ACTE IV, SCENE III
Ne s'exerce qu'autant que nous l'aurons voulu ; N'est-ce pas?
C'est cela.
FOR LIS
Que le peuple obéisse, Qu'il pale et soit content, qu'à tout il applaudisse, Qu'il amasse pour nous, lorsque nous dépensons, Qu'il se prive de tout lorsque nous jouissons, C'est son lot, n'est-ce pas?
VERSAC
Monsieur, vous pensez rire?
Et pourtant le passé doit assez vous redire , Qu'un peuple n'a jamais été plus fortuné Que lorsque son bonheur n'était pas raisonné. On a trop éclairé la classe roturière.... Eclairé, je m'entends, d'une fausse lumière Qui, trompant son esprit, ne fait que l'égarer. Le plus simple bon sens savait mieux l'éclairer.
FORLIS.
Je le suppose , il faut s'arrêter oii nous sommes ; Car il ne s'agit pas, pour bien juger les hommes, De voir s'ils seraient mieux, étant tout autrement : Nous avons à juger les hommes du moment. Voulant nous reporter aux siècles de nos pères. Ne heurtez pas de front nos torts ou nos lumières. La force ne vaut rien ; elle dérange tout. La persuasion est plus de notre goût.
S'il faut le dire encor : le temps est un grand maître. Et le plus obstiné finit par s'y soumettre. Attendez tout du temps : pour tout en obtenir , Laissez, sans rien brusquer, s'avancer l'avenir; Il semble qu'il recule alors qu'on le devance :
6o L'AMI DES LOIS.
Le sage marche au but, où le fou seul s'élance. J'entre dans votre sens....