‹ L'ami des enfants et des adolescentsChapitre 92 sur 153 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

MARCEL, GENEVIÈVE, GEORGE, FLUET, LA TERREUR. Tous (demeurent pendant quelque tomj)s pensifs et immobiles, excepte Fluet qui continue de mangera)

LA TERREU R, se versaut à hoire. Vive, vive notre | capitaine !

GEORGE. Oh, oui, qiiMl vive! C'est lui qui nous 1 sauve de la mort. ^

MARCEL , joignant les mains , et les laissant tomber de surprise. Il ne m^avait jamais vu , et il me donne la première lois une pièce d''or ! Qui aurait attendu cela d'un étranger, quand ceux qui nous connaissent sont si impitoyables ?

GENEVIEVE. Ou dirait d^in prince. {Elle regarde la pièce d^or qui est sur la table.) Combien cela peut-il valoir , mon ami ? Il faut qu'il y en ait^)0ur bien de Targcnt !

MARCEL , en la serrant dans ses mains. Bon Dieu ! aurais-je pu croire que je me serais jamais vu tant de bien dans une seule pièce? T'y connaistu, mon fils?

GEORGE. Non, elle est trop gi'ande pour que j'en sache la valeur.

LA TERREUR. Elle doit valoir plus d'un louis; I mais je r.c sais pas au juste. j

FLUET. , au premier coup d'œil qu'il y jette.

C'est un louis double. Le peuple ne e^'nnait pascela.

LA TERREUR. iNous uc somiucs pas nés au milieu

de l'or comme vous. Cela vaut donc seize écus?

GENEVIEVE. Scizc écus ! 0 mon cher homme! la

l'ami des enfants. oG3

moitié de notre dette ! Pourvu que le bailli sVmi contente en attendant !

MARCEL. J'espère qu'avec cet acom[)te , il nous donnera du répit.

GENEViEVK. Crois-lu ? 0 mon Dieu ! je serais Itien contente de ne manger que du pain jusqu'à la moisson, si nous pouvions garder notre cabane.

GEORGE. Ne vous embarrasscz pas , ma mère , j''y pourvoirai.

MARCEL. Nous craiguions tant un logement de soldats ! et ce sont des soldats qui sont nos anges! Que Dieu soit loué pour ce repas , et pour les secours qu'il nous a envoyés! ( Tous se lèvent. )

FLUET. Il faut que j'aille à la garde maintenant.

LA TERREUR. Tcuez , voilà VOS aniics. [Il lui décroche sa (fi berne , et le cliarye de son haijage.^ [Fluet sort .) A présent, je vais remettre les clioses comme je le-5 ai trouvées. (// veut desservir la table.)

GENEVIEVE , lui retenant le hras. Oui, ce serait bien à moi de vous laisser faire! Reposez-vousj je vais tout arranger. N'est-ce pas assez que vous ayez fait îa cuisine ?

LA TERREUR. Non , uou , c'cst cucore de mon emploi. Je veux que vous parliez toute votre vie du jour où j'ai été en quartier chez vous.

MARCEL, à la Terreur. Mon cher monsieur, que je boive encore une fois. Je trouverai le vin meilleur que tout à Theure , à présent que j'ai de l'or dans ma poche..

LA TERREUR. Buvez , buvez , boD bomme. Il n'y a jamais rien à laisser dans une bouteille. ( En frappant sui^ son ventre.) Ceci est notre meilleur buffot. Il faut suivre le commandement qui dit de ne pas s'inquiéter du lendemain. (George pousse la' iahle. La Terreur lève la nappe , et emporte les plats et les assiettes dans Vautre chambre. )

GENEVIEVE. Je uc suis plus étoiinée que les femmes aiment tant les soldats. Il n'y a point de meilleurs maris; ils font toute la besogne. Il faut que je le suive, autrement il se mettrait à laver les assiettes. (^Préte à sortir , elle se refou?me au bruit que fait Thomas en entrant. ) Ah ! voici notre frère; voyons s"'il reconnaîtra son neveu.

SCEi^E IV.

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