‹ L'ami des loisChapitre 51 sur 63 · ACTE IV, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VIII

Je bornerai , monsieur , la grâce que j'envie A ce qu'il faut de temps pour sauver votre vie.

FiLTEAU, a part.

Quel changement! O ciel! est-ce une illusion, Ou d'un génie affreux la noire invention?

V E R s A c , a Diibrissage.

Monsieur , votre démarche est généreuse et belle.

{J Forlis.) Allons, marchons, Forlis.... ne soyez pas rebelle.

FORLis, après une pause.

Non , Versac , j'irai seul.

VERSAC

Forlis , vous résistez !

DUBRISSAGE.

Mais vous êtes perdu, monsieur....

FORLIS , le considérant d'une manière énergique.

Vous insistez!

Ce pouvoir sur le peuple, (inexprimable injure Faite au prince, à nos lois!) si sa source était pure, Je l'eusse reconnu, je l'eusse révéré; Recevant vos secours, je m'en fusse honoré. « Tout un peuple,' pour vous plein de reconnaissance, « Dans notre liaison verra mon innocence? « Votre présence , enfin , sera mon bouclier , (c Et nous montrer unis , c'est me justifier ? » A merveille , monsieur ! pour qu'on puisse vous croire , Il faut, une autre fois, montrer plus de mémoire. Vous avez oublié, mais bien étourdîment, Ce grand courroux du peuple et son ressentiment , Quand, trompé, disiez-vous, sur notre intelligence, Il venait, chez vous même, en demander vengeance. Comment cette fureur , que produit le soupçon , Bien affligeant pour moi, de notre liaison.

Va-t-elle s'apaiser, quand, par votre présence,

De notre liaison il aura l'assurance?...

Pour l'honneur de moi-même et de l'humanité ,

Je laisse vos secrets dans leur obscurité.

Ce mot en dit assez, et doit vous faire entendre

Que l'on comprend trop bien ce qu'on craint de comprendre

Restez.

DUBRISSAGE.

Monsieur...

FORLis, avec force.

Restez... Vous tous, veillez sur lui.

Sauvez-moi, cher Versac, l'affront d'un tel appui.

DUBRISSAGE.

Non , je veux vous prouver...

FORLIS, avec plus de force.

Restez... Je vous refuse; Et, s'il faut vous le dire, enfin, je vous accuse.

VERSAC

Je vous suivrai donc seul.

FORLIS, avec vivacité.

Non , ne le quittez pas.

Empêchez, mon ami, qu'il ne suive mes pas. Répondez-moi de lui dans ce péril extrême; Je vous réponds, après, du peuple et de moi-même.

(// s'échappe.^

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