‹ L'ami des enfants et des adolescentsChapitre 86 sur 153 · LA TERREUR, FLUET, MARCEL, GENEVIÈVE, GEORGE · texte numérisé non relu

LA TERREUR, FLUET, MARCEL, GENEVIÈVE, GEORGE

GEORGE, en entrant. Allons , allons , vite à dîner. MARCEL. Hélas, monsieur î nous n^avons rien de prêt encore.

GEORGE. A quoi diantre vous amusez-vous?

GENEVIÈVE, has à La Terreur. Moucher monsieur, parlez-lui, je vous en j»rie , pour qu'il ne se fâche pas.

3IARCEL , à Geoî'ge. Ce n''estpas notre faute , je vous en assure. Demandez à votre camarade.

LA TERREUR , has à George. Finis ce badinage , et tire-les de peine. {Haut à Geneviève.) Bonne mère, regardez-le bien.

GEORGE. Est-ce que vous ne me reconnaissez pas? {Marcel et Geneviève le considèrent attentivement.)

MARCEL. Ma femme , ne sens-tu rien dans ton cœm^? .

GENEViYVE , (latis K7ie incertitude où perce la Joie, regaîde tantôt Marcel .^ tantôt George. 0 mon Dieu ! serait-ce lui ?

GEORGE. Oui, cVst iiioi , c"'est moi, ma mère. Quel plaisir de vous revoir , mes chers parents!

MARCEL. Est-il possible? mon fds ! Oh! sois le bien venu mille fois !

GENEViiÈVE, V embrassant. Je te revois donc avant de mourir ! La joie ne me laisse pas respirer.

MARCEL. Comment as-tu donc fait pour vivre encore , mon cher fils ? Il y en a tant qui sont morts ! et toi , tu es échappé !

GEORGE. On ne m'a pourtant jamais vu en arrière de mon devoir. C'est à vos prières sans doute que je suis redevable d'avoir été épargné par la mort. Mais comment avez-vous vécu , mes chers

parents? Je suis chez vous en quartier. Vousnêtes pas fâchés de ce logement, peut-être?

MARCEL. Peux-tu nous le demander? Depuis que tu nous as quittés , mon cher fils, nous n''avons jamais eu tant de joie.

GENEVIÈVE, à La Terreur. Vous m"' aviez dit que c'était un caporal que vous attendiez.

LA TERREUR. El c'cst bien vrai aussi.

MARCEL. Juste ciel! tu t''es avancé? Comment cela s''est-il fait? Tu ne savais pas lire.

GEORGE. Mon capitaine me Ta fait apprendre.

MARCEL. 0 ma femme I quel honnête homme cela doit être !

GENEVIÈVE. Qu'on vienuc nous dire ensuite que les gens de guerre ne sont pas de braves gens!

LA TERREUR. Il u'cu restera pas là , je vous en réponds. (^ George.^ Mais pourquoi ne m'as-tu pas dit que nous coucherions aujourd'hui dans ton village ?

GEORGE. Camarade, j'étais si plein de ma joie , que je ne pouvais parler.

GENEVIÈVE. Combien resteras-tu avec nous?

GEORGE. Trois jours , ma mère. Nous faisons halte ici.

MARCEL. Oh! c'est bon , mon cher fils 5 nous aurons le temps de nous dire bien des choses.

FLUET. Au diable ! Personne ne veut donc allumer du feu? Je pense qu'il en serait temps , depuis une heure.

GENEVIÈVE. Dans im moment , monsieur.

LA TERREUR , à Geneinève. Restez auprès de votre fils , la bonne mère. Je vais battre le briquet et faire la cuisine, f A Fluet. ) Quand vous seriez à demi gelé, la joie de cette famille devrait vous réchauffer. Mais vous n'hâtes pas capable de la sentir. Venez avec moi , je vais vous conduire dans quelque maison du voisinage , jusqu'^à ce que la chambre soit chaude. Sinon , prenez votre parti de vous-même.

GENEVIÈVE. Oui, je vous en prie , mon cher monsieur. Notre voisin , à main droite , a une grande cheminée où Ton peut se dégourdir plus à son aise.

FLUET. Vraiment oui , jMrai encore mVxposer à Kair , pour arriver là plus transi.

LA TERREUR. Il n'*y aura pas de chaleur dWe bonne heure , et vous achèveriez de geler. Venez, venez.

FLUET, en pleurant. Je crois qu'ion Ta fait exprès de me donner le plus mauvais logement du village.

LA TERREUR. Oui , pour ccux qui sont toujours restés assis dans leur fauteuil , les pieds sur la cendre. (Jls sortent,)

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