ACTE m, SCENE III
A moins (ju'on ne les laisse eux-mêmes l'exercer. Que ces hommes perdus de dettes et de crimes , (Comme l'a dit Corneille en ses profondes rimes), Et qui (comme il a su lui-même l'ajouter), Si tout ri est renversé ne sauraient subsister ^ Purgent de leur aspect cette terre, affranchie De toute oppression et de toute anarchie. Guerre à tous les partis! respect à tous les droits! Amour, hommage au prince! obéissance aux lois! C'est du bon citoyen la devise fidelle. Malheur à qui n'est pas formé sur ce modèle !
DUBRISSAGE.
Nous ne reconnaissons personne à vos portraits.
FORLIS.
Et moi, j'en sais plusieurs qu'ils font voir traits pour traits.
On pourrait en douter.
FORLIS.
Oui , la ^ace fidelle Réfléchit des objets aveugles devant elle.
DUBRISSAGE.
Vous citeriez les noms avec quelque embarras.
FORLIS.
Ma mémoire long-temps ne les chercherait pas.
DUBRISSAGE.
Les preuves à fournir , voilà le difficile !
FORLIS.
Mille dans leurs écrits, dans leur conduite mille.
DUBRISSAGE.
Les vrais amis du peuple ainsi sont outragés ;
Mais , dans leur conscience , ils sont du moins vengés.
FORLIS.
L'honnête homme pour eux montre moins d'indulgence:
4a L AMI DES LOIS.
Il ne sait pas flatter comme leur conscience.
DUBRISSAGE.
Le prix que jusqu'ici leur zèle a retiré Prouve que l'intérêt ne l'a pas inspiré.
On les a dédaignés , c'est ce qui les irrite. On leur a dérobé le prix de leur mérite ; Et, d'un esprit moins fier, d'un œil moins effrayé, Ils verraient leur néant, s'il leur était payé : Mais, las de n'être rien dans notre grande cause, Ils se font factieux pour être quelque chose, Sachant trop bien que l'ordre et la tranquillité Les vont, en renaissant, rendre à leur nullité,