‹ L'ami des enfants et des adolescentsChapitre 81 sur 153 · ACTE PREMIER. — SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER. — SCÈNE PREMIÈRE

GENEVIÈVE, MARCEZ,.

MARCEL, en entrant. Femme, voici des soldats qui nous viennent.

GENEVIÈVE, laissant tomber' son fuseau. Eh, mon Dieu, comment faire? Nous n'avons plus nousmêmes de quoi vivre; et voilà encore des soldats à nourir !

MARCEL. Nous n'avous rien, ma femme; ainsi, rien à donner.

GENEVIÈVE. Mais voudront-ils nous en croire ? Il y a tant de richards qui se font pauvres par avarice! Les soldats le savent. Comment vont-ils nous traiter?

MARCEL. Lorsqu''ils nous verront, il faudra bien qu'ails croient à notre misère. Je parie qu"'ils auront plus de pitié de notre état que ceux qui pourraient radoucir.

334 l'ami des ekfants.

GENEVIÈVE. Dieu le veuille, mon cher homme! La douleur et la faim uous ont tant alTaii^lis ! de mauvais traitements uous auraient bientôt achevés.

MARCEL. Va, les soldats ne sont pas aussi méchants qu'on se le tigure. Ils ont plus de conscience et d'humanité qu'un bailli, qui frappe sur le pauvre comme sur une gerbe. Celui-ci s'endurcit au mal, à force d'en faire; mais un soldat pense à une autre vie, parce qu'il est tous les jours face à face de la mort.

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