ACTE II, SCENE III. 3i
« terme convenu, une paye de vingt sous par jour, bien « entendu que, de leur part, ils rempliront les conven- « tions par eux souscrites dans le premier traité secret « fait entre nous. »
LAROCHE
Eh bien!
DUBRISSAGE.
Rien n'est plus clair; complot avéré, manifeste! Vite, il faut dénoncer.
LAROCHE
C'est fait.
DUBRISSAGE.
Bon.
LAROCHE
Je suis preste î J'ai commencé par là : tout est bien préparé ; Ou , si vous l'aimez mieux , tout est presque assuré.
DUBRISSAGE.
Écoute : bonne idée!... Oui, quinze ou vingt copies A nos fidèles!
LAROCHE
Bon.
DUBRISSAGE.
Avec art reparties, Ces listes, tout d'abord, vont produire un effet...
LAROCHE
Du diable ! Un bruit d'enfer ! un désordre parfait ! Fiez-vous à mes soins.... Oh! j'ai de la pratique: Des émeutes à fond je connais la tactique.
DUBRISSAGE.
As-tu des témoins ?
LAROC HE.
Cent.... qui le vont travailler!...
Pour avoir des témoins on n'a qu'à les payer.
DUBRISS AGE.
Notre caisse?
LAROCHE
A l'emplir ma troupe est occupée.
DUBRISSAGE.
Bien. L'or est un vainqueur plus puissant que l'épée.
FILTEAU.
Forlis est accusé; ne passez point vos droits; Et, sans les prévenir, laissez parler les lois.
LAROCHE
Les lois! les lois! ce mot est toujours dans leurs bouches. Avec des magistrats muets comme des souches, • Laissez parler des lois qui se tairont toujours! Non, il faut de la forme accélérer le cours.
DUBRISSAGE.
Bien dit.
^ LAROCHE
J'ai dénoncé, dans moins d'une quinzaine, Huit complots coup sur coup ; c'est quatre par semaine. Peu dé bons citoyens , sans me vanter , je crois , En ont su découvrir tout au plus un par mois. Bon! mes yeux n'ont été que des visionnaires; Mes complots fvrais complots d'élite!) des chimères; Les accusés le soir sortaient tous des prisons. Et moi j'étais gibi^er à petites-maisons!... Je cours à notre affaire.
DUBRISSAGE.
Attends , que je te suive.
Il faut prendre une marche à -la-fois sûre et vive. Sans adieu, cher Filteau, nous reviendrons.
ACTK H, SCÈNE TV. 33