‹ L'ami des enfants et des adolescentsChapitre 85 sur 153 · L\ TERREUR , FLUET , GENEVIÈVE · texte numérisé non relu

L\ TERREUR , FLUET , GENEVIÈVE

GENEVIÈVE , à la Terreur. Tenez , mon cher monsieur, voici de la viande. Voilà encore des légumes que le jardinier du château m'a donnés. Je suis bien aise d'avoir quelque chose à vous rendre. A qui faut-il le remettre ?

LA TERREUR, Gai'dez-le, ma bonne mère, ce sera pour boire. Est-ce que vous ne prenez pas devin?

GENEVJÈVE. 11 y a dix ans que je n'^en ai bu , he'las ! depuis que mon fils est parti.

LATERRELR.Ehl)ien, cela vousdonnera desforces.

GENEVIÈVE. Mon fils cst soldat comme vous.

LA TERREUR. Soldat I et dansquel régiment?

GEiNEViÈVE. Bourbonnais.

LA TERREUR , avec vivacité. Et comment s'appelle-t-il ?

GENEVIEVE. Gcorgc Marccl. Dieu sait s"'il vit encore. Il y a quatre ans que nous n''avons reçu de ses nouvelles.

LA Ti^KREUR. Tranquilliscz-vous, bonne femme, il est encore vivant.

GENEVIÈVE. Est-ce quc VOUS le connaissez , mon ^eiler monsieur ?

LA TERREUR, emharrcLssé. Je ne sais guère; mais il doitêtrepleindevie,puisqu"'iladesibonnêtesparents.

GENEVIÈVE. Ab ! ce n'est pas une raison. Les braves gens sont ceux que le bon Dieu éprouve les premiers ; et cependant notre fils est le seul bien que nous eussions au inonde.

FLUET. Oui, vraiment, un soldat vous servirait de beaucoup !

LA TERREUR. Et qu'cu savcz-vous , pour le dire? Vous ignorez tout ce qu^m liomme peut faire avec un bon cœur. Allez, bonne mère , posez tout cela. Quand votre mari apportera du bois, nous mettrous le pot au feu. {^Bas à Geneviève. ) Le

troisième soldat que nous attendons est un peu dnr. Si ou le faisait attendre , il pourrait nous quereller.

GENEVIÈVE. Moucher monsieur, je ne puis rien faire que mon homme ne soit de retour. Je me repose sur vous. Vous trouverez de bonnes paroles pour nous excuser.

LA TERREUR. Oh! il uo sc laisse pas mener par des paroles ; et puis il est caporal , c''est mon supérieur; je ne lui parle pas comme je voudrais. SCENE VI.

lA TERRETTB , FLUET , MARCEL , GENEVIÈVE.

Marcel, jetant une charge de bois à teiTe. Allons , voici des fagots ; je vaisvous allumer du feu .

GENEVIÈVE. Oui, mon homme, dépêchons-nous. II doit nous venir un officier , et il n''est pas commode , à ce que dit monsieur.

MARCEL. Comment ! un officier chez nous?

LA terreur. Quand je dis un officier , il lui faut encore un grade, mais il y montera. Il a quelques ordres à donner dans la compagnie , sans quoi il serait déjà ici. Allez , allez échauffer le foyer.

FLV ET, jjoussant Geneviève. Parbleu , il est bien temps! Hâtez-vous donc, vous dis-je.

GENEVIÈVE. J'y vais , j'y vais. {Eile est prête à sortir. )

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