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transformé sa Dénonciation en une Pélition a la Chambre des pairs, et que la Chambre des pairs la discute dans de solennels débats ', le due de Fitz-James, qui, « sans étre un dévot, » craint, dit-il, le parti-prétre beaucoup moins gue « le jacobinisme déguisé, » raconte que ce héros du libéralisme, dont les bizarreries ont fait un si grand personnage, leur avait proposé, a lui et a ses'amis, en Angleterre, pendant l’émigration, un jour que sa téte travaillait encore plus que de coutume, un singulier moyen de vaincre les jacobins au pouvoir : c’était de réunir en armée tous les capucins de l’Kurope et de les faire entrer processionnellement en France avec la croix pour étendard : « Voila Vhomme qui dénonce aujourd@’hui le clergé, les processions et les missionnaires! » Enfin side tant de discours, ot paraissent avec honneur l’archevéque de Paris et ’archevéque de Sens, il sortun échec au ministére’, il n’en sort,du moins, aucune mesure contre le clergé, aucun triomphe pour les libéraux, aucun acte en rapport avec les. idées, parce que les idées manquent de sincérité, ou plutot parce que les idées ne sont que des passions couvertes de mots par le fanatisme de l’implete.
Ainsi, les violences de Vimposture n’étouffent point la voix de l’Eglise. Au contraire, elle crie de toutes ses forces qu’elle ne courbera jamais la téte sous le joug du libéralisme, ayant pour elle tout ce qui faitdéfaut a ses adversaires:la vérité, ledroit, la justice, la vertu, la loyauté et le bon sens. Dans ce combat, le plus triste, le plus humiliant qu’aient offert nos dissensions depuis 1814, elle ne se lasse pas de répéter ce qui est vrai dans tous les temps, mais alors plus que jamais: qu’elle nest si furieusement attaquée que parce quelle est une opposition redoutable contre toutes les erreurs et tous les désordres de l’esprit révolutionnaire, et que cette opposition révele a tous la puissance de l’esprit religieux en France.
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Mais bientét, le 5 novembre 41827, la Chambre des députés est dissoute, les élections changent la majorité, Villéle tombe, Martignac lui suceéde : le parti libéral est au pouvoir. Portalis, devenu garde des sceaux dans le nouveau ministére, trouve dans les cartons de son bureau la fameuse pétition de Montlosier qu’il venait, comme rapporteur de la commission *, de faire renvoyer au gouvernement, et vite il nomme une commission pour statuer sur le droit des jésuites a vivre et a
4 Le 18 janvier 1827. ie
2 Mer de Frayssinous, ministre des affaires ecclésiastiques, avait proposé 4 la Chambre de passer a lordre du jour, afin de témoigner hautement a quel point elle blamait une attaque aussi injuste, aussi violente contre les ministres de la religion de I’Ktat. Cet ordre du jour fut rejeté par 113 voix contre 73. La méme majorité adopta les conclusions de la commission, dont Portalis était rapporteur, c’est-a-dire le renvoi de la pétition Montlosier au président du conseil.
3 Voir la note précédente.
tion est claire
N72 oe LAMI D
enseigner. Les libéraux ne doutent pas que les jésuites ne soient « écrasés. » Pour eux, la ques- « Les jésuites, appelés par les évéques, dirigent huit petits séminaires 1. Or, Yeur société n’est pas reconnue par la loi : c’est illégal. Il faut renvoyer les jésuites. » O déception pour le ministére! Dans son rapport au roi 2, la commission conclut que les évéques, en vertu de VYordonnance du 5 mars 1844, sont les chefs naturels des petits séminaires, qu’ils sont libres de choisir les directeurs et les professeurs de ces établissements, et que le choix fait par eux de « prétres révocables 4a leur volonté, soumis en tout a leur autorité et juridiction spirituelle, et méme a leur administration temporelle, bien que ces prétres suivent pour la regle intérieure la régle de saint Ignace, n’est pas contraire aux lois du royaume. »C’est une trahison,s’écrient les libéraux enflammés de colére, quand « le jésuitisme, étendu commeun réseau sur toutela France, exerce son em-
.pire irrésistible jusque sur le ministérelui-méme?! »
Aussi, dix-neuf jours plus tard, le ministére Martignac, parce qu'il le veut et qu'il est le plus fort, publie, au nom de Vordre légal et des libertés publiques, c’est-a-dire avec’ toutes les ruses d’une basse hypocrisie, deux ordonnances, comme pour compléter l’ordonnance du 24 avril sur les écoles primaires *, les deux ordonnances du 46 juin 4828 : la premiére, signée par le Roi et contresignée par Portalis, décide que, a partir du fer octobre 41828, tout professeur ecclésiastique doit affirmer par écrit qu’il n’appartient a aucune congrégation religieuse illégalement établie en France; la seconde, signée par le Roi et contresignée par l’évéque de Beauvais, Mer Feutrier, nouveau Ministre des affaires ecclésiastiques, limite a vinet mille le nombre des éléves des petits séminaires.
Ces Ordonnances, concues dans un esprit de défiance et de haine contre la religion, propres a désoler le clergé, a provoquer de la part des révolutionnaires de nouvelles exigences, a satisfaire la crédulité du peuple contre «les affiliations jésuitiques, » a peine sont-elles portées, que tous les écrivains catholiques, comme enivrés de colere, montrent partout, dans un déchainement général, ce qwelles renferment dodieux, Voppressif, de tyrannique, d’impie, de sacrilege..., que les évéques se lévent tous, moins deux, Raillon, évéque de Dijon, ancien prétre jureur, avec le ministre Feutrier, et qu’ils adressent au roi un long mémoire, non pas de platonique protestation, mais d’inexorable résistance 5, et que larchevéque de
1 A Aix, Belley, Bordeaux, Déle, Forcalquier, Montmorillon, Saint-Acheul et Sainte-Anne-d’Auray.
2 28 mai 1828.
* Discours du député de Corcelles & la Chambre, 28 mai 1828. Moniteur, 1828, 1, 750.
‘ Cette Ordonnance du nouyeau ministre de l’instrue:, tion publique, de Vatimesnil, arrachait aux évéques le droit de surveiller les écoles primaires.
> « Les évéques se contentent de dire avec respect, comme les apdtres : Non possumus, nous ne pouyons pas. »
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Toulouse, le cardinal de Clermont-Tonnerre, écrit | a Mer Feutrier une lettre d’un style si bref et si —
dédaigneux, que le dauphin, duc d’Angouléme, »
dit a Charles X : « Sij’étais roi, M- ’archevéque coucherait ce soir 4 Vincennes 1. » Ht le clergé est debout, et les catholiques tressaillent, et la France ~ chrétienne est soulevée d’indignation, et, a l’instant méme, malegré la rage des libéraux 2, elle crée une Association pour la défense de la religion catholique, qui, avec son président, ses viceprésidents *, son conseil général, ses associés correspondants, ses simples associés, s’étend de Paris dans les provinces, et tous, décidés a se sacrifier au droit, s’il le faut, tous jurent de mourir plutét que de renoncer a la liberté.
Aussi, le ministére aux abois expédie en toute hate un agent 4 Rome, Lasagni, romain d’origine, conseiller 4 la Cour de cassation, avec la’mission secréte d’exposer au Saint-Siége le véritable état des choses, de le prier d’intervenir, d’arréter cette résistance, de lui faire comprendre enfin le besoin de la soumission pour le bien général. Bientot donc, dans une lettre mystérieuse adressée a l’archevéque de Reims, le cardinal Bernetti, secrétaire a@’Etat, demande indirectement aux évéques de vouloir bien se résigner et « se confier 4 la piété et a la sagesse du Roi *, » comme si, crie-t-on, le roi était maitre en cela de suivre les pieuses inspirations de sa conscience et de son coeur !
Elle est donc finie, la bataille, finie brusquement. Mais pouvait-elle étre plus belle ? D’un cété, sont les libéraux, qui poursuivent la liberté religieuse avec toutes les armes, d’abord avec l’erreur et Vimmoralité, ensuite avec linjure et la calomnie, méme sans égard pour le bon sens, enfin avec — un décret de persécution, lorsqu’ils sont arrivés au pouvoir ; ceslibéraux trop dignes, pour la plupart du moins, de ce mot que le banquier Jacques Laffite, qui les connaissait bien, puisqu’il était un de leurs chefs par ses écus, écrivait 4 Béranger, qui les connaissait bien aussi, puisqu’il était un autre de leurs chefs par ses chansons : «Quelle canaille, mon cher Béranger, quelle canaille que la plupart de nos amis de quinze ans*! » Et comme, d’aprés le proverbe, qui se ressemble s’assemble, il est juste de mettre en gros caractéres Laffite et Béranger sous l’épithete qu’ils décer-— nent a «leurs amis de quinze ans. » De l’autre cété, sont les catholiques. Ils n’ont pas peur, sachant que la peur, le plus grand des maux dans une société politique, chasse les peureux vers
* Pasquier, Mémoires, vt, 117, 120.
* « Les congréganistes ont fait une association pour la défense de la religion, qui n’est pas attaquée. Le Courrier francais insére les statuts, les noms du président, des cinquante membres du conseil général, gens a courte vue : c'est en masse une réunion d’imbéciles. » Castellane, Journal du maréchal de Castellane, 11,260 20 juillet 1828. ,
* Président, duc d’Havré ; vice-présidents, maréchal prince de Hohenlohe, vicomte Dambray, Duplessis de Grénédan et comte de la Rochejacquelein. 5 :
‘25 septembre 1828.
° Thureau-Dangin, Le parti libéral, 57, note.
Yabime. Au ‘contraire, ils luttent par tous les -moyehs, a l’erreur ils: opposent la vérité, a la calomnie Vapologie, 4 la persécution le souléve- -Inent, toujours animés d’ardeur, toujours préts a rendre les coups pour défendre leurs droits et leur liberté. S’ils déposent les armes, c’est par ‘deférence & une lettre de Rome, mais non pas par lassitude, encore moins par découragement, car le combat ne fatigue jamais les Ames chrétiennes : il les fortifie toujours... Et cette bataille, pouvait-elle étre meilleure? Au bout de tant d’années de clameurs contre « l’invasion du partiprétre et les périls de la société moderne, » ces parleurs de liberté ne sont parvenus, avec le secours de toutes les puissances coalisées, qu’a renvoyer quelques jésuites de quelques petits séminaires. Ils ont eu beau mettre en mouvement toutes les passions jalouses dans l’opinion, dans les moours, méme dans les lois; ils n’ont pu empécher lEglise de refaire sa place sur la terre de France : de méme que, aprés la captivité de Babylone, dont nous avons parlé,; ni Sanaballat, ni Tobie, ni les Ammonites, ni les Cuthéens, ni les ennemis cachés, ni les ennemis découverts, niles faux prophetes, comme Sémeéias, ni les femmes visionnaires, comme Noadia, tous unis par la jalousie dans Viniguité, ne purent empécher Néhémie de relever les murailles, la ville sainte, le Temple, Jérusalem; ce qui fit connaitre 4 tous les peuples, disent les Livres saints, que cet ouvrage était Vouyvrage de Dieu !.
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QUESTIONS de science ecclésiastique CONSULTATIONS DIVERSES
Q. — Ie Les évéques a la fin du troisiéme siécle avaient-ils un costume différent de celui des simples prétres dans les cérémonies religieuses? Hn quoi ¢onsistait cette différence ?
2° Voudriez-vous nous donner une petite étude sur les vétements pontificaux?
R. — Ad I. Tout d’abord, les ministres des ‘autels usérent-ils, pendant les trois premiers siécles, d’habits spéciaux dans l’exercice de leurs fonctions? La réponse est trés controversée, et le silence des écrivains contemporains n’explique que trop ces incertitudes. Parmi les anciens liturgistes, Walfrid Strabon, Hugues Victorin, Honorius d’Autun, sont invoqués par les partisans de la négative : Nicolas Alemanni, Baluze, Visconti, Sirmond, Ferrari, Jacques Boileau, Bocquillot, Pelletier. Ces auteurs sont d’avis que les évéques, les prétres et les autres ministres de l’Kglise offi-
£2 Pactim est ergo cum audissent omnes inimici nostri, ut scirent quod a Deo factum esset opus hoe, »
appelait das-de-chausses,
ciaient avec les vétements communs qu’ils portaient dans la vie privée.
Au contraire, le théatin Pasqualigus, ihandee du Saussay, le cardinal Bona, Schelstrat, Honoré de Sainte-Marie, Giorgi, Benoit XIV, tiennent pour certain que, en dépit de,leur pauvreté, des embtiches des paiens, de la malveillance et des
difficultés de toute sorte, les apdtres et leurs succes--
seurs usaient pendant le saint sacrifice de vétements particuliers, ou tout au moins qu’ils choi- Sissaient pour monter 4 lautel ceux des habits du temps qui étaient les plus propres et les plus décents.
« Cette derniére observation, dit Martigny, qui ressort de Vensemble des témoignages de ces écrivains et les résume, réduit 4 de bien étroites proportions la dissidence qui existe entre eux et les auteurs que nous avons cités en premier lieu.
- Kt les deux sentiments nous paraissent se concilier également avec le décret du Concile de -
Trente (sess. xx1, cap. 5, De solemnibus misse sacrif. ceerem.) qui, en déclarant de discipline et de tradition apostolique, ex apostolica disciplina el tradilione, Vusage des vétements sacrés, comme celui des cérémonies, bénédictions, lumiéres, encensements, etc., n’empéche pas de supposer que ces vétements qui nous ont été transmis quant & leur forme essentielle, étaient au temps des apdtres, et encore assez longtemps aprés, des vétements vulgaires, et nous verrons tout 4 ’heure quwil en était ainsi 1. »
Ad II. Sous le nom de pontificaux, pontificalia, on entend les ornements spéciaux dont me servent les évéques. Les pontificaux communs a att nombre de huit, comme Va déclaré Pie VII dans la constitution Decet Romanos Pontifices
du 4 juillet 1823, ou illes énumeére dans cet ordre :.
bas, sandates, gants, dalmatique, tunicelies, anneau, croix pectorale, mitre.
I. Bas, Caligce. — C’est ce que le moyen age dont nous avons fait bas par abréviation. Aujourd’hui les évéques les mettent sur les bas ordinaires. On emploie la soie et on les prend de la couleur du jour : rouges, blanes, verts ou violets. Dans le principe, tous les prétres prenaient les bas pour la messe, ’Hglise leur interdisant de célébrer avec les chaussures qwils portaient habituellement.
Tl. Sanpauss, Sandatia. — C’était la chaussure des anciens Romains. Les sandales des princes et des sénateurs étaient relevées d’or et de pourpre. Celles des évéques sont aujourd’hui en soie brodée Wor.
Dans le principe, tous les prétres ont aussi porté les sandales ; ce n’est qu’au neuvieme siécle
qu’on les place parmi les insignes des évéques. |
On a pensé que saint Grégoire le Grand faisait allusion aux sandales des évéques, quand il
‘ Martigny, Dictionnaire des antiquités chrétiennes, art. Vétements des ecclésiastiques dans les fonctions sacrées, p. 780.
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interdisait cette chaussure aux diacres; mais cette interprétation est trés douteuse, Dans une mosaique de Saint-Vital de Ravenne, représentant la procession qui eut lieu lors de la consécration de cette basilique, en 547, par V’évéque saint Maximien, cet évéque porte des souliers noirs |.
Ill. Ganrs, Chirothece (couvre - mains). — -L’usage des gants ne remonte pas au dela du vie siécle. Les gants servaient autrefois aux prétres comme aux éyéques dans les messes solennelles. Toutefois, ceux destinés aux prétres étaient faits de cuir et cousus, afin de les distinguer de ceux des évéques. C’est depuis le xré siécle, au moins, que les gants sont réservés a V’évéque. La premi¢re mention que Von en rencontre est dans Innocent III, De mysterio misse, liberi, c.. 44).
IV. Tunicetuses, Tunicella et Dalmatica. — Les évéques portent aujourd’hui des tunicelles dontla forme est exactement celle de la tunique et de la dalmatique ancienne, c’est-a-dire 4 manches fermeées. Elles rappellent a ’évéque qu il a la plénitude du sacerdoce et qu’il posséde éminemment tous les ordres qu’il confére. A cause de cela, on ne voit pas que les simples prétres en aient jamais fait usage, sinon par exception.
La dalmatique est un vétement sacré en usage dans l’Kglise depuis la plus haute antiquité. Les Romains l’avaient empruntée aux Dalmates et adoptée comme vétement de distinction dés le deuxieme siécle. L’Eglise l’adopta a son tour, des avant saint Sylvestre, pense Visconti. On sait en
effet que saint Cyprien était vétu de la dalmatique quand il alla au martyre. La dalmatique était trés ample, se prolongeant jusqu’aux talons; elle avait de larges manches descendant jusqu’au coude seulement. Elle était toujours blanche dans le principe; on Vorna depuis de bandes de pourpre des deux cotés de la poitrine.
La dalmatique fut de toute antiquité lun des
vétements du Souverain Pontife quand il officiait
pontificalement. Jean Diacre fait mention de la dalmatique de saint Grégoire le Grand. De bonne heure, les papes furent dans l’usage de la décerner aux évéques comme une distinction et une récompense ; ceux-ci en faisaient quelquefois la ‘demande au Saint-Siege, soit pour eux-mémes, soit pour leurs diacres, dont les fonctions étaient les plus importantes dans la primitive LEylise. Dans une lettre du pape Zacharie a Austrobert, évégque de Vienne, l’envoi de la dalmatique est représenté comme un gage de communion de YEelise romaine ayec une Kelise particuliére. C’est pour un motif semblable que saint Grégoire Vaccorda a saint Arey, évéque de Gap, et a son archidiacre. On voit par la que dans la Gaule, tant que la liturgie gallicane fut en vigueur, c’esta-dire jusqu’a Hadrien Ier, les diacres n’usaient pas, Sans un privilege du Souverain Pontife, de la dalmatique, mais seulement de l’aube et de
* Martigny, Op. cit., art. Hvéque, p. 306.
Pétole. A cette époque, elle était ’insigne spécial des diacres de l’Eglise romaine, qui paraissent Vavoir recue du pape saint Sylvestre, pour remplacer le colobium.
Disons de suite que le colobiwm était une espece de tunique étroite se prolongeant jusqu’aux talons, et sans manches, ou dont les manches ne descen~ daient pas plus bas que le coude. Il parait que les apotres se servaient de ce genre de tunique dans la vie commune, et l’on conserve dans la basilique des Apdtres le colobiwm de saint Thomas.
Revenons a la dalmatique. Jusqu’au cinquiéme siécle, il semble qu’elle ait été réservée aux évégues et aux prétres, a exception de Rome cependant, oti les diacres la portaient. Le pape Symmaque l’accorda aux diacres de |’Eiglise d’Orléans, et ce n’est qu’au vie siecle que Pusage en fut accordé généralement a tous les diacres.
Les évéques ont conservé la coutume de porter la dalmatique sous la chasuble a la messe pontificale, et des prétres, dit Valfrid Strabon, se crurent autrefois en droit d’en faire autant, sans qu’on voie quwiils aient été pour cela réprimandeés soit par le pape, soit par les évéques *.
V. ANNEAU, Annulus. — L’anneau que portent les évéques est le signe de leur alliance avec leur Keglise et en méme temps de la juridiction.
A la cérémonie du sacre de l’évéque, on bénit Vanneau et on le lui met au quatriéme doigt de la main droite. Le pape Grégoire IV, élu en 827, assigne a cet usage la raison suivante : « Les anneaux (épiscopauax) ne doivent point étre mis a la main gauche, sans tenir compte du préjugeé paien relatif a la veine cordiale;,mais toujours a la main droite comme plus digne, parce que c’est elle qui distribue les bénédictions. C’est pour cela que, 4 la consécration soit des Souverains Pontifes, soit des autres évéques, on met l’anneau a leur main droite. » Par ces mots la veine cordiale, vena cordiatis, le pontife fait allusion a cette opinion recue de son temps, que le quatriéme doigt avait une veine portant le sang droit au ceur. — L’anneau épiscopal doit étre d’or et orné Vune pierre précieuse sans entaille ni figure quelconque. L’or avertit ’évéque de Vobligation ou il est. de reproduire en sa personne les qualités de ce précieux métal : de méme que’Vor est le plus précieux des métaux, ainsi l’évéque doit se montrer le plus parfait des chrétiens.
L’ianneau a été chez tous les peuples et dans tous les temps le symbole de l’autorité. On ne voit
pas que des simples prétres en aient jamais fait —
usage; mais les évéques d’Occident s’en sont servi des les temps primitifs. Le plus ancien anneau que l’on connaisse aujourd’hui est celui de saint Arnoul, évéque de Metz en 614; mais des textes parfaitement clairs nous montrent l’anneau couramment adopte par les évéques de l’Helise latine au quatrieéme siécle. On pense que les évéques Orient n’en adoptérent jamais l’usage 2.
' Martigny, art. Dalmatique, p. 285.
* Martigny, art. Anneau épiscopal.
VI. GRorx PEGrORALE. — C’est au xine siécle seulement que la croix pectorale a été regardée - comme insigne épiscopal. Elle est en or, avec des - reliques de la vraie croix a Vintérieur.
Primitivement les évéques avaient coutume de porter sur eux un reliquaire renfermant des ossements de saints. Quand sainte Héléne eut découvert la relique de la vraie croix, on en distribua des parcelles avec une grande facilité, et la plupart des évéques en portaient sur eux dans des reliquaires en or, appelés encolpia.
Tout Vabord aucune forme particuliére ne fut prescrite pour ces reliquaires. On en trouve de forme carrée. Saint Paulin de Nole en avait un en forme de petit tube. C’est saint Grégoire le Grand qui le premier fait mention de la forme de croix donnée a ces reliquaires. [1 en avait envoyé une a la reine Théodelinde, avec un fragment assez considérable du bois sacré, et cette croix existe encore a Monza.
Les évéques et les abbés dans l’Hglise grecque ont conservé le reliquaire de forme elliptique avec son nom ancien, encolpia '.
VII. Crossz. —4° Noms.On a donné a la crosse plusieurs noms dans l’antiquité :
Pedum, c’est Vancien baton des bergers, la traditionnelle houlette; elle a la pointe recourbée et la partie inférieure terminée en pointe ;
Ferula, férule, du mot latin ferire, frapper ;
on la qualifie cambuta ou cabata, recourhbée ;
Baculus, parce quelle était en bois, et pastoralis, par allusion au baton des pasteurs ;
Virga sambucea, tige de sureau, ou bien parce qu’elle était faite parfois avec ce bois, ou bien parce que, étant parsemée de nceuds ou anneaux, elle ressemble a la tige du sureau ;
Crocia ou crossa, expressions de basse latinité qui signifient baton d’appui, béquille, potence. Le mot italien croccia désigne plutét la crosse grecque ‘qui se termine par un T.
20 Origine. Si nous prenons la crosse sous sa forme actuelle, un baton d’or, ou d'argent, de bois ou d’ivoire, terminé par une volute recourbée vers la terre, il sera peut-étre difficile de dire a quelle époque cet ornement a été sous cette forme introduit dans lEglise. Mais si, au contraire, nous prenons la crosse dans sa partie principale, un baton dont l’évéque soutenait ses pas, et qui était en méme temps le signe de son
-autorité, une marque de sa juridiction, on peut dire que cet ornement remonte a une trés haute antiquité.
Baronius prouve par des autorités et des faits que les évéques s’en servaient déja au tvé siécle. Saint Gaudentius, évéque de Brescia vers 387, fait clairement allusion a la crosse et a sa signification comme ornement épiscopal : « Si quis est apostolicus et per Jesum magnus factus est ac potens, jam non propter se baculum portat, sed
‘ Cf. Martigny, art. Hncolpia ; Lerosey, Introduction, p. 204. ;
oe | " LVAMI DU CLERGE
propter eos quibus dici necesse est : Quid vultis in virga veniam ad vos, aut in charitate? » Le baton était donc employé a cette époque pour symboliser le droit de correction que Vévéque a sur son peuple; cest la houlette du berger qui s’en sert pour ramener ses brebis;dans le droit chemin.
Kt ce symbolisme nous est indiqué par les peintures des catacombes, ot nous voyons le Bon Pasteur avec une verge recourbée; par celles de la maison des saints Jean et Paul, qui nous montrent une verge recourbée a cdté d’un vase de lait. Le titre de pasteur a ainsi transporte dans la liturgie ce qui était son embleme 1.
3° Usage. A qui appartient-il de porter la crosse? — La crosse est l’insigne symbolique de la juridiction spirituelle; témoin la fameuse querelle-des investitures par la crosse et l’anneau, qui agita si fort VMglise au moyen age.
a) Le pape ne. se sert point dela crosse recourbée des évéques. S’en est-il jamais servi?
Innocent III le nie et apporte en preuve la légende de saint Pierre envoyant son baton a Tréeves pour ressusciter saint Martial (d’autres disent saint Eucher), Le, baton y étant resté, depuis ce moment les pontifes romains ne font point usage de la crosse.
Quoi qwil en soit de ce fait, il y a un motif plus sérieux que l’on met en avant : la crosse, a raison de la volute qui la termine, indique un pouvoir restreint et pour ce motif ne saurait convenir a qui a le pouvoir supréme.
On cite, il est vrai, des textes ou il est parlé de la ferula apostolica des papes. Mais, dit Mgr Battandier, ces textes ne prouvent aucunement que ferula apostolica et baculus pastoralis fussent une seule et méme chose. La ferula était une sorte de sceptre ou baton qui indiquait la puissance royale dont était revétu le Souverain Pontife, tandis que la signification de la crosse est bien différente.,On peut done dire que, d’aprés l’his-
toire, il n’est pas établi que les papes se soient
jamais servi de la crosse épiscopale.
b) Les cardinaux-évéques, 4 Rome, font de méme.
c) Les évéques ont porté la crosse des Vorigine, et tout ce que nous avons dit sur ’antiquité de cet usage s applique a eux et a eux exclusivement. Ils ne peuvent cependant en faire usage que dans leur diocése ; mais ’Ordinaire peut accorder a un évéque étranger l’usage de la crosse sur son territoire.
d) Aujourd’hui les abbés portent aussi la crosse
dans leur monastére et dans les limites de leur |
territoire. A quelle. époque faut-il faire remonter cette pratique?
Les anciens abbés, dit encore Mer Battandier, portaient des batons en signe de commandement et aussi pour appuyer leurs pas. L’histoire nous parle du baton de saint Benoit, avec lequel le patriarche des moines frappait parfois ses dis-
4 Annuaire pontipcal, 1900, p. 280.
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ciples pour chasser le démon qui les tentait. ‘L’abbé étant le scigneur, le Domnus abbas, avait un signe extérieur et visible de cette autoriteé : e’était le baton. Les moines étaient puissants, les abbayes florissantes, exemptes de la juridiction épiscopale, possédant des terres, des vassaux et des fiefs : il s’ensuivit trés naturellement que les abbés prirent la marque du pouvoir que portaient les évéques, et le passage de l’insigne des évéques aux abbés se fit d’une maniére insensible.
Jean Cassien, vers 420, dit que les abbés de son temps portaient le baton a limitation des personnages de Ancien Testament. Quoi qu'il en soit de cette opinion, il est certain que les abbés avaient, avant saint Bernard, la crosse comme marque de leur juridiction.
Des abbesses ont voulu les imiter, mais l’Hglise s’y est opposée.
e) La crosse est interdite aux protonotaires : Non pastorali baculo utaniur, dit la constitution de Pie IX. A plus forte raison l’est-elle aux simples prétres. .
VI. Grima, Gremiale. — Cela signifie littéralement « tablier, ce qui se met*sur le giron. »
Ce grémial est une piece d’étoffe carrée, ou peu gen faut, de la couleur des ornements, que lon met sur les genoux de ’évéque quand il chante la messe, ou qu'il fait des ordinations.
Il était destiné a garantir la chasuble de la sueur des mains, que le célébrant devait appuyer sur ses genoux quand il était assis. Dans ce but, le grémial servait autrefois 4 tous les prétres. On ne peut préciser l’époque a laquelle il fut réservé aux évéques.
IX. Mirre, Mitra, Infula. — Comme nom, il semble plus conforme a la véritable étymologie de le faire dériver du grec pitex lequel vient luiméme du verbe piteduy qui signifie lier. La mitre, qui couvre la téte, la ceint réellement; signification qui est encore accusée par les deux bandelettes qui retombent sur les épaules aprés avoir été nouées. C’est a cause de ces bandelettes qu’on Vappelle aussi infula.
Le nom de mitre est trés ancien. On le trouve dans la Vulgate et dans les Septante. Les auteurs profanes mentionnent aussi la mitre, comme on peut le voir dans Virgile, Lucien, Varron, Apulée, Phylostrate.
Les Perses portaient des mitres, c’est-a-dire des bonnets pointus, plus ou moins ornés; mais c’était plutét une coiffure féminine et 4 ce point réservée aux femmes quwun homme ne pouvait la porter sans encourir le reproche d’efféminé. Chez leg ‘Romains, la mitre était réservée aux veuves et et aux femmes de mauvaise vie.
Au tve siecle la mitre fut aussi la coiffure des vierges consacrées au Seigneur. Saint Isidore dit a ce sujet : « Mitra est pileum phrygium, caput protegens, qualis est ornamentum capitis devotarum. »
Voyons maintenant son usage dans la liturgie. Tout d’abord la mitre fut exclusivement réser-
yée aux Souverains Pontifes. A quelle époque ont-ils — commencé, on ne peut le dire. Au xr¢ siécle, nous trouvons dans les documents pontificaux la con- . cession que fait le Souverain Pontife de la mitre a quelques évéques. Si le pape donnait cet ornement, c’est une preuve qu'il s’en servait luiméme; mais on ne peut trouver le point précis auquel remonterait cet usage, ni citer la bulle, la constitution qui l’établirait. IL est donc difficile, dans l'état actuel de la science, de dire le moment précis oti les papes ont commencé a la porter, et la concession qu’ils en ont faite 4 quelques évéques prouve seulement qu’ils étaient depuis longtemps en possession de ce droit.
Pour les concessions faites aux évéques, la premiére par date reposant sur un document authentique remonte 4 saint Léon IX. Dans un synode tenu 4 Rome, le 18 avril 1049, il confirme les priviléges de l’église de Tréves, et créant son archevéque Eberard son primat de la Gaule Belgique, il lui accorde comme signe de sa délégation la mitre romaine.
La mitre s’accordait méme aux simples évéques. Alexandre IL la donne a Burchard, évéque d’Halberstadt, le 13 janvier 1063. A partir de cette époque, les concessions deviennent - plus fréquentes, et bientét la mitre, qui était a Porigine un insigne pontifical, deviendra un ornement essentiellement épiscopal.
A quelle époque doit-on faire remonter l’usage © de la mitre en tant qu’insigne épiscopal? Les éru- — dits sont fort partagés de sentiment sur ce point. Les uns, tels que Hugues Ménard et Bocquillot, ne font pas remonter la mitre au-dela de l’an 1000. Le silence des anciens pontificaux et missels, celui des liturgistes Amalaire, Raban et Alcuin sur ce point donnent une grande force a ce sentiment. Bocquillot a pu dire en parlant de la mitre: « L’on n’en voit aucun vestige dans les auteurs ecclésiastiques qui ont traité des rites jusqu’au xe siécle, quoiqu’ils entrent dans de grands détails ° sur les ornements sacerdotaux. »
Une autre opinion, qui est celle d’André du Saussay, de Gavantus et de Vabbé Martieny, fait remonter Pusage de la mitre aux ages apostoliques.
Mer Battandier est plus précis : il pense que la mitre devint un signe distinctif de l’épiscopat au commencement du xiré siécle. Ce ne fut pas avant, car en 1063 Alexandre II la donne encore 4 des évéques comme une grace particuliére. Ce ne fut pas plus tard, car saint Bruno, évéque de Segni vers 4450, dit quelle appartient aux évéques a cause de son symbolisme : Mox, ne ergo sensus E'piscopi violentur, merito mitra castitatis ejus caput ornatur. Saint Bernard, qui mourut en 1151, assure dans sa lettre 4 ’évéque de Sens que la mitre est un insigne exclusivement épiscopal. Apres avoir vivement reproché leur ambition a ces moines qui cherchaient 4 usurper les insignes des pontificaux, il ajoute : « Sane, si attendatur rerum dignitas, hanc abhorret professio monachi ;
si ministerium, solis liquet episcopis. » Il résulte bien de ce texte que la tradition, @abord incer-
taine, s’établissant a se fixa par Pusage.
Les portes de bronze de la cathédrale de Bénévent ont été fondues et ciselées vers 1450. Un des panneaux représente V’archeyéque de Bénévent entouré de ses suffragants, au nombre de vingt, et tous sont en chape et en mitre. I] n’est point probable qwil eussent tous obtenu individuellement la concession de cet insigne, et il est plus sage de croire qu’a cette époque les évéques avaient déja le droit, reconnu par le Souverain Pontife, de porter la mitre comme insigne du ministeére épiscopal.
La mitre fut aussi accordée par privilége aux
-abbés. On peut voir dans les “uvres complétes
de Mgr Barbier de Montault un grand nombre @exemples de concessions de la mitre a des abbés. Le premier remonterait 4 l’an mil; puis suivent d’autres qu'il serait long de rapporter. Quand le privilége fut une fois accordé 4 un abbé, @autres demandeérent et obtinrent la méme concession, de sorte que les abbés mitrés furent en grand nombre * En faisant ces concessions, les papes avaient pour but de rattacher plus étroitement Vabbaye au siége apostolique. Voici, par exemple, ce que le pape Victor II écrivait en 1060 a Vabbé de Lauresham : « De capite nostro mitram per dilectum filium Christianum, Mersiburgensem prepositum, transmittimus ut ea in solemnibus diebus et processicnibus ad honorem Dei et tux persone utaris auctoritate apostolica concedimus, monentes quatenus hoc honore ab Apostolica Sede concesso taliter utaris ut Deus honoretur. »
Il ressort des diverses concessions que celles-ci étaient a l’origine personnelles au. demandeur et ne passaient pas a ses successeurs. Cela se prouve par les termes de la concession et par le fait que le successeur ne se servait pas de ihusione qu’avait porté son prédécesseur.
Aujourd’hui la mitre est restée pour les abbés un privilege que les uns possedent et dont sont privés les autres, le droit distinguant entre les abbés mitrés et ceux qui ne le sont pas.
Les protonotaires participants et ceux ad instar peuvent aussi faire usage de la mitre simple de toile blanche ; mais depuis la constitution Apostolicee Sedis Officium, du 29 aott 1872, ils nofficient pontificalement qu’avec l’autorisation de VYOrdinaire.
Plusieurs chapitres en France, avant la Révolution, avaient obtenu l’usage de la mitre par indult du Saint-Siége. Mgr Barbier de Montault cite ceux du Puy et de Rodez; et ce n’étaient pas les seuls. Nous ne pensons pas que ce privilége ait été depuis renouvelé pour nous, en France.
Vaide de concessions isolées,
1 Barbier de Montault, Guvres completes, t. 1m,
DVAMI DU CLERGH
4 Bari, on trouve des chanoines ayant droit 4 la
.de la foi, des moeurs et de la discipline ecclésias-
Dans les autres parties de l’Kglise, notamment
mitre. Pie VII a donné sur ce sujet la constitution = Decet Romanos Pontifices, du 4 juillet 1823. — eae
On n’a jamais permis aux simples prétres ro Pusage de la mitre.
Q. — Les prétres russes, placés sous un chef temporel (le czar) qui est aussi chef supréme spirituel, sontils, au point de vue du droit canonique et de la liberté : de leur ministére et de leurs discours, plus ou moins — ah avantagés que les prétres francais. : ; ‘tk
1° Sous le Concordat assez loyalement appliqué?
2° Sous le Concordat muni des articles organiques tels qu’on les applique depuis quinze ans ?
R. — Le droit canonique n’a plus rien a faire dans l’Eglise-russe depuis que Pierre le Grand a publié son célebre Réglement ecclésiastique (25 janvier 1721), qui soumet d’une maniére absolue toutes les affaires ecclésiastiques aux décisions du College eccléstastique appelé plus tard Saint-Synode *. Comme ce Collége ne fait que ce qui plait a l’empereur, il n’y a plus en Russie d’autre régle
tique, que le bon plaisir impérial. Le représentant de V’empereur qui préside le Saint-Synode est un laique, un militaire s'il le faut; et tous les membres, avant d’entrer en fonctions, déclarent par serment quils reconnaissent l’empereur comme le juge supréme de cette assemblée. Les successeurs de Pierre le Grand n’ont pas craint de prendre le titre de Téte de V’Eglise, et de faire imprimer dans tous les catéchismes « qu'il n’y a pas sur la terre d’autorité supérieure a celle du czar. »
Citons un seulexemple du sans-géne avec lequel la législation russe traite le clergé. Voici l'article 598 du code criminel : « Si un homme découvre en confession 4 un prétre Vexistence d’un complot contre ’honneur ou la vie du souverain, s'il ne donne pas.de signes de repentir, mais doit se croire. encouragé par le silence de son confesseur 4 exécuter son matvais dessein, alors le confesseur doit en avertir immédiatement qui de droit, parce que ce n’est pas 1a une vraie confession. » Administration des sacrements, dispenses de mariage, cas de nullité ou de séparation, ordinations des cleres, consécrations d’églises, peines disciplinaires, nominations a tous les postes, enseignement dans les séminaires, approbation des livres, tout en un mot est réglé en dernier ressort par le Saint-Synode, c’est-a-dire par la volonté de ’empereur. Voila pour le droit canonique.
Quant a la liberté du ministére et de la chaire, il est facile de comprendre ce qu’elle peut étreen Russie. Sans doute le pope baptise, confesse, fait les enterrements et les mariages, mais qu’il se SK garde bien de déplaire 4 tel ou tel : il serait bien vite expédié, sinon en Sibérie, du moins dans un
1 Voir ’ouvrage du P. Tondini: Réglement ecclésiastique de Pierre le Grand, Paris, Société bibliographique.
monastére oti il ferait une rude pénitence. Les -curés, archimandrites, évéques, métropolites, n’ont aucune véritable indépendance, parce quils ne sont pas inamovibles; il suffit d’un signe du procureur du Saint-Synode pour les envoyer d’Odessa a Arkhangel, ou vice versa. Les simples popes ne jouissent d’aucune considération, dageune in- ' fluence, ils sont peu instruits, peu payés, et ils ont une famille 4 nourrir. Hélas! quvels fruits peut bien produire leur ministére? Hs vont confesser 4 domicile tous leurs paroissiens a Paques, mais comment! Résistent-ils toujours aux attraits de la vodka (eau-de-vie de grains) qu’on leur sert dans chaque maison? Et que peuvent-ils faire dans des paroisses quelquefois aussi grandes qu'un de nos départements, composées de chaumieres isolées, couvertes de neige pendant six ou huit mois, et dépourvues de moyens de communication?
Quant a la prédication, ils s’en dispensent le plus qu’ils peuvent; c’est 4 peine si, dans les grandes villes, il y a de temps en temps quelques conférences. Les prétres les plus instruits ou les plus zélés font une homélie de dix minutes sur Pévangile du jour; mais les grandes prédications, les stations, les missions sont de rares exceptions et sont surveillées de trés prés par la police. Le peuple se passe parfaitement d’instruction religieuse, sa dévotion est tout extérieure.
Un pareil état de choses doit révolter les esprits sérieux; aussi s’est-il produit, depuis quelques années, un mouvement marqué dans le sens d’une réforme libérale. On demande une nouvelle onrganisation de l’Eglise, Vinamovibilité des hauts dignitaires, la convocation réguliére des conciles, ou bien un concile permanent, comme le Saint-Synode, mais composé exclusivement de membres ecclésiastiques élus par leurs pairs, etc. En attendant, les promoteurs de réformes gémissent en secret de leur triste servitude, ou bien se consolent en cou-
-rant aprés quelque décoration. Un de ces messieurs étant venu derniérement a Paris pour faire -imprimer une brochure, s'est fait conduire aux magasins du Louvre et il a acheté quatorze métres de magnifique velours blew de ciel pour s’en faire une splendide soutane, sur laquelle resplendiront les six croix ou médailles qu'il a déja recues.
Quels que puissent étre nos griefs contre l’application du Concordat et des articles organiques, ou contre une municipalité tracassiére qui nous enléve un coin de jardin ou pavoise malgré nous notre clocher, n’envions pas le sort d’un clergé qui s’est fait esclave, alors qu'il aurait da résister jusqu’au martyre!
Je ne pense pas que auteur de la question ait voulu parler des prétres catholiques de Russie. L’histoire de la Pologne est 14 pour répondre. Je dirai seulement que les prétres polonais ne peuvent rien faire sans Vautorisation du gouvernement, ils ne peuvent méme pas sortir de leur paroisse sans la permission de la police. On est un
er
peu plus tolérant dans les grandes villes; mais dans les villages de l’ancienne Pologne ils sont surveillés comme des suspects. On les oblige a . envoyer d’avance & la police le texte de leurs sermons et on le leur renvoie un mois aprés que Vépoque oti ils devaient le prononcer est passée. S’ils demandent au gouverneur de la province la permission d’aller voir un confrére, pour se confesser par exemple, on leur répond six semaines aprés. S’ils convertissaient un Russe, ils seraient immédiatement exilés en Sibérie. Un vénérable prélat avec lequel j’ai eu ’honneur de m’entretenir des difficultés que rencontrait son ministére, me répondit : « Que voulez-vous! Nous avons les pieds et les mains liés! » — En France, nous n’en sommes pas encore la.
Q. — Vous laissez passer des hérésies assez grosses ! Oyez un peu...
Vous dites, page 173, que les congrégations des Jésuites sont de veéritables confréries, donc soumises aux prescriptions de Clément VIII pour Vérection et Vagrégation des confréries.
Or Grégoire XV, en je ne sais quelle Bulle, et Benoit XIV, par sa bulle dor Glorioso Domino, déclarent nos congrégations exemptes de ces prescriptions.
Voir Beringer, t. Il, pages 215 a 224, et vous serez confondu.
Je tremble que la Compagnie ne se mette a vos trousses avec un tonneau d’acqua-to ffana..
R. — Nous avons dit : « Du moment que les congrégations de Marie, des Péres Jésuites, sont de véritables confréries, il leur faut un autel. » Voila tout. Vous ajoutez : « Done soumises aux prescriptions de Clément’ VIII pour lérection et Vagrégation des confréries. » Cela ne découle pas nécessairement de ce que nous avons dit, parce que des sociétés peuvent étre dispensées de certaines prescriptions de la Constitution de Clément VIII, sans cesser d’étre de véritables confréries.
Les congrégations de la sainte Vierge érigées par les Jésuites soit dans leurs églises, soit dans les églises étrangéres, ne sont pas soumises a la loi de la distance, mais il leur faut, du moins pour les églises étrangéres, le consentement de Vévéque.
Le moyen le plus certain de distinguer entre une confrérie proprement dite et une simple cuvre pie est inscription, qui, d’aprés divers décrets récents, est obligatoire pour les confréries et non pour les cuvres pies.
La Sacrée Congrégation ‘des Indulgences l’a déclaré formellement le 16 juillet 1887 :
IV. Utrum in iis sodalitiis, que solemnem aliquem receptionis ritum adhibent, ut congregationes B. Marie Virginis, confratres hoc solemni modo a legitimo-sodalitatis preside recepti lucrari possint indulgentias, licet in libro sodalitatis non inseribantur ?:
V. Utrum generatim inscriptio sit omnino necessaria ad lucrandas indulgentias, etiamsi statuta confraternitatis, congregationis et pie unionis non explicite requirant inscriptionem tanquam conditionem essentialem ?
LVAMI DU CLERGE
Resp. Ad IV. Negative, si agatur de confraternitatibus proprie dictis.
'-Ad Y. Provisum in pracedenti.
Le 17 juillet 4891, méme réponse :
/ An revera preter benedictionem et impositionem habitus rite peractam, requiratur inscriptio in albo confraternitatum pro tribus scapularibus SS. Trinitatis, B. Mariw Perdolentis et a Monte Carmelo, ut fideles sic recepti indulgentias prefatis scapularibus adnexas lucrari valeant? — An potius talis inscriptio ut congrua tantum habenda sit, ita ut absque indulgentiarum jactura omitti possit ?
Resp. Dentur decreta in wna Societatis Jesu, de confraternitatibus, ad dubium IV, sub die 16 julii 1887 ; et 22 una Cameracensi sub die 18 augusti 1868, ad dubium lil; in una aS. Congregatione de Propaganda Fide proposita sub die 26 januarii 1871, ad dubium I; et tandem in una Ordinis Fratrum Minorum Excalceatorum et Recollectorum, sub die 27 aprilis 1887 *.
Pour toute véritable confrérie, l’inscription est done absolument obligatoire. Or, a la page 223, le P. Beringer déclare que ce décret du 46 juillet 1887 est applicable aux congrégations de la sainte Vierge : « L’inscription du nom dans les registres de la congrégation ne peut pas étre omise. (Voir le nouveau décret de la Sacrée Congrégation des Indulgences, de Confraternitatibus, ad IV, p. 64). » Crest précisément celui que nous venons de donner.
Done, d’aprés le P. Beringer, les congrégations de la sainte Vierge des Péres Jésuites sont de
vraies confréries, et si quelqu’un est digne de réprimande, ce n’est pas Ami du Clergé, qui revendique pour ces sociétés un honneur que leur refuse l’aimable P. Jésuite qui nous écrit.
Q. — La Semaine religieuse de X. vient de publer un article qui critique fortement les prédicateurs et les livres qui enseignent que l’on peut gagner une ou plusieurs indulgences pléniéres chaque jour, c’est-a-dire autant de fois que lon récite les six Pater, Ave et Gloria, étant regu du scapulaire bleu. L’auteur de Varticle prétend qu’on ne gagne ces indulgences qu’a certains jours de l’année. Qu’en pensez-vous? Le P. Maurel et plusieurs théologies estimées seraient dans l’erreur. On yous prie de dire clairement ce quwil en est.
R. — Plusieurs fois nous avons étudié cette question. Rappelons en quelques mots ce qu’en disent les auteurs. .
a) Le P. Hilgers : « Ces indulgences peuvent-étre gagnées, les indulgences pléniéres au moins une fois le jour, les indulgences partielles aussisouvent (toties quoties) qu’on récite en quelque lieu que ce soit les six Pater, les six Ave et les six Gloria. 2.» ’Rappelons que l’ouvrage du P. Hilgers a été publié “avec le concours du P. Beringer et qu'il a été approuvé par la S. Congrégation des Indulgences, le 18 juin 1897. On peut donc suivre son enseignement dans la prédication.
b) Le P. Mocchegiani : « ... Ht quidem toties quoties et in quocumque ne preces ipsas effu-
‘ Tachy, Traité des confréries, p. 277.
2 Manuel des Indulgences, p. 367.
derint, servato tamen Decreto diei 7 Martii 1678, cujus initium Delate sepius... » Comme c'est précisément l’explication du décret Delate sepius que nous cherchons, cela ne nous apprend rien et il faut nous reporter 4 lendroit ot le savant religieux explique ce décret :
Quando indulgentia plenaria concéssa est iis, qui vertis diebus ecclesiam visitant vel ‘aliud pium opus peragunt, eamdem fideles semel tantum in die lucrari possunt. (Decr. 7 Mart. 1678, N. 18 in fine). ;
Ab hac tamen regula generali excipienda est indulgentia Portiunculee vel que sit ad instar Portiuncule et nonnulle aliw, ut in decursu tractationis videbimus, que pluries eadem die acquiri possunt, toties nempe gwoties preces vel prescripta pia opera repetuntur. (Vid. Raccolta, p. xxvt).
Sed advertendum est, quod in citato decreto agitur de eadem indulgentia plenaria, non de distinctis indulgéntiis plenariis, que sint concesse distinctis piétatis operibus. He siquidem lucrari certe possunt eadem die. (1bid., p. xxvit).
Unde si queeratur an fidelis possit eadem die lucrari diversas indulgentias tum plenarias, tum partiales, respondetur affirmative. (Vid. sup. n. 144).
Le Canoniste contemporain est plus explicite. Il a traité la question en 1892, p. 58, et en 1899, p. 369 et 654. Nous citons les passages importants de son dernier article :
Le décret de 1678, expressément rappelé par la Congrégation, déclare en propres termes que les indulgences pleniéres ne peuvent étre gagnées, sauf concession trés spéciale, qu’une fois le jour. La réitération des indulgences toties quoties, pour le scapulaire bleu, se réduit done, en pratique, aux indulgences-partielles.
la concession, parfaitement authentique, doit étre interprétée suivant les principes ordinaires en matiére de communication d’indulgences ; dés lors elle doit étre ' entendue en ces termes : celui qui récite six Pater, Ave et Gloria gagne chaque fois les indulgences qu il gagnerait s'il visitait, ce jour-la et cette fois-la, les sept Basiliques de Rome et les sanctuaires de la Portioncule, de Jérusalem et de Saint-Jacques de Compostelle. C’est tout cela, mais ce n’est pas davantage.
Il ne faut pas un long raisonnement pour s‘en convaincre. L’indulgence des six Pater, Ave et Gloria est, daprés les.termes mémes reproduits plus haut, une faveur accordée par communication, non par concession directe et immédiate. Mais il est bien éyident qu’on n’entend pas accorder par communication autre chose que ce que comporte la concession directe et principale. Il serait absolument insoutenable de prétendre gagner, par la récitation des six Pater, une indulgence qu’on ne gagnerait pas en visitant les sanctuaires auxquels sont attachées directement les faveurs spirituelles. C’est la une vérité si évidente qu’il est 4 peine besoin de la formuler. Or si je visite un jour quelconque le sanctuaire de Saint-Jacques, pourrai-je gagner lindulgence accordée a cette église pour le jour de la féte du saint apotre?
Si je visite un jour quelconque de novembre les Basi-
liques de Rome, aurais-jé la,prétention de gagner les indulgences attachées a cette visite pour le jour de Paques? Que sije ne gagne pas ces indulgences en visitant directement ces sanctuaires, comment pourrais-je les gagner par communication ? C’est absolument impossible, cela est de toute évidence.
Nous ajouterons que l’enseignement du Canoniste n’est pas’en opposition avec celui du P. ‘Hilgers; il ne fait que le compléter.
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Q.— Eneore un doute a dissiper sur la maniére dimposer le scapulaire noir.
La famense incidente eague in manibus tenente me géne singuliérement et bien d’autres aussi peut-étre. Quand on a cinquante, soixante ou cent personnes a recevoir dans, la confrérie de Notre-Dame du Mont- Carmel, comment se faire remettre tous les scapulaires (dont les uns sont confectionnés diverso modo par les récipiendaires, les autres achetés chez les marchands) pour les tenir en main pendant la bénédiction? Il faut en passer par la cependant, au risque de mécontenter les futurs confréres si on ne leur rend pas ce qui leur appartient, au risque plus grand encore de brouiller les cordons, si on yeut éviter la répétition des farmules qui allonge considérablement la cérémonie. audrait-il blamer le prétre qui se contenterait de tenir en mains, pendant qu’il les bénirait tous, un seul scapulaire quwil imposerait ensuite successivement a chaque récipiendaire en récitant une fois la formule du pluriel? Je croirais volontiers quil n’y a rien de répréhensible dans cette maniére de faire. L’Am? est-il de mon avis?
R. — Le décret du 18 aott 1868 permet de faire servir le méme scapulaire pour diverses personnes, pourvu gu’on donne a4 chacune d’elles un scapulaire bénit qu’elle portera comme premier scapulaire : « Utrum unum idemque scapulare semel benedictum valide possit pluribus per vicem imponi, repetita solummodo super singulis receptionis sive impositionis formula? — Resp. A/ffrmative, ita tamen ut primum scapulare, quod deinceps adscriptus induere debet, sit benedictum’. »
Ainsi se trouverait justifiée @ notre avis la méthode que vous proposez.
Q. — Une personne somnambule indigue, la nuit, pendant son sommeil, les portes de sa chambre ainsi que les volets étant hermétiquement fermés, des faits qui se passent a trois cents métres et qui sont vérifiés exacts ; elle nomme par leur nom des gens atiroupés dans la rue et qu’elle ne peut ni voir ni entendre, disant d’eux : « Je les vois 4 travers mon esprit. » Le phénoméne est absolument certain, il n’y a aucune supercherie. Le dit phénomene peut-il s’expliquer naturellement ou faut-il y voir une intervention diabolique?
R. — Nous eussions souhaité que notre correspondant nous indiquat bien clairement s'il s’agit ici dun somnambule spontané ou d'un hypnotisé. Cependant d’aprés son exposé nous sommes portés 2 croire quil s'agit de somnumbulisme spontané. Nous avons parlé de-ce somnambulisme dans VAmi du Clergé (n° 42, 19 octobre 1899, p. 949, 950 et 951), et assurément il s’y passe souvent des choses dont on ne peut pas donner une explication satisfaisante, et cependant personne ne les regarde comme diaboliques et aucun théologien n’oserait les condamner comme telles, 4 moins done quil n’y ait des circonstances spéciales précédentes ou concomitantes qui prouvent clairement une véritable ingérence du démon. ll faut donc examiner sil y ena, et sil n’y en a pas, les regarder comme naturelles. :
Sil s’agissait du somnambulisme hypnotique, nous renverrions au no 46 du 46 novembre, méme
! Decreta auth., n. 421, ad 1".
re Ne
année (p. 1034), ou nous avons rangé les faits de —
ce genre parmi les pénoménes douteux. Ce qui fait la difficulté ici, ce n’est pas la vue a une distance de trois cents métres, mais au travers de portes et de volets hermétiquement fermés, et la nuit. Aussi comme ce fait est plus compliqué que ceux indiqués dans Ami du Clergé, si on n’en pouvait pas trouver d’exemples dans le somnambulisme naturel, sans oser rien assurer avec certitude, nous serions portés a le ranger parmi les phénoménes diaboliques. Ou plutét encore ce serait le cas d’examiner de prés s'il y a d'autres circons-
tances qui rentreraient dans le sixiéme degré (tbid.) : alors on pourrait juger avec certitude mo- rale que le tout est diabolique. S’il n’y en a point,
tout en restant encore dans le doute, nous ferions tout notre possible pour détourner de tenter un tel hypnotisme. — Mais s’il y a vraiment des cas de somnambulisme spontané tels que celui-la, nous nous contenterions de rappeler adage des théologiens : Dans le doute on doit croire plutdt au naturel qu’a l’extra-naturel. Cependant il n’y faut recourir qu’avec des raisons proportionnellement graves et en protestant qu’on désavoue et rejette toute ingérence diabolique.
Q. — Nous avons ici dans la paroisse une famille dont .
le pére, catholique d’abord, a trouvé miéux en fait de religion, dit-il, et s’est fait évangéliste (c’est le nom qwil se donne). Les enfants (au nombre de 4 ou 5) ne sont pas baptisés. Les évangélistes n’admettent que le baptéme de feu, mais non le baptéme de V’eau (je ne sais
~ pas par exemple en quoi consiste leur baptéme de feu).
Un jour une voisine, bonne catholique, étant quelquefois en rapport avec ces enfants non baptisés, vient trouver son curé : « Monsieur le curé, j’ai hésité jusqu’ici, mais il me semble que si un jour j’en rencontre un tout seul, je ne pourrai m’empécher de le baptiser : cela me fait pitié de voir ces beaux enfants non baptisés! Vous me permettez bien de le faire, n’est-ce pas, monsieur le curé?» Quid respondendum ?
R. — II faut répondré 4 la personne que son zéle :
n’est pas selon la science et la sagesse. On'ne peut
baptiser les enfants contre le gré ou & V'insu des
parents qu’en cas de péril de mort imminente. Qu’elle prie pour la conversion du pére, qui profi-
’ terait aussi au salut des enfants.
IMPRIMATUR
Lingonis, die 23 maii 1900.
+ SEBASTIANUS, Hpiscopus Lingonensis.
Le gérant : J. Marrrigrn, Bs.
LANGRES. — IMPRIMERIZ MAITRIBR ET COURTOT
No 22
(cx NUMERO A UN SUPPLEMENT DE 16 PAGES)