‹ L'ami des enfants et des adolescentsChapitre 80 sur 153 · L*.4MI DES ENFANTS · texte numérisé non relu

L*.4MI DES ENFANTS

MADAME DE BLEVILLE , prenant Symphoî'ien dans ses bras.) Rassure-toi, mon fils, je viens de te faire là un petit conte pour t'*éprouver. Ton père n''est pas en prison; et ni toi, ni ta sœur, vous ne serez renfermés. Je n'ai voulu que te faire sentir combien tu agissais méchamment, en voulant emprisonnei' cette pauvre petite bête. Autant que tu as été affligé lorsque je t'ai dit qu'ion allait te prendre, autant Ta été cet oiseau lorsque tu lui as ravi la liberté. Penses-tu comme le mari aura soupiré après sa femme, et les enfants après leur mère, combien celle-ci doit gémir dVn être séparée? Cela ne t'est sûrement pas venu dans Tesprit, autrement tu n'aurais pas pris l'oiseau j n'est-il pas vrai, mon cher Symphorien?

SYMPHORiEN. Oui , maman ; je n'avais pensé à rien de tout cela.

MADAME DE BLEViLLE. Eh bien, penses-j dorénavant, et n'oublie pas que les bêtes innocentes ont été créées pour jouir de la liberté, et qu'il serait cruel de remplir d'amertumes une vie qui leur a été donnée si courte. Tu devrais apprendre par cœur, pour mieux t'en souvenir, une petite pièce de vers de ton ami.

SYMPHORIEN. De l'amîdes enfants ? Oh ! récjtezla-moi, je vous en prie.

MADAME DE BLEVILLE. TicUS, la VOici :

Je le tiens , ce nid de fauvette ; Ils sont deux, trois, quatre petits :

Depuis si longtemps je vous guette; ' Pauvres oiseaux ! vous voilà pris.

Criez, sifflez, petits rebelles, Débattez-vous, oh! c'est en vain.

Vous n'avez pas encor vos ailes ; Comment vous sauver de ma main?

Mais quoi ! n'entends-je pas leur mère Qui pousse des cris douloureux ?

Oui, je le vois, oui, c'est leur pèr»

Qui vient voltiger autour d'eux.

Et c'est moi qui cause leur peine !

Moi qui, l'été, dans ces vallons.

Venais m'endorniir sous un chêne.

Au bruit de leurs douces chansons !

Hélas ! si du sein de ma mère Un méchant venait me ravir ; Je le sens bien^ dans#a misère Elle n'aurait plus qu'à mourir.

Et je serais assez barbare Pour vous arracher vos enfants !

Non, non, que rien ne vous sépare.

Non, les voici, je vous les rends.

Apprenez-leur dans le bocage A voltiger auprès de vous ; Qu'ils écoutent votre ramage, Pour former des sons aussi doux .

Et moi', dans la saison prochaine, Je reviendrai dans ces vallons.

Dormir quelquefois sous un chêne, Au bruit de leurs jeunes cîiansons.

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