‹ L'ami des loisChapitre 2 sur 63 · IV AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

IV AVERTISSEMENT

arrêt de mort. Depuis cinq ans, l'auteur éprouve un déni-de-justice y dont les étrangers, non moins que les nationaux, auront peine à comprendre les motifs, quand ils auront lu la pièce. On ne concevra pas qu'un homme de lettres qui énonce des principes tellement louables, qu'on peut souhaiter ( lui a dit l'un des ministres ) qu'ils deviennent la morale politique de tous les peuples , soit plus rigoureusement traité que tel écrivain de qui les oeuvres, reproduites souvent sur nos théâtres, sont un outrage fait à la morale , à la raison et au goût. L'auteur mis hors la loi,, pendant quatorze mois, par les ennemis de toutes les lois , est repoussé

hors de la scène, depuis cinq ans Par qui? par

d'excellents citoyens qui s'honorent de partager ses opinions. Depuis cinq ans, ils étouffent sa voix qui n'est que l'écho de la leur; car, et leurs voix et la sienne rappellent les peuples au respect du prince, à l'amour des lois, à cet esprit d'ordre public qui seul peut maintenir la stabilité des gouvernement, ou ramener l'équilibre au sein des états que de longues secousses ont ébranlés.

Quand donc le releveront-ils de cet interdit^ porté en sens inverse des bonnes intentions qui les animent? Quand donc cessera cette suspension^ inique autant qu'illégale, qui atteint, sans indemnité préalable y le citoyen dans sa propriété, et, sans un honorable dédommagement, l'écrivain dans ce qu'il doit avoir de plus précieux , ^intérè^ de sa réputation?

AVERTISSEMENT. v

Le jury renouvelé des examinateurs des pièces de théâtre, en 1822, sera-t-il aussi (i) favorable à

(i) Il faut être juste : si l'Ami des Lois n'a pas reparu sur la scène depuis cinq ans, ce n'a pas toujours été la faute des censeurs. En 1817, ils avaient fait un rapport favorable. L'auteur est loin sans doute de vouloir réveiller de vieilles animosités qu'il croit assoupies, cependant, il doit rappeler qu'il a donné connaissance des obstacles apportes, en ce temps, à la représentation de sa comédie. Depuis, les tentatives qu'il a faites ont toutes été infructueuses.

Voici les termes du rapport AàvGssd par MM. les examinateurs des pièces de théâtre à son excellence le ministre de la police générale^ le 1^ mars 181 7.

« Cette pièce, qui est une satire des anarchistes et des fac- « tieux, fut jouée en 1793, et attira sur l'auteur une honorable « persécution. Ces temps de désordre, où la modération était « réputée crime, sont loin de nous. L'auteur a changé quel-

« ques nuances de son ouvrage son Ami des Lois est Vami

« de la Charte monarchique.

« Quoique la reprise de cette pièce ait été demandée depuis « long-temps , on avait hésité à la permettre , parce qu'on avait « craint de réveiller des souvenirs trop récents : mais nous « paraissons être arrivés au point où de telles craintes se- « raient peu fondées. Les anarchistes que l'auteur attaque avec « force ne sont plus un parti. Ces anciens partisans ne sont pas « les moins ardents à le désavouer. Les factieux , dans l'autre « extrémité, reçoivent des reproches très-adoucis, et n'oseront « pas se plaindre d'une comédie déjà ancienne , qui fut pros- « crite par des jacobins, auxquels probablement ils ne vou- '( dront pas ressembler. L'ouvrage respire le respect du roi y « V amour de tordre et cette modération qui est désirée par « tous les gouvernements. y>

^ Et s'en rapportant aux lumières de votre excellence, dont

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