Il en vivra plus satisfait de son état, plus attaché à son seigneur, à son roi et à sa patrie.

T. lï. 9

M. ARMAND. Oh! rexccHenl homme ! toujours le même. Vous iie paraissez jamais, que tout ue respire auprès de vous la joie et la bieufaisance.

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