‹ L'ami des loisChapitre 50 sur 63 · ACTE IV, SCENE VÏIT · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE VÏIT

Je naccepterai pas vos soins officieux, Que je n'ai pas voulu nommer injurieux. Reprenez vos faveurs ; gardez-moi votre haine , Mais franche , fnais ouverte , et non plus souterraine ; Qu'elle éclate au grand jour : en me cachant vos coups, Vous semblez trop, monsieur, vous défier de vous.

DUBRISSAGE.

Mais la haine , monsieur , n'interdit pas l'estime. Sauver son ennemi n'a rien de si sublime, N'est pas un tel effort que vous dussiez m'oter Jusqu'au facile honneur de vouloir le tenter! En sauvant la personne , on sauve le mérite ; Et c'est le double objet, monsieur, de ma visite. Sauf à reprendre après tous nos anciens débats, Acceptez mon secours.

Je ne l'accepte pas.

DU BRISSAGE.

Mais écoutez , par grâce ; après , vous serez maître

D'agréer ce service, ou de le méconnaître

Ecoutez...

VERSAC

Écoutons, Forlis.

DUBRISSAGE.

On vous poursuit.

Le peuple, je l'ignore, équitable ou séduit....

FORLIS.

Séduit, vous le savez.

DUBRISSAGE.

Dans sa fougue excusable , De je ne sais quels torts vous suppose coupable. Le croiriez-vous ? moi-même en butte à sa fureur, J'ai {'d\\\i payer cher une flatteuse erreur.

Dans quelques mots sur vous, où parlait mon estime, On crut voir un complot, un véritable crime. Ce peuple, à ses soupçons se laissant emporter, JM'accusa d'un honneur.... que je veux mériter, Disant que ces dehors d'inimitiés factices Etaient un voile adroit qui cachait deux complices.

Monsieur, j'attends la fin: pourriez- vous abréger?

DUBRISSAGE.

Cet orage , sur moi , n était que passager. <c Amis, leur ai-je dit, vous devez me connaître : « Je vous livre Forlis , si Forlis est un traître ; « Mais je dois le laver d'un soupçon offensant, « Si, comme j'en suis sûr, Forlis est innocent. « Amis, je vais le voir; Amis, je vous l'amène; «Il n'a pas, croyez-moi, mérité votre haine. » Je dis, et je les quitte, et j'accours; hâtons-nous : Profitons du moment qui retient leur courroux. Fuir , vous cacher ici , tentative inutile , Et qui de vos amis exposerait l'asyle.

FORLIS.

Ces moyens seraient vils ; je n'en veux prendre aucun Qui soit...

DUBRISSAGE.

Pour vous sauver, sans doute, il n'en est qu'un De ce public amour, que la faveur me donne, Protégeons, entourons, couvrons votre personne. Ma présence est, pour vous, le plus sûr bouclier; Et nous montrer unis , c'est vous justifier. Tout ce peuple , pour moi , plein de reconnaissance , Dans cette liaison va voir votre innocence. Sans regarder la main, acceptez le secours: Devenez mon ami , pour conserver vos jours :

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