IV. — Essais d’explications plus ou moins savantes
La premiére est celle d’Allan-Kardec et des spirites en général. — La création n’est autre chose que l’éternelle évolution de Dieu formant — Vinfinie variété des étres qui peuplent lunivers. Parmi ces étres se trouve Phomme, composé d’un corps matériel, puis d’une ame immatérielle ou esprit incarné transitoirement dans ce corps, et enfin d’un principe semi-matériel, éthéré, astral ou aérien qu’ils appellent perisprit, parce qu’il enveloppe lVesprit. — Au moment de la mort, le corps étant détruit, ’&me conserve son enveloppe intermédiaire qui lai permet de se manifester & nous d’une maniére visible, tanté6t sows la forme humaine, ce qui est rare, tantot par des phénomenes physiques ou sensibles de rotation, de translation | dobjets, de lumiére ou de sons, qu’elle peut opérer bien plus facilement qu’auparavant, parce que étant plus libre elle est plus forte, tantét enfin par des communications intellectuelles, jusqu’a ce qwenfin aprés cette épreuve de vie errante elle reprenne une autre vie plus parfaite.
Les preuves quwils donnent de leur systéme sont les suivantes : 4° les apparitions, manifestations et opérations des esprits sont indéniables (ce qui est parfaitement vrai); 2° ce sont ces esprits euxmémes qui ont révélé bien des fois toute 1a doc-— trine spirite (c'est encore vrai), et ces esprits en savent plus long que nous et n’ont aucun intérét & nous tromper (c’est ce qui reste & examiner) ; 3° leurs déclarations sont parfaitement conformes & la raison (c’est ce qui peut encore étre contesté).
Deux choses donc sont & examiner. 1° Ces esprits sont-ils vraiment les Ames des défunts et n’ont-ils aucun intérét & nous tromper? — Que VPagent mystérieux connaisse exactement le nom, Page, Pécriture, les habitudes, les relations de la vie terrestre du défunt sur lequel on veut se ren-
-seigner, cest possible, c'est réel méme, d@’autant
plus qu’il peut imiter sa voix et son écriture dune maniére troublante, mais c’est tout ce qu’il y a de certain. Gependant est-ce bien lui? Voila ce que rien absolument ne prouve ; plusieurs fois il Va
affirmé ; plusieurs fois aussi il l’a nié. N’est-ce done pas au contraire un mauvais esprit qui cherche 4 séduire par des apparences trompeuses de bien et 4 entrainer dans le mal avec lui, et dans le méme malheur que lui? ,Voila- sur quoi pese une terrible incertitude, car on ne prouyera
cela a été prouvé plusieurs fois, sont d’une habi-
une souveraine imprudence de le croire sans preuve et de se fier 4 lui.
20 Les déclarations des esprits sont-elles parfaitement conformes 4 la raison ? — Il n’est pas de secte qui n’ait prétendu se conformer rigoureuse-
ment a la raison. Tous les hérétiques, tous les
rationalistes, tous les panthéistes, tous les déistes, et méme tous les athées l’ont affirmé également ; et cependant la vérité est une, le catholicismeseula
fait ses preuves et a donné des arguments irréfu-
tables. Aussi saint Paul nous dit-il que notre foi est raisonnable. Quand donc le spiritisme nous aura donné autant de'preuves indéniables et fourni autant de martyrs, et opéré autant de miracles absolument certains et qu’aucun mauvais esprit ne soit capable @imiter, nous pourrons le croire; or le spiritisme est précisement, et avant tout, la négation du catholicisme : done il n’est pas la vérité; de plus, il est rempli de contradictions, et la vérité ne se contredit jamais clleméme : il n’est donc conforme ni a la raison, nia la vérité.
Qe explication : La supercherie simple ou scien-
tifique. —Tly a sans doute beaucoup d’effets qui
sont pures supercheries de la part des médiums,
dont guelques-uns par un coup de pouce, par
exemple, habilement et subtilement donné, comme
leté extréme a faire tourner des tables ; il\en est d’autres qui, par une entente secréte avec un ou
- deux compéres, produisaient des effets qui stupé-
fiaient une assemblée ne se doutant de rien: — Il
est d’autres effets qui peuvent provenir aussi de
certaines ruses scientifiques ; ainsi on peut tres
bien avec Vélectricité, sans aucune diablerie, faire
une table tournante : il suffit d’introduire dans un pied de table creusé un élément de pile Leclanché, de forme ramassée et dissimulée, et au milieu de poser un électro-aimant de maniére qu’un des bouts du fil de cet électro-aimant communique avec un des péles de la pile ; la partie infé¢rieure du plateau doit dans ce cas étre évidée, de maniére 4 ce que la couche supérieure du bois soit trés légére, et voici alors ce qui se passe : lorsgu’on appuie légerement sur la table, le couvercle fléchit, et ’électro-aimant donne un coup sec, on eroit que c’est le pied de la table, et il en donnera autant de fois qu’on appuiera; en faisant glisser légérement la main sur la table, on fait fléchir successivement le couvercle sur une certaine partie de la circonférence, et alors le coup sec est
- remplacé par un roulement, plus ou moins éner-
gique et serré. On pourrait méme actionner la table a distance en faisant passer les conducteurs
‘sous les tapis de. la salle et communiquer avec une
pile dont un compére placé dans une chambre voisine fermerait opportunément le circuit. Enfin en substituant a V’électro-aimant un petit récepteur teléphonique et a la pile ordinaire un systeme micro-téléphonique, on transformerait les esprits frappeurs en esprits parleurs : il suffirait au com-
AMI DU CLERGE jamais que c’est bien lesprit du défunt; c’est donc
TERT Cay hating RO gs ee te a PENTEL PRY Y
pére pour compléter Villusion de prendre une voix sépulcrale. (Journal La Naiwre, revue des sciences, 16 février 1884).— Mais qu’on estloin de tout expliquer par la! Ce peuvent étre 1a des jeux de salon ; mais il est certain que dans toutes ou au moins presque toutesiles réunions de spirites on ne recourt pas a des supercheries de ce genre, et ailleurs, dit le P. de Bonniot, « ce qui surprend ce n’est pas le mouvement circulaire ‘d’une table, qui ne demande pas de grands efforts d’esprit pour étre expliqué; c’est lorsqu’une intelligence, et une intelligence supérieure a celle des médiums et des expérimentateurs’ se manifeste, en usant des objets sensibles d’une maniére inaccoutumée pour se mettre en rapport avec d’autres intelli-gences, que le probleme devient sérieux et embarrassant : la question revient alors a chercher quelle est cette puissance. » ;
3¢ explication : La théorie de Vhallucination et des forces qui en découlent. — « Par suite dela tension cérébrale, dit M. Figuier, et d’une forte contention morale, Vindividu tombe dans cette passivité automatique qui constitue. le sommeil nerveux ou ila perdu la puissance de diriger et de contréler sa propre volonté; et privé du secours de son propre jugement, il ne sait au juste ni ce qu'il fait, nice qu’il a fait, nice qu’il a vu; il est sous le charme d’une sorte de suggestion et il ne faudrait pas s’étonner si, chez un assez grand nombre de tourneurs de tables, hallucination a survécu a l’expérience et s’est transformée en folie définitive. » Kt ailleurs: « Dans une réunion de personnes fixement attachées pendant vingt minutes ou une demi-heure 4 former la chaine, les | mains posées a plat sur une table, sans avoir la liberte de distraire un instant leur attention de Vopération 4 laquelle elles prennent part, le plus grand nombre n’éprouve aucun effet particulier, mais il est bien difficile que Pune d’elles, une seule sil’on veut, ne tombe pas pour un moment a |’état hypnotique, et n’ayant plus conscience de ses actes, n’ayant d’autre pensée que la rotation de la table, n’imprime a son insu le mouvement au meuble, en déployant une force musculaire relativement considérable, et la. table s’élance, et aussitot toutes les personnes composant la chaine se levent et suivent ses mouvements, autrement dit font marcher la table en croyant seulement la suivre. L’individu hypnotisé 4 son insu répond aux questions et aux ordres qui lui sont donnés en inclinant Ja table ou en lui faisant frapper des coups conformément aux demandes. Revenu ensuite a son état naturel, il a oublié tous les actes accomplis. » Comme il faut avoir la forte dose de crédulité d’un savant, pour simaginer avoir résolu ainsi toutes les difficultés, quand toutes restent encore et qu’on n’a parlé
que des plus légéres! Et les autres qui, eux, ne
sont pas hypnotisés, et les assistants qui se contentent d’observer attentivement, comme il les prend pour des benéts! Vraiment ce serait a croire que la science, quand elle n’est pas accom-
«GOK ae
-VAMI DU CLERGE:
fait perdre le bon sens.
Ae explication : La théorie des mouvements in- ‘conscients et des vibrations inconscientes provenant de forces physiques connues ou inconnues. — Dela jonction des mains appuyées ou méme non appuyées sur les objets, il peut se dégager -gans aucun effort musculaire une force capable de mettre en mouvement les objets les plus pesants et de faire rendre des sons provenant de ces objets, ou d’en faire jaillir de la lumiére. Crest la la conclusion de la commission des docteurs anglais dont nous avons parlé plus haut (p. 335). « ILexiste, disent-ils, une force capable de mouvoir des corps pesants sans contact matériel immédiat, force qui dépend, d’une maniére inconnue, de la présence d’étres humains, force qui doit étre augmentée considérablement si elle est dirigée avec intelligence; le comité a done ac- ‘quis d’une maniere certaine la preuve de son existence. »
M. Cheyreul dit de son cété : « Si Pon suppose que plusieurs personnes aient les. mains sur une table, @aprés ma maniére de voir, elles se représentent la table tournant de droite a gauche ou de gauche a droite, puisqu’elles se sont placées pour étre témoins de ce mouvement ; dés lors, a leur insu, elles agissent pour imprimer a la table le mouvement qu’elles se représentent ; si elles n’agissent pas dans le méme sens, il pourra se faire qu’il n’y ait pas de mouvement, et cest ce que j’ai observé; ou bien la volonté des unes sera plus forte que la volonté des autres, surtout si ces derniéres sont moins
- nombreuses, alors le mouvement pourra se pro-
duire, mais il aura bien plus de chance si toutes les volontés sont d’accord. », MM. Babinet, de l'Institut, et Faraday, de la Société royale de Londres, admettent la méme théorie. D’autres encore cherchent a Vexpliquer par la tension de la volonté cui, sans le savoir méme, donne alors au sang, aux nerfs, aux muscles et aux objets quils touchent un mouvement d’autant plus grand que la tension est plus forte. — Assurément cette explication qui a au moins le mérite d’étre faite avec la modestie qui convient a de vrais savants, stirs Wignorer encore plus de choses guils n’en connaissent, a bien sa probabilité, mais seulement pour le simple mouvement des tables ou autres faits analogues, quoique ce ne soit guere apres tout qu’une conjecture, qu’on ne peut pas prouver certainement, mais dont on ne peut pas démontrer non plus la fausseté.
Il est certain au moins qu’elle ne s’étend point aux faits en contradiction certaine avec des lois naturelles bien connues, et encore moins aux phénomenes moraux et intellectuels que ne pourront jamais produire des forces simplement physiques connues ou inconnues.
5° explication : La théorie du fluide vital ou de Vinflux nerveux, joint a la force psychique. — Cest le systeme de M. de Gasparin, de M. Maury
pagnée de la foi chrétienne qui donne Vhumilité, et autres. « La table interrogée, écrit M. Maury,
ne répond jamais 4 l’expérimentateur que ce qu’il
croit ou ce qu’il a dans V’idée. Si on demande a
une table ’heure qu’il est, le contenu de sa bourse ou les prénoms d’un ami, la table répond ce que vous savez, ce prétendu meuble prophétique réfléechit vos idées, vos craintes, vos espérances; le croyez-vous mt par le démon, il vous tient une conversation diabolique ; vous imaginez-vous quwun étre invisible, mais bienfaisant, se manifeste a ’aide de ces frappements, vous ne recevrez que des réponses édifiantes. 1 y a des gens qui
ont cru que leur table avait dicté un roman, un —
morceau de musique, une chanson, et ces compositions se sont trouvées étre du méme style et du méme esprit que les ceuvres de l’expérimentateur ; il n’y a pas jusqu’aux défauts de crammaire et d’orthographe habituels chez celui qui interrogeait la table qui ne se soient retrouvés dans les compositions de celle-ci. ILest done évident que ceux qui font tourner les tables se renvoient leurs propres pensées : il y a la un mouvement réflexe non par la moelle, mais par la table. » — Quant aux faits extraordinaires de lumiére, de lévitation, etc., qui semblent en contradiction avec les lois de la nature, ces savants donnent simplement Vexplication suivante : il ny a point ici de contradiction, il y a force inconnue seulement. La matiére attire la matiére, par exemple, c’est un principe incontestable dont nous voyons a chaque instant la verification; mais nous pouvons supposer accidentellement l’existence d’une force attractive ou dune force impulsive plus intense que celle de la terre, qui souléve un instant le corps humain ou une table et les retient en lair ; la loi de la gravitation universelle n’est pas violée, car on peut la formuler ainsi : tous les corps sont attirés vers le centre de la terre tant quw’ils ne, sont pas attirés par une autre force plus intense que celle de la masse terrestre. .
Nous ne nierons point qwil n’y. ait dans ce sys-
téme quelque ingéniosité. Malheureusement pour lui, en voulant tout expliquer, il tombe presque toujours a faux. Assurément sous l’influence d’une vive émotion nous produisons, méme sans le savoir, des mouvements qui répondent a Vétat de notre esprit, et dans ce cas il ne nous semble pas impossible de mettre une table et d’autres objets en mouvement, mais comment supposer que ma main et d’autres mains posées 4 plat sur la table puissent la faire frapper ou la soulever en lair ? Il peut y avoir des faits de lévitation scientifiquement explicables, mais ce n’est pas celui-la, a moins que des mains se placent aussi sous la table pour la soulever, ce qui est arrivé quelquefois, et alors il n’y a besoin d’aucune explication savante. « Comment voulez-vous, écrivait 4M. Moigno Vingénieur Seguin, le 24 mai 1853, lorsque la table touchée trés légérement: du bout des doigts fait un effort contre ma main au point de la repousser et de la briser presque si je veux résister, que cette méme main lui communique une impul-
sion capable d’un pareil effort quand au contraire je veux l’arréter, et comment voulez-vous aussi que j’accepte une oto itatian de cause physique et naturelle? »
Mais surtout ce fluide vital. ou cet influx nerveux, méme poussé par une force psychique, explique-t-il ce qui est écrit au crayon avec une vitesse vertigineuse et dans des circonstances impossibles ? Explique-t-il ce qui est dit ou écrit ou signifié contrairement a toutes les idées de l’expé- -Timentateur ou des expérimentateurs, ou qwils ne connaissaient pas et ne pouvaient connaitre ni méme soupconner? Disons plutdt que cela n’explque absolument rien au moins des faits extraor-
dinaires que nous avons signalés.
6° explication : La théorie de Vélectricité. — Il en est qui veulent tout expliquer par l’électriciteé, M. de Rochas entre autres. L’électricité, en effet, ne produit pas seulement le mouvement, mais encore la lumiere, la chaleur, le magnétisme peutétre et les phénomeénes chimiques, de sorte que bien des physiciens, non cependant sans. étre fortement contredits par Vautres, Vont considérée comme la force fondamentale de la matiere, et veulent expliquer par la l’activité musculaire sensitive, motrice et organique, Ventente mutuelle entre les animaux, l’attraction entre les sexes différents, etc. Or, d’aprés Zellner, tous les corps contiennent intérieurement des forces électriques qui, tout 4 coup déchargées, seraient capables de surpasser les effets d’une charge de dynamite; et M. du Bois-Reymond a constaté l’existence d’un courant électrique non seulement dans les muscles et les nerfs, mais encore dans les organes in- térieurs du corps humain, et ila trouvé que tout muscle est un électro-moteur; on sait aussi qu’aujourd’hui l’électro-thérapie met a contribution les influences de l’électricité pour traiter certaines maladies. — M. de Rochas cite plusieurs personnes dont les vétements, par leur attouchement ou méme par leur simple rapprochement, suffisaient pour soulever des meubles ou les mettre en danse, et les médecins attribuaient cela a Vélectricité dont ces personnes étaient chargées ou naturellement, ou par différentes causes qui ‘Pavyaient développée; et-pour confirmer son appréciation, il cite 4 l’appui des effets de foudre a peu prés semblables. — Et Vabbé Poussin (Spiritisme, p. 146 et suiy.) cite tout au long Vhistoire d@ Angélique Cottin ou la fille électrique dont les vétements, par leur attouchement ou leur approche, renversaient des guéridons et des chaises avec ceux qui étaient assis dessus et projetaient des jets lumineux, soulevaient des lits de campagne et des huches ou trois personnes étaient assises. On la disait ensorcelée, mais monsieur le curé de sa paroisse vit bien que ¢’étaient des effets Vélectricité, et il le fit constater par des médecins et M. Arago lui-méme, et elle put enfin étre guérie par des remédes naturels.
Remarquons d’abord que les personnes pouvant produire ainsi des effets électriques sont trés
rares, tandis que les personnes pouvant servir de médiums pour le spiritisme sont loin d’étre. rares. — Remarquons en second lieu que cette, explication par Jélectricité n’est aprés tout gqu’une simple conjecture que rien ne ee — Remavrquons en troisiéme lieu, qu’elle n’expliquerait que les mouvements des tables, des chaises, des harmoniums, etc., avec certains jeis de lumiére et certaines émissions de sons; mais combien de phénoménes | resteraient inexpliqués tous ceux ot l’on verrait clairement que l’électricité n’y est pour rien, tous ceux qui sont évidemment contraires 4
la nature, et tous les phénomeénes moraux et intellectuels, c’est-a- -dire la plus grande partie des faits spirites !
Puisque aucune des explications données, par les spirites ou les sayants n’est tant soit peu concluante, il nous, faut recourir 4 la solution théologique qui sera, nous l’espérons, satisfaisante.
(A suivre)..
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QUESTIONS de science ecclésiastique CONSULTATIONS DIVERSES
Q. — Je vous demande la permission de recourir a vos lumiéres pour une difficulté qui s’éléve dans notre chapitre au sujet de l’Indult de Léon XJII concernant les offices votifs (juin 1883).
Cette faveur de pouvoir substituer aux offices de presque toutes les féries les offices des saints anges, des apotres, etc., était restreinte, quant aux chapitres, 4 une faculté d’option et d’approbation épiscopale.
Or vers 1898, 6époque ot le chapitre de N. eut communication de l’Indult, quelques membres du chapitre, per-
suadés que la faculté d’opter était restreinte 4 un temps
limité (trois mois ou un an) et peu disposés d’ailleurs a abandonner les anciens usages, ne se souciérent pas duser dune faculté qui allait les lier eux et leurs successeurs. Assez pacifiquement et sans délibération proprement dite, on résolut de s’en tenir a l’ancien état de choses. On avait déja un double indult dont on se contentait : indult pour le jeudi et le samedi, et indult qui dispensait de la seconde messe les jours de féries.
Aujourd’hui de nouveaux éléments qui sont entrés dans le chapitre demandent quwon revienne sur cette détermination. Ils sont en majorité, mais il y a des opposants.
Ces derniers prétendent que le temps de Voption étant écoulé, les anciens sont en droit de s’opposer a toute innovation. De plus, ils déclarent ignorer si l’Indult accordé pour les dispenser d’une autre messe les jours fériés, continuerait 4 avoir son effet, vu que cet Indult est antérieur au décret de 1883. Enfin, ils demandent que les chanoines prébendés, dispensés par le Souverain Pontife de la résidence, mais demeurant dans le diocése, soient convoqués a la séance capitulaire ou le droit d’option sera mis en délibération.
Ein conséquence, plusieurs de nos confréres seraient heureux et bien reconnaissants de connaitre votre sentiment, le pius promptement possible, sur ces trois questions :
Jo Y a-t-il eu réellement, comme plusieurs l’ont soutenu, un délai fixé pour la faculté d’option des offices
: a.savoir,
a certaines lois bien connues de
LAMI DU GLERGE
- yotifs? Le chapitre peut-il encore profiter de la faculté Woption ?
2° Le chapitre votant pour Vadoption des offices votifs sera-t-il obligé de recourir Aun autre Indult pour la dispense des deux messes, bien que l’Indult, antérieur au décret, ait été renouvelé plusieurs fois, sans changement de termes?
3° Y a-t-il nécessité ou du moins haute convenance de ne prendre aucune détermination au sujet de Poption des offices votifs qu’aprés avoir prévenuet convoqué les chanoines dispensés de la résidence, quand ils demeu- ‘rent dans le diocése, 4 une distance plus ou moins éloignée de la ville épiscopale?
R. — Ad I. Le décret.du 5 juillet 1883 porte :
.« Quoad choralem quidem recitationem, de consensu capituli seu communitatis ab Ordinario semel pro semper approbando 1. »
Dans ce décret, aucun terme n’étant fixé pour Vadoption des offices votifs, il s’ensuit que tout chapitre qui ne lesa pas encore adoptés peut les adopter quand ille voudra.
Comme. confirmation de cette interprétation canonique, nous pouvons citer tine décision du 24 novembre 1899: « Il. An in diwcesibus ubi
officia votiva pro singulis hebdomade diebus de-
creto 5 julii 1883 concessa, non fuerint adoptata, possint ulterius semel pro semper eligi? — Resp. Ad Il. Affirmative, juata ipsum Decretum generale. »
Ad I. Il nous semble que V’adoption par le chapitre des offices votifs ne rend pas nul l’indult
accordant dispense d’une seconde messe pour les féries. En somme, adoption par le chapitre ou par tel prétre en particulier des offices votifs n’influe en rien sur Vordo diocésain et laisse aux féries leur qualité de féries.
Ad III. Le pape exige le consentement du chapitre: de consensu capituli. Or, les chanoines prébendés, dispensés de Voffice par un indult du Saint-Siége, font partie du chapitre comme les
autres chanoines. D’ailleurs, la question les intéresse aussi. Il peut se faire que leur dispense cesse avec des circonstances meilleures et alors ils seraient tenus a l’office. Comme l’option est perpétuelle, ils doivent donc étre appelés 4 se prononcer sur cette question.
Q.— Pourquoi! Ami, dans son numéro du 8 septembre 1898, ne fait-il pas remonter le jeine des Quatre-Temps aux temps apostoliques ? Le bréviaire romain du 14 octobre et les Bollandistes du méme jour le disent pourtant assez clairement.
R, — Il n’y a aucune contradiction entre ce que nous avons dit en 1898, p. 808, sur Vorigine du jetine des Quatre-Temps, et ce qui est dit dans le Bréviaire romain, au 14 octobre, féte de saint Calliste, pape et martyr. Voici ce que nous avons dit, en résumant les recherches de Thomassin: « Ce jetine (des Quatre-Temps) remonte trés haut, mais non jusqu’aux premiers temps. On ne le voit géné-
ralement en usage que sous saint Léon le Grand. »
‘Ily a trois idées émises : 4 le jefine des Quatre-
Tempsn’est pas obligatoire autemps apostolique;— 20 il est d’un usage général sous saint Léon le . Grand (440-461) ; — 3° bien longtemps avant saint Léon, le jetine des Quatre-Temps est tenu pour obligatoire dans certaines parties de ’Hglise. Ces trois idées se trouvent certainement énoncées dans les phrases que nous avons citées.
Que dit le Bréviaire romain au passage cité?
« Callistus Romanus prefuit Ecclesiae Antonino Heliogabalo imperatore. Constituit quatuor anni tempora, quibus jejunium ex apostolica tradttione acceptum ab omnibus servaretur. » Rappelons que saint Calliste Ier gouverna l’Hglise depuis 221 jusqu’au 14 octobre 227.
Du texte du Bréviaire nous tirons ces trois conclusions : 4°. Le jetine des Quatre-Temps n’était
pas obligatoire aux temps apostoliques, bienquwily ~
futconnucomme pratique de dévotion; autrementle | pape Calliste n’aurait pas pu en faire un précepte. 20 Le Pape a bien établi une loi imposant le jetine des Quatre-Temps. 3° Il l’a voulue obligatoire pour tous. — Dans tout cela, rien quicontredise nos trois propositions. Car de ce que le Pape ait voulu imposer 4 tous l’obligation d’observer les Quatre-Temps, il ne s’ensuit pas que de suite cette loi ait été adopiée. Les auteurs que nous avons suivis démontrent le contraire. D’ailleurs pour quiconque étudie dans leur formation toutes les lois ecclésiastiques des premiers siécles, il est facile de comprendre que cette loi, comme les autres, n’a pas été formée tout d’une piéce et n’est pas passée tout d’un coup dans la pratique universelle. Loin de la, ces préceptes ont d’abord été transmis par la tradition orale et pratiqués avec plus ou moins de rigueur dans toutes les parties de l’Eglise, jusqu’a ce que la pratique romaine finisse par s big os: a tous.
Q. — Que faut-il penser de Association de Notre- Dame des Sept-Douleurs pour la conversion des pécheurs ? Son siége principal est 4 Cette. Un prétre, M. Vabbé Olive, en est le directeur et le zélé propagateur.
R. — D’aprés une notice que nous avons sous les yeux et qui est datée de 1891, M. l’abbé Olive déclare quwil envoie 4 Rome au secrétaire général de l’archiconfrérie les noms qui lui sont donnés, en attendant qu’une chapelle soit érigée en Vhonneur de Notre-Dame des Sept-Douleurs 4 Boulleret (Cher) pour étre le siége d’une confrérie.
On voit par 1a qu il s’agit simplement d’un pouvoir personnel Vinscrire accordé 4 M. l’abbé Olive parte Prieur général de l’ordre des Servites. Tout prétre peut en obtenir un semblable en s’adressant au couvent des Servites, via San-Marcello, 20, Roma. Taxe 1 fr.; agence 3 fr. 1
* Annuaire pontifical, 1899, p. 507.
-— De tous cdtés on écrit et on soutient depuis - quelques. mois que le xtx° siécle finira le 31 décembre 1900, et’que le xx* ne commencera que le 1°" janvier 1901: Dans son n° du 28 décembre 1899, Ami du Clergé, aprés avoir cité, 4 la page 1180, un décret de la Sacrée
Congrégation des Rites, ajoute ces paroles : « La Sacrée Congrégation des Rites déclare que l’année qui va com- ~ mencer sera la derniére du xrx° siécle, et que celui-ci - finiva le 81 décembre 1900. C’est la solution du bon sens eton ne comprend pas que la question ait pu étre - controversée. »
Javoue que ce passage de l’Ami, ordinairement si
¢lair et si exact dans ses décisions, m’a beaucoup sur-
pris. Il ne s’agit pas, dans ce décret, d’une déclaration doctrinale faite par Rome, dune vérité que lEHglise veut nous faire connaitre et nous obliger 4 croire, mais seulement d'une faculté que le Saint-Pére accorde pour les deux nuits : 1° celle du 31 décembre au 1°" janvier 1900, 2° celle du 31 décembre 1900 au 1*" janvier 1901, les deux 4 minuit. S’il s’agissait dune décision doctrinale, je me soumettrais de grand coeur, méme sans comprendre ; mais, grace a Dieu, il n’en est pas ainsi, je suppose. :
C’est pourquoi je demande humblement a PAmi du Clergé la permission de Iui exposer ma maniére de voir sur cette question : Quand finit le xrx° siécle ? Car je ue suis pas encore convaincu qu’il finira seulement au 381 décembre 1900, mes contradicteurs dici, ni méme VAmi du Clergé wayant pas encore réussi a m’en convaincre. Vous le voyez déja, avec d’autres; j’ai prétendu et je prétends encore que le xix® siécle a été fini le 31 décembre 1899 4 minuit, et que Ile xx siécle a commencé aprés ce méme minuit, ou le le" janvier 1900.
Quelques notes préliminaires :
Ie L’ére chrétienne a été fixée au vie siécle par Denys le Petit, qui vivait 4 Rome vers Van 540, et elle a été -admise par l’Hglise, telle qu'il la fixa, sauf le petit changement qu’y fit Grégoire XIII en 1582, et qui ne tire pas 4 conséquence pour mon calcul. En fixant l’ére - chrétienne, le moine Denys la commenga 4 la naissance - de Notre-Seigneur, ou plutét, par suite dune erreur - consacrée, quatre ou sept ans aprés cette naissance. - Puisqwil s’agit d’une erreur consacrée et que l’Eglise adopte I’ére chrétienne fixée par le moine du vyr° siécle, -faisons comme I’Hglise ef négligeons ces quatre ou sept
ans d’erreur consacrée, et admettons avec Denys le
Petit et avec ’Hglise que Vére chrétienne commence a
la naissance de Notre-Seigneur.
9° En faisant le comput des années, d’aprés cette ére chrétienne, chaque année, au 1 janvier, nous ajoutons une unité d’année au chiffre des années précédentes :
y. g. depuis le 1 janvier 1899 jusqu’au 31 décembre ~ suivant, nous avons toujours dit : tel quantiéme de jour,
tel quantiéme de mois 1899; le lendemain 1°" janvier,
‘nous avons dit : 17 janvier 1900. Maintenant, quand on - fait cette question : quand finit le x1x° siécle? on entend
par 1a demander si le x1x* siécle a fini le 31 décem-
bre 1899 a minuit, ou bien s/il finira seulement le
31 décembre 1900. En d’autres termes, on veut savoir si
Punité dannées ajoutée le let janvier 1900 aux 1899
qu’on avait la veille = 31 décembre 1899; si cette unité,
dis-je, désigne une année commengant en ce jour ou - bien une année compléte finie la veille. A cette question, beaucoup de personnes répondent, avec lAmi du
Clergé : elle désigne une année commencée, le simple
bon sens le dit, car évidemment 1900 ans ne seront
finis qu’au 31 décembre 1900. D’autres, leurs contradicteurs, guorum unus ego sum, disent : elle désigne un an complet, fini au 31 décembre 1899, 4 minuit, # 3° En conséquence, je dis que : au 1° janvier 1900 (sans attendre le 31 décembre 1900), le xrx° siécle était fini depuis minuit, et-le xx¢ siécle commencé également depuis ce minuit. On me diva : Voila une affirmation ! il faut des preuves!... soit. Les voici :
Jo L’ére chrétienne commence a la naissance de Notre- Seigneur. Je remonte a la naissance de Notre-Seigneur, c'est-a-dire au moment ot il naquit & minuit, dans la
bf wh
2 de PAMI DU CLERGE du 34 Mai 190
as) NOY Ta Teta: iw.
oN eed =
. f “ = . . u iG, nuit du 31 décembre au 1° janvier. (Ceci pour le comput
en question, car, de fait, Notre-Seigneur est né quelques
jours plus tét, le 25 décembre..., tout le monde sait et admet cela pour le méme comput). Et je dis naissance, Notre-Seigneur avait: 0 an, 0 mois, 0 jour. b) Au jour de la Présentation = 0 an, 1 mois, 2 jours. — N.-B. Au it janvier, j’écris : zéro année, 0 mois; 0 jour. Jour inachevé. ;
2° Aprés douze mois finis, = 81 décembre a minuit, Notre-Seigneur — un an complet fini, et le lendemain, ier janvier, je dis : Notre-Seigneur a un an complet, dés aujourd’hui, sans attendre le 81 décembre suivant. Le premier an de Notre-Seigneur’ ayant fini au 1¢* janvier
depuis minuit, le deuxiéme an de Notre-Seigneur est également commencé depuis minuit. J’aime a espérer
que personne ne le niera.
3° Ce que j’ai dit du ie janvier I’an un de Notre- Seigneur, savoir : que ce un an était fini depuis minuit, je puis le dire de tous les 1°" janvier qui suivront jusqu’a la fin du monde. Ce un an de Notre-Seigneur que jai écrit au 1 janvier était un an complet, substitué 4 zéro an qu’on a dit écrire pendant les douze mois précédents — 0 an, tant de mois, tant de jours... Ces mois
et ces jours formaient une partie de l’an commenceé, ’
voila pourquoi j’écrivais : zéro an, etc, Aprés le le" jan-
/ vier de l’an un (achevé), j’écrirai ’an un, plus tant de
jours, tant de mois. Ces jours et ces mois feront partie du deuxiéme an, ef au le janvier j’écrirai : l’an 2-de Noire-Seigneur, et ces deux ans seront finis au 1° janvier... au jour ol je commencerai d’écrire : V’an 2 de Notre-Seigneur.
Sans aller plus loin, je puis déja affirmer que lorsque, au 1° janvier, nous ajoutons une unité d’année
ux années écoulées précédemment, il s’agit d’un an déja fini, sans attendre le 31 décembre suivant '.
40 J’ai dit plus haut qu’on pouvait affirmer la méme
chose de tous les 1 janvier subséquents : En ce jour —
on ajoute un an au chiffre des années énoncées la veille
ou le 81 décembre. Kt cet an ajouté est un an fini, écoulé.
déja... Done: Quant. au le" janvier je dis : Van 10 de Notire-Seigneur, l’an 100 de Notre-Seigneur; alors, au jer janvier, 10 ans, 100 ans sont déja écoulés! Done,
au ie janvier Van 100, le rz? siécle est fini. Donc, au-
1 janvier lan 1900, le xrx° est fini depuis minuit. Voila mes preuves : je les soumets a ’Ami du Clergé, espérant quil ne les jugera pas contraires au bon sens. Autre preuye :) NERTE L’auteur de cette lettre est né le 4 décembre 1825. Qnel Age avaii-il le 4 décembre 1899 ?
Pour répondre a cette question, je pose : lola date du 4 décembre 1899; 2° la.date du 4 décembre 1825.
Personne ne peut nier qu’au 4 décembre 1825 j’avais J d
zero année, zéro. mois, zéro jour; trois zéros que je représente par 1825 ans, 11 mois, 4 jours — le 4 décembre 1825. Est-ce contre le bon sens ?
Opération : 1° 1899 ans, 11 mois, 4 jours, que je pose, jour actuel. 2° 1825 ans, 11 mois, 4 jours, que je soustrais, jour de ma naissance : 74 ans, 0 mois, 0 jour, reste aujourd’hui, 4 décembre 1899.
Done, au 4 décembre 1899, j’ai eu 74 ans complets, ni plus, ni moins.
Aujourd’hui, 18 février 1900, quel est mon 4ge? Pour le savoir, j’opére de méme : 1° 1900 ans, 1 mois, 18 jours, jour actuel ; 2° 1825 ans, 11 mois, 4 jours, jour de ma naissance : 74 ans, 2 mois, 14 jours, reste aujourd hui 18 février 1900.
J’ai done 74 ans révolus, plus 2 mois, plus 14 jours, cest-A-dire ma 75° année d’age est commencée depuis le A décembre 1899.
Maintenant, appliquons ces caleuls, dont personne ne niera l’exactitude, Amoins dune distraction de ma part, appliquons-les, dis-je, 4 ’ére chrétienne commengant a la naissance de Notre-Seigneur et voyons quel dge aurait eu Notre-Seigneur au 1°" janvier 1900,
‘ Jai insisté la-dessus parce que la pen de fin de sidcle dépend uniquement de ce point de départ.
ta) Assam,
Comme ci-dessus je pose : 1° 1900 ans, 0 mois, 0 jour; 20 Naissance de Notre-Seigneur — 0 an, 0 mois, 0 jour. Restent 1900 ans, 0 mois, 0 jour. Il aurait eu 1900 ans. — 1900 ans complets. Done au 1" janvier 1900, le xrx° siécle était fini, déja écoulé.
Au 18 février 1900, quel est ’age de Notre-Seigneur? Jopére comme ci-dessus : 1° 1900 ans, 1 mois, 18 jours ; 200 an, 0 mois, Ojour. Restent 1900 ans, 1 mois, 18 jours. Tl aurait 1900 ans, ou dix-neuf siécles finis, déja écoulés, plus un mois, plus dix-huit jours. Done le x1x° sidcle est déja fini, et le xx° siécle commencé depuis un mols plus dix-huit jours, c’est-A-dire depuis le le" janvier 1900. Mais, dit-on, c’est faux! Nous ne serons au xx® siécle qu’en 1901! Voyez les livres!
Réponse : il est vrai qu’avant le 1° janvier 1901 il n’y aura pas un an complet du xx° siécle écoulé, ce qui ne veut pas dire que le xx* siécle ne commencera qwau le janvier 1901 : un an complet se compose de douze mois, et il n'est complet que lorsque les douze mois sont écoulés. Mais avant d’arriver 4 ces douze mois écoulés — un an complet, — des jours, des mois s’écoulent qui sont des parties de un an complet. Done l’an est commencé avant d’étre complet.
Or d’aprés ce qui a été dit, le un an que nous ajouterons 4 1900, quand nous arriverons au 1° janvier prochain, au jour ot nous dirons : 1901, époque ou, de Vaveu de tout le monde, nous serons dans le xx® siécle, sera un an complet représenté par zéro année depuis le ier janvier 1900 jusqu’au 31 décembre 1900, a minuit. Le lendemain nous dirons 1901, ce qui veut dire que la premiére unité d’année du xx° siécle est compléte, achevée, en d’autres termes que le xx¢ était commence depuis le Ie" janvier 1900, et le xix° siécle fini depuis le 31 décembre 1899, a minuit.
En disant tout ce qui précéde, ai-je avancé quelque erreur mathématique? Je ne le vois pas, je ne le crois pas, de fagon qu’a mon avis, mon opinion sur la fin du xixe siécle, quoique contraire a celle de beaucoup d’autres personnes, est la seule yraie, mathématiquement parlant, et celle de mes contradicteurs vraie seulement selon la maniére de parler regue par beaucoup de monde.
R. — Nous avions déja recu queiques observations concernant le commencement du xx® siécle et contredisant la solution commune. Nous les avions laissées sans réponse, trouvant que la question était suffisamment claire.
Dans cette lettre, qui nous vient d’un vieux et vénérable missionnaire de Chine, se trouve exposée la raison gui avait tout d’abord égaré Vauteur méme de ces lignes, qui a depuis reconnu son erreur et s'est corrigé.
Un mot de réponse intéressera nos lecteurs et servira a ramener (?) ceux qui persistent encore a croire que le vingtiéme siécle a commencé.
L’opération mathématique qui parait concluante au vénérable missionnaire est trés simple.
Au commencement de l'ére chrétienne, Notre- Seigneur avait 0 an, 0 mois, 0 jour; l’ére chrétienne, de méme. (On prend comme bon le comput usuel).
Pour avoir l’age de Notre-Seigneur et de l’ére chrétienne au premier jour, 4 la premiére heure, a la premiére minute de 1900, nous faisons la soustraction ef nous avons : 1900 — 0 = 1900. Donec au premier jour, 4 la premiére heure, a la premiére minute de 1900, l’ére chrétienne a 1900 ans accomplis.
Si claire qu’elle paraisse, cette solution est fausse: elle péche par la base, au point de départ.
LAMI DU CLERGE: one i a
Au point de départ, Notre-Seigneur ou J’ére chrétienne a 0 an, 0 mois, 0 jour, nombre, cardinal; mais il entre dés la premiére minute du premier jour du premier mois dans sa premiére année, nombre ordinal. Or, dans le comput des années d’une ére, d’un régne, le nombre indique VPannée courante, l’année commencée, non l’année accomplie; ce nombre est un guantieme, un nombre ordinal : Yan I n’est pas un an, mais Van premier ; l’an xxi du Pontificat de Léon XIII n’exprime pas vingl-trois années de Pontificat, mais la vingt-troisieme année courante de son Pontificat.
Durant la premiére année (nombre ordinal) de Vére chrétienne, il n’a que zéro année (nombre cardinal) ; il n’a un an complet (nombre cardinal) qu’au premier moment de la deuxiéme année (nombre ordinal).
En suivant l’ordre des années depuis la premiére, jusqu’au début de la 1900e, nous devons dire que Vére chrétienne a 1899 ans (nombre cardinal) au début de Pan 1900¢ (nombre ordinal). Pour qu’elle ait ses 1900 ans révolus (nombre cardinal), il nous faut aller jusqu’au début de 1904 (nombre ordinal).
Le défaut de la solution donnée par le respectable missionnaire consiste donc ew ce qu’il n’a pas distingué entre le nombre cardinal, qui exprime lage, et le nombre ordinal, qui exprime le quantiéme des années.
il en résulfe que son opération mathématique péche contre la loi fondamentale d’arithmétique, qu'on ne peut additionner ou soustraire que des uniiés de méme nature : d’un nombre ordinal, il a soustrait un nombre cardinal 1900 (nombre ordinal) — 0 (nombre cardinal) = 1900.
Ce vice n’existe pas dans le calcul qu’il fait de ses années. Il est né en 1825; pour plus de simplicité, accordons-lui les mois et jours nécessaires pour reporter sa nmaissance au 4er janvier. Au fer janvier 1900, il a 1900 — 1825, c’est-A-dire 75 ans faits. Dans cette soustraction, les deux nombres 1900 et 1825 sont des nombres ordinaux ou guantiemes, par conséquent des unités de méme espece.
Le reste est de méme espéce que les quantités sur lesquelles a été opérée la soustraction; le nombre 75 est done la différence quantiéme des deux quantiémes 1900 et 1825; mais cette différence des quantiémes répond au nombre des années écoulées entre les deux quantiémes et, par conséquent, elle exprime le nombre cardinal de lage. Le missionnaire a donc 75 ans accomplis.
Faisons la contre-partie de son opération. Nous le supposons né au moment précis ot finissait 1824 et ol. commengait 1825, juste entre les deux. Supposons que Dieu doive lui accorder de vivre exactement un siécle complet — nous le lui souhaitons bien cordialement. — Il n'y a pas de doute qu’il ne doive achever sa course juste 4 la jonction de 1924 et de 4925.
Or, avec sa maniére d’opérer sur deux nombres,
ee OV
Yun ordinal,-autre cardinal, i] aurait alors ou bien 99 ans, ou bien 104 ans.
Prenons 1825 comme nombre ordinal et 1925
comme nombre cardinal. — 1825, nombre ordinal,
indique qu’ii y a 1824 ans écoulés et qu’on est
dans la 41825¢ année. — 1925, nombre cardinal,
indique qu’il y a 1925 ans écoulés et qu’on est dans la 1926¢ année. — Faisons la différence entre les nombres de méme nature, c’est-a-dire entre
ites deux nombres cardinaux, et entre les deux
nombres ordinaux : nous aurons 1925 — 41824 = 101; ou 1926-— 1825 = 101. Le missionnaire aurait donc 101 ans.
Prenons 1825 comme nombre cardinal et 1925 comme nombre ordinal. — 1825, nombre cardinal, indique 1825 ans écoulés et Yon est dans la 1826¢ année. — 1925, nombre ordinal, indique 1924 ans écoulés et l’on est dans la 1925¢ année. — Opérons sur les nombres de méme espéce: nous avons 1924 — 1825 = 99, ou 1925 — 1826 = 99. Le missionnaire aurait done 99 ans. -
C’est une erreur de ce genre qu’a faite le vénérable missionnaire en prenant pour point de départ 0 an, nombre cardinal, et pour point d’arrivée 4900, nombre ordinal.
Pour arriver a une solution réguliére et exacte, il aurait di ne prendre que les deux nombres ordinaux : au point de départ, non pas zéro an, mais 4re année, ov an 1; au point terminal 1900e année, ou.anmpccca. La différence 99 lui aurait donné lage du siécle au commencement de 1900.
Il pouvait aussi ne prendre que deux nombres cardinaux : au point initial, 0 an; au point terminal 4899 ans écoulés. Il arrivait au méme résultat.
Q. — 1° Les messes pro populo doivent étre dites au jour fixé, et siimpossibilité, le plus tot possible.— Mais pour les messes de binage, est-on tenu a les dire, si on ne peut biner pendant un ou plusieurs dimanches ou fétes de précepte? La raison qu’on dessert une annexe et qu’on recoit une indemnité a cet effet, est-elle suffisante pour obliger a dire dans la semaine, ou le plus
tét possible, la messe de binage qu’on n’a pas pu direau
jour fixé?
2° Et pour les messes de fétes supprimées se trouvant dans le méme cas et devant étre dites aux intentions de Véyéché 4 moins qu’elles ne tombent un dimanche, quelles remarques peut-on faire?
R.—Ranpelons quelques principes qui vous aideront 4 trouver vous-méme la solution de vos difficultés. .
I. Un curé chargé de deux paroisses unies wque principaliter doit deux messes 4 ses paroissiens. Nous en apporterons plusieurs preuves :
4° Un décret de la S. Congrégation du Concile, du 12 mars 1774, in Lucen.:
An parochi duabus ecclesiis parochialibus prepositi, teneantur dominicis aliisque festis diebus missam in unaquaque Ecclesia sive per se, sive per alios applicare in casu?,
Rusp.: Affirmative, exceptis tantum parochiis unitis unione plenaria et extinctiva, et scribatur Episcopo juxta instructionem.
Syrah Mixer aisle A awe
LAMI DU CLERGH
Or cetie instruction portait :
Sacram Congregationem nunquam dubitasse quod parochi teneantur applicationi supradicte misse pro populo, singulis diebus dominicis et festis, in unaquaque ex ecclesiis parochialibus, que yel eque principaliter vel subjective conjuncte sunt et incorporate, cum applicatio unius tantum missee pro populo locum habeat in lis parochialibus, que invicem adeo unite et conjuncte et incorporate sunt, ut ex duabus una prorsus cum extinctione tituli alterius evaserit +.
20 Un passage de la constitution In Suprema de Léon XIII :
Novimus quidem Romanas Congregationes Nostras aliud decrevisse de parochis duas vel plures parochiales Keclesias wque principaliter unitas gerentibus, in quibus singulis singule per dies festos misse celebrentur et pro populo applicentur necesse est. ;
II. L’exiguité des ressources fournies par la paroisse n’est pas un motif suffisant pour dispenser de l’application de cette secondé messe, comme Va déclaré la méme Congrégation du Concile, le 25 septembre 1858, in Cameracen.:
I. An parochus qui duas parochias regit, et ideo bis in die celebrat, utrique Parochi suam missam appli-
care teneatur, non obstante reddituum exiguitate Resp. Ad 1. Affirmative. 9
III. Si le curé chargé de deux paroisses n’a pu acquitter les deux messes le méme jour, parce qu’il n’a pu dire une seconde messe, soit par raison d’impossibilité, soit parce qu’il n’a pas pu biner ce jour-la, il est tenu d’appliquer l'autre messe pro populo le plus tot possible. Nous en trouvons la preuve dans une réponse de la S. Congrégation du Concile du 18 juin 1873 4 Pévéque de Chalons :
I. Utrum parochus, duas habens parochias, qui ob rationabilem causam non potuit die dominica vel festo secundam missam celebrare, teneatur per hebdomadam applicare missam pro populo sue secunde parochie ; vel utrum sufficiat ut unicam missam, quam die dominica. vel festo celebrat, applicet pro populo duarum suarum parochiarum ?
II. Utrum diebus festis suppressis in quibus binam | missam celebrandi non habet facultatem, sufficiat ut solam missam, quam dicere potest, applicet pro populo duarum suarum parochiarum; vel utrum, altera die teneatur alteram missam pro populo secunde. parochize applicare ?
Resp. Ad I. Affirmative ad primam partem, negative ad secundam.
Ad Il. Negative ad primam partem, affirmative ad secundam.
Il y a des réponses semblables du 28 novembre 4828, du 14 juin 1841, du 6 aotit 1842, du 25 septembre 1847, du 22 février 1862, du 24 mars 41863.
IV. Plusieurs évéques ont obtenu pour un temps limité, pour des circonstances définies et sous la responsabilité de leur conscience, de dispenser leurs prétres chargés de deux paroisses de l’application d’une seconde messe. Citons l’indult pour Langres, daté du 27 janvier 1893 et mentionné a Vordo diocésain dans les termes suivants : .
4 af. S. CG. C., i Oreten., 18 novembre 1826; i Cameracen., 25 septembre 1858 ; 12 Salam., 22 février 1862 et 21 mars 1863; in Catalaun., 9 mai 1874, et in Versalien., 27 février 1875, etc.
+ im,
Parochi qui duabus pareciis preponuntur, dispensantur a celebranda secunda Missa pro populo Dominicis vel festis de precepto, si unam tantum Missam impediti celebrare potuerint: et insuper a celebranda secunda Missa in hebdomade in festis suppressis, ita ut unica Missa pro pareeciis applicari possit '.
Un de nos abonnés nous a transmis, pour compléter deux de nos réponses précédentes, les renseignements suivants, qu’on ne lira pas sans intéret :
* J. — A propos des chorévéques
Y ‘ Dans une réponse 4 des questions qu’on yous a
~' posées sur les chorévéques, je lis, page 282, 2° colonne :
« A laquelle de ces dignités est attache le titre de chorévéque? A aucune, puisque l'institution des chorévéques ne subsiste plus aujourd’hui... » Et plus loin, page 284, dre colonne : « En Orient, les chorévéques, quoique moins attaqués, parce qu’ils furent moins entreprenants, finirent par disparaitre a peu prés 4 la méme époque. Depuis, l’Eglise n’a pas ressuscité cette institution. »
L’Ami du Clergé, généralement bien informé, se trompe lorsquw’il.affirme, dans les passages cités, que Vinstitution des choréyéques ne subsiste plus aujour- @hui. Tout ce qu’on peut affirmer, c’est que cette institution ne subsiste plus en Occident. Mais, en Orient, cest*autre chose; la, il y a encore aujourd’hui des chorévéques, et je ne serais pas étonné que celui qui a posé la question lait fait parce qu’il en aura rencontré quelqu’un, ou parce que quelque journal en aura parlé.
De fait, en février ou mars dernier (je ne suis pas absolument certain de l’époque, mais bien de la chose), Y Univers parlait d’un chorévéque, présent alors 4 Paris ‘et représentant le patriarche grec d’Antioche. Cela ne m’étonna nullement ; car, je savais que les patriarches d’Orient se servaient volontiers d’un chorévéque de leur rite, soit pour les représenter 4 Rome et y traiter les affaires du patriarcat, soit pour quelque autre mission spéciale. Personnellement, j’ai bien connu un de ces chorévéques qui, aprés avoir représenté le patriarche de Babylone 4 Rome, est venu résider longtemps dans la ville ot j’exercais le saint ministére. De la, il rayonnait dans diverses parties de la France, cherchant et recueillant des ressources pour son patriarcat. Il se disait le représentant de son patriarche et son envoyé.
Vous lavouerai-je? Ayant déja vu autrefois un Oriental, vulgaire escroc, réussir 4 passer pour vicaire général de Damas jusque dans un grand séminaire, jétais fort tenté de me méfier de cet autre dignitaire d’Orient. Mais il fallut bien se rendre a Il'évidence, lorsque je vis arriver dans la paroisse ot. j’étais alors, aprés avoir été trés bien regus par notre évéque, le patriarche de Babylone ou patriarche des Chaldéens avec son vicaire général et son secrétaire.
Ceci dit pour vous montrer de quelle source je les tiens, voici les renseignements que je puis vous offrir, d’aprés ce que j’ai vu et entendu.
Comme je viens de le dire, existence des choréyéques en Orient ne fait aucun doute. Cette dignité est-elle attachée a une autre fonction, comme celle de vicaire général? Non, cest une dignité distincte. Le chorévéque est élevé en dignité au-dessus du vicaire général, sur lequel il a préséance.
Cependant le chorévéque n’a pas le caractére épiscopal. On lui donne le titre de Monseigneur, et il peut porter la soutane violette ou bien la soutane noire a liserés et boutons rouges, et la ceinture violette. Il porte au doigt habituellement (pas seulement dans les cérémonies pontificales comme certains prélats romains) un anneau
Een. in Mendinen., 20 juillet 1854 ; im Catalaunen., 9 mai 1874; in Versalien., 27 février 1875, etc.
dor avec une pierre précieuse et, sur la poitrine, une croix pectorale en or avec cordon de soie violette. Enfin, il peut pontifier en se servant de la mitre, mais nonide la crosse. z <
Relativement aux pouvoirs d’ordre, il peut administrer le sacrement de Confirmation et conférer les ordres mineurs. :
Les chorévéques paraissent étre, comme autrefois, des auxiliaires des évéques pour certaines fonctions dans les parties éloignées des diocéses. Car ceux-ci, quoique relativement peu considérables en population du méme rite, ont une é6tendue territoriale trés vaste, et, dans la plupart, les moyens de transport sont encore primitifs, les chemins de fer n’y ayant pas pénétré jusqu’a ce jour : cest 4 dos de chameau que se font les grands voyages. De la Vutilité des chorévéques pour ces pays.
Il. — A propos des archimandrites
On demandait ensuite 4 l’Ami si un prétre latin peut étre nommé archimandrite, et il répondait avee raison qwil ne voyait guére comment cela pourrait se faire, puisquw’un archimandrite n’est autre chose qu’un supérieur de couvent. Mais je crains bien que Vauteur de cette question n’aif confondu ce mot darchimandrite, quia une couleur plus orientale, avec celui d’archidiacre.
Siun prétre latin ne peut pas étre nommé archimandrite, il peut étre nommé archidiacre. Cela, je Yai vu faire. Un de mes vénérables amis, aujourd’hui décédé, avait été nommé archidiacre de Babylone par le patriarche Chaldéen, en reconnaissance des services qu'il avait rendus a ce patriarcat. Sans doute, on ne ‘peut pas faire, au sujet d’un patriarche, le raisonnement qu’on fait 4 propos de l’Eglise : Ab actu ad posse valet consecutio. Néanmoins on peut invoquer un autre principe : Dans le doute, la présomption est en faveur du supérieur. Et qui done doit bien connaitre et bien observer ce qui se peut faire dans un rite, sinon le chef de ce rite ou le patriarche? D’ou je conclus que, le patriarche ayant fait une semblable nomination, elle peut se faire, d’autant plus qu'il s’agit ici d’une dignité purement honoraire.
Celui qui la posséde est honoré du titre de « Monseigneur; » il ale droit de porter la soutane violette et un anneau Wor au doigt.
Cette dignité d’archidiacre ne parait pas la méme que celle qui existe parmi nous. Tandis qu’en France chaque évéque peut nommer des archidiacres, en Orient, si j’ai bien compris, il n’en serait pas de méme: le siége patriarcal seul, & Vexclusion des autres, jouirait du droit d’avoir et de nommer des archidiacres.
SS SS SSS 65
CONGREGATIONS ROMAINES
S. C. du Saint-Office
17 janvier 1900.
Obligation de renouveler complétement et en secret ordinationem sacerdotalem in qua patena tradita fuerat absque hostia.
Beatissime Pater,
Sacerdos N. N., ad S. V. pedes provolutus, humiliter exponit quod cum die 22 decembris 1894 ordinatus fuerit simul cum alio, ab Episcopo N. jam vita functo, in ipsa ordinatione defuisse hostiam super patenam vidit absque ullo dubio. Responsum vero datum a Supremo Sacre Inquisitionis Tribunali die 11 januarii 1898, ob defectum vini in ealice, lectum in Ephemeride Il Monitore lieclesiastico mense Maio, intulit ei dubium de
validitate suse ordinationis. Quapropter orator humiliter queerit quid agendum in praxi:
I. Quoad ordinationem ; ~ Io Quoad Missas celebratas et beneficium coadjutorale cum animarum cura ab ipso exercitum ;