‹ L' ami du Clerge ParoissialChapitre 124 sur 276 · livre aux risées de la postérité tous ces libéraux · texte numérisé non relu

livre aux risées de la postérité tous ces libéraux

qui font descendre le peuple le plus spirituel de la terre a un tel degré de délire « qu'il prend des).

bétises, pour étendards. » Puis, elle montre que, au lieu de voir dans chaque église un lieu de machination, dans chaque chapelle un arsenal, dans chaque confrérie une conjuration souterraine, il serait peut-étre plus important de parler et de ces trois ou quatre cents sociétés secretes qui recrutent de toutes parts des adeptes du fanatisme révolutionnaire, et de ces complots tramés au grand jour par la liberté de la presse, et de tous ces conciliabules de légistes qui s’exercent a

disserter contre les lois de Dieu... Et pour les

jésuites, elle répéte qu’il est plaisant de voir les libéraux exhumer les vieux arréts du dix-huitieme siécle, comme si ce monument de proscription ett seul mérité de rester debout au milieu de toutes les ruines! D’ailleurs, est-ce que la Charte royale ne garantit pas la liberté des opinions avec la liberté de conscience’. Est-ce que la Charte ne reconnait pas des droits egaux pour tous les citoyens francais, libres de vivre a leur maniére ? 1 Enfin elle défend si hautement les jésuites, que les libéraux appellent cette défense «un débordement de colere, des cris de rage, des appels a la guerre civile *. »

Puis, elle fait tant que le Constitutionnel et le Courrier sont traduits en justice, d’aprés la loi du 25 mars 1822 *, par le procureur général Bellart, pour « attaques systematiques a la religion de l’Ktat, » dans trente-quatre articles, du 2 mai au 25 juillet 1825. Et, lorsqu’aprés des débats qui tiennent la France en suspens, parce que la lutte religieuse prend aspect d’un conflit judiciaire, les graves magistrats, mis, eux aussi, en gotit de popularité, sous le nom de gallicanisme, prononcent Vacquittement des journaux, les engageant seulement a étre plus circonspects 4 l’avenir *, cette décision solennelle, les évéques, peu leur importe qwils soient censurés par les cours royales, la poursuivent de leurs protestations les plus énergiques :¥#« Pourrions-nous, s’écrie, dans une Lettre pastorale ’évéque de Nancy, Mer de Forbin-Janson, ne pas répéter le cri d’alarme depuis les honteux scandales et les nouveaux triomphes que, dans un procés d’une célébrité désolante, les zélateurs de cette. secte impie viennent d’étaler aux yeux de la France et du monde entier?... » Il montre ainsi ce qui est, a savoir, que le parti libéral a eu l’art d’exploiter a

217, 237, 251, 154, 156, 186, 202, 266, 267, 300, 332, 349 363, 368, 878, ete. ; ae V. sur toutes ces polémiques le Mémorial cathoaque.

> Castellane, Journal du maréchal de Castellane, u 256, 17 juillet 1826. sack

* Cette loi était venue accorder a la religion de-l’Etat la protection que ne lui assurait pas la loi du 17 mai 1819. Elle portait une peine sévére contre quiconque, par la voie de la presse ou par tout autre moyen de publication, Yaurait outragée ou tournée en dérision et outragé publiquement, a raison de ses fonctions ou de sa qualité, un de ses ministres.

* Arréts de la Cour de Paris, 8 et 5 décembre 1825.

“son profit les préjugés régaliens de ves magistrats,

restes jansénistes et gallicans de nos vieux corps de judicature ‘.

Que fait-elle encore? Elle multiplie les mandements sur tous les maux présents, contre l’audace de l’'impiété, contre les mauvais journaux, contre la réimpression du Tartufe d’une part, et d’autre part en faveur des écoles chrétiennes, des missionnaires, des jésuites et du clergé* : mandements qui portent coup, puisque les grands hommes du Journal des Débats les couvrent du venin de leur amertume, disant que, dans les mancements de caréme, la France est traitée, tantét de peuple monsire, tantédt de peuple athée, a propos de beurre et d’wufs!

Que fait-elle encore? Elle s’adresse au roi, elle réclame la protection de la Charte, avec un mot de justice qui fasse taire ses détracteurs : « Sire, les évéques de France n’ont ni émissaires, ni inquisition, ni journaux. Un seul lien les unit : cest leur devoir. Ils marchent dans la route toute unie de la vérité et de la justice : voila la confédération des évéques *! » A la tribune de la Chambre des députés, Mgr de Frayssinous fait la méme protestation : « Nos quatre-vingts évéques, dit-il, n’ourdissent point une vaste conspiration contre ’ Etat; leur langage est aussi sage que leur charité est sincére *. » Personne ne le dément, parce que personne n’est capable de le démentir.

Pour le comte de Montlosier, cet antique défenseur du tréne et de l’autel a l’Assemblée constituante de 1789, cet auvergnat qui réve et qui est troublé de son réve et qui épouvante tout le monde de son trouble, elle montre, dans une

-foule @écrits *, que ce fougueux cerveau est en proie au désordre ; dans les revues, elle montre

que c’est avec un rire moqueur que tous les faiseurs de bruit applaudissent aux efforts de ce vieux gentilhomme, qui n’a pas acquis méme assez d’expérience pour découvrir les mépris de la Révolution dans ces bruyants témoignages 6° ; enfin dans les journaux elle se contente de dire qwil est fou. Et, lorsqu’en 4826 Vobstiné vieillard

a transformé son Mémoire a consulter en une

Dénonciation adressée a la Cour royale, qui se déclare incompétente

7, et lorsqu’en 1827 il a

4 De méme, dans son mandement de caréme, en février 1826, Mgr de Boisville, évéque de Dijon. j

2 V..particuliérement le mandement de caréme, 15 janvier 1826, de Mgr Clausel de Montals, évéque de Chartres, et celui de Mgr Devie, évéque de Belley, en février

3 Lettre de l’évéque d’Orléans au roi, le 31 décembre

418 mai 1827. Moniteur, 1827, 1, 820.

5 Citons-en quelques-uns : Réfutation complete du Mémoire de M. de Montlosier, par M. Saintes, en vingt-trois chapitres ; Réflexions sur le Mémoire a

-consulter de M. le comte de Montlosier, par M. le

vicomte de Bonald ; Réfutations de quelques opinions avancées dans le Mémoire a consulter, par Mme la comtesse de Bradi; L’anti-Montlosier, par M. Birotteau; Apologie du clergé ou Montlosier réfuté par lui-méme, etc.

6 Mémorial catholique, v1, 99-118.

7 Le 18 aotit 1826.

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