‹ L' ami du Clerge ParoissialChapitre 14 sur 276 · III. — Nul pays en Afrique n’a été, de la part · texte numérisé non relu

III. — Nul pays en Afrique n’a été, de la part

des nations européennes, l’objet de tant de con- — et le siége d’une concurrence aussi achar-

voitises née que la partie de la céte occidentale d’Afrique située.au fond du golfe de Guinée.

Dés 1825, s’il faut en croire certaines relations, des négociants de Dieppe auraient fondé sur le littoral les établissements de Petit-Dieppe, de Petit-Paris et de la Mine. Les Francais auraient ainsi précédé tous les autres peuples européens a la cédte de Guinée. Mais ces premiers établissements, s’ils ont existé, n’ont eu en tout cas qwune durée éphémere ; et certainement ils ne subsistaient plus quand les Portugais, doublant en 41452 le cap Bojador et en 1436 le cap Blanc, inaugurerent Vere des grandes découvertes en Afrique.

Les Portugais, pendant pres dun siécle, réussirent a accaparer pour eux seuls le commerce de la contrée et 4 empécher les autres peuples de prendre pied sur le littoral.

Survint ensuite la réunion du Portugal a VEspagne (1080-1640). L’Espagne, préoccupée de dé-

fendre ses propres colonies, laissa sans protection ©

suffisante celles du Portugal. L’occasion était belle

pour les autres peuples; et l’on vit s’implanter ©

successivement sur la cote les Hollandais, — puis les Anglais (Acra, 1662), — puis les Danois (Frie-

deriksborg et Christiansborg, — puis les Brande- |

bourgeois (factoreries au cap des Trois-Pointes), — puis les Frangais de nouveau (la « Compagnie d’Afrique » a Assinie et 4 Whydah).

La céte ouest de l'Afrique devenait ainsi le rendez-vous général de tous les marchands de YEurope. C’est que le commerce y était des plus lucratifs. La contrée fournissait en abondance les graines, le poivre, l’huile, les épices, Vivoire, la poudre dor, les esclaves ; les Européens livraient en échange des aiguilles, des clous, de la poudre, des fusils de traite et surtout de l’eau-de-vie. D’ou les noms donnés alors et conservés depuis aux divers points dela céte : au nord du rio Cavally, la céte des Graines et la cdte du Poivre ; — du rio Cavally au fleuve Assinie, la céte d’Ivoire; — de la riviére d’Assinie a la riviére Volta, la cédte d@Or; — de la riviére Volta & Vembouchure du Niger, la céte des Esclaves; — au dela du Niger, la cote de ’Huile.

Tant de concurrents se génaient. Les Anglais réeussirent a les évincer tous : les Brandebourgeois les premiers ; les Frangais ensuite (Whydah, notre derniére possession, fut perdu pendant les guerres de la Révolution). Les comptoirs danois furent achetés par ’Angleterre en 41854, et les comptoirs hollandais en 1871. La France elle-méme, qui avait repris pied en 1843 4 Grand-Bassam et a Assinie, en 1861.4 Whydah, en 1863 4 Porto-Novo,

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en 1868 4 Kotono, de nouveau abandonnait tout, apres 1870.

L’Angleterre se trouvait ainsi recueillir Vhéritage de toute Europe marchande a la céte de Guinée, et occupait en outre Lagos (céte des Esclaves) et surtout les embouchures du Niger (1881). I ne dépendit que d’elle de devenir alors la maitresse exclusive de tout le littoral atlantique, depuis les frontiéres de Sierra-Leone jusqu’au Congo, sur un développement de cdtes de prés de 4.000 kilométres. Elle etit pu constituer 4 son profit, de ce coté de Atlantique, un Empire dun seul tenant, faisant face 4 Etat brésilien et égal a ce dernier en étendue. Personne n’etit fait Wopposition. L’Allemagne n’avait pas encore de visées coloniales. La France se recueillait et trouyait, non sans raison @ailleurs, que l’occupation du Haut-Sénégal: (1880-4882) n’avait abouti qu’a grever son budget de plusieurs millions. Mais PAngleterre elle-méme se souciait peu, alors, d’une ‘expansion coloniale si rapidement menée. Elle était dominée par les théoriciens de Manchester, uniquement préoccupés du résultat immédiat, et peu favorables aux colonies qui nécessitent de longs frais préparatoires.

Les Manchestériens ne se doutaient pas qu’al- laient entrer en scéne des concurrents inattendus;

que le génie colonial de la France, momentané-.

ment assoupi, allait se réveiller soudain; que YAllemagne enfin commengait a se sentir travaillée de velléités coloniales.

La France d’abord commenca par réoccuper les points du littoral abandonnés depuis 1870, et déclara de plus territoire francais tout ce qui, sur la

cote d’Ivoire et la céte des Esclaves, m’était pas aux mains des Anglais (décrets du 8 juin et du 8 juillet 1887, réunissant le tout sous la dénomination générale d’Etablissements francais du golfe de Bénin).

La domination politique du golfe de Guinée se trouvait donc ainsi répartie : a la France, la cote

d Ivoire et la partie de la cétedes Esclaves servant de débouché au Dahomey; — a lAngleterre, Sierra-Leone, la céte d’Or, le reste de la céte des Esclaves, la céte de l’Huile avec les embouchures du Niger. La France et ]’Angleterre considéraient dailleurs le partage comme un fait accompli, et ne se préoccupaient pas de régler leur situation de fait par un acte diplomatique qui déterminat les limites respectives de leurs établissements.

Tout 4 coup surgit un troisiéme larron. L’Allemagne s’était mise 4 glaner dans le monde ce qui restait de territoires inoccupés ou qu’elle considérait comme tels. Un de ses grands explorateurs, le docteur Nachtigall, avait été chargé de cette mission en Afrique. Il l’avait remplie avec toute sa conscience d’Allemand, plantant le pavillon germanique partout ot il rencontrait des interéts allemands, sans trop vérifier si d’autres nations n’ayaient pas des droits antérieurs 4 faire valoir. En furetant bien, Nachtigall découvrit sur la céte de Guinée, au milieu des possessions anglaises et

francaises enchevétrées, une localité qui, par son peu d’importance méme, ayait échappé aux convoitises des deux pays, et placa inopinément le petit pays de Togo sous la souveraineté allemande. Le nouveau voisin s’annon¢ait peu commode et assez dispos¢ a de peu scrupuleux empiétements sur ce continent noir ou les chefs indigénes cédent

leur royaume pour quelques bouteilles de gin, et le cedent, successivement, a ce prix, autant de fois,

qu’on le leur demande. .

Il fallut faire la part du feu. L’Angleterre (février 1886).reconnut a la nouvelle colonie allemande du Togo la frontiére de la moyenne Volta; et la France lui céda les territoires de Lomé et de Baguida, de Porto-Seguro et de Petit-Popo.

Puis la France et ]’Angleterre firent ce quiaurait

di étre fait depuis longtemps, et, par la convention du 40 aotit 1889, déterminérent les lignes de démarcation entre leurs divers établissements, lignes qui d’ailleurs ne changeaient rien ala situation de fait rappelée tout 4 Pheure. Sur un développement total de prés de 2.000 kilométres que présente la céte de Guinée entre le rio Cavally et Vembouchure du Niger, 1200 kilométres furent reconnus appartenir a Angleterre, et 750 a la France : 50 kilométres de frange littorale formaient le lot de Allemagne.

En outre, les chancelleries s’entendirent pour prolonger la ligne de demarcation depuis la céte jusqu’au 9e¢ paralléle : ce qui donna a chaque colomie une profondeur moyenne de 350 kilométres environ dans l’intérieur du continent (hinterland ou arriére-pays).

IV. — La cote du fond du golfe de Guinée se compose de bassins cétiers : rio Cavally, Bandama, Volta, Ouhémé.— Au dela s’étend dans l’intérieur l’immense bassin du Niger. La prise de possession des deux rives du fleuve a été poursuivie par les Anglais et les Francais comme celle du littoral.

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J’arréte ici cette Causerie, que les circonstances ne me laissent pas le temps d’achever. Je vais vous quitter, bien-aimés lecteurs, pour un: long et périlleux voyage de douze mois. Vos priéres m’accompagneront a travers les difficultés et les

épreuves que la divine Providence me tient sans

doute en réserve. Si des beautées nouvelles et inconnues me sont révélées, un reflet en. passera quelque jour, j’espére, a travers les colonnes de VAmi. A année prochaine done le bonheur de nous retrouver ici!

J’ouvrais cette Causerie sur le Cor unum et anima una des premiers chrétiens, idéal 4 jamais proposé 4 l’universalité des membres de la famille humaine, de la famille dont le Christ est le chef. Ce Cor unum, la famille de PAmi, qui déja rayonne jusqu’aux extrémites de la terre, l’a réalisé en elle; elle n’a cessé de le sentir battre entre tous ses membres; et c’est pour moi une puis-

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sante consolation de songer que j’en emporte,

dans cet adieu d’un temps, la vertu fortifiante et

le bénéfice spirituel. Au revoir donc, en union de

priéres, dans les SS. Cours de Jésus et de Marie! Lyon, 8 septembre 1899 !.

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LITURGIE

Q. — Loratoire servant d’église 4 une chrétienté est dédié aux Saints Anges. Dans cet oratoire (qui n’est autre que deux chambres réunies au premier étage d’une maison d’habitation), l’autel. se trouve placé entre deux cheminées, de telle fagon que ces cheminées sont distantes de 0 métre 50 de chaque bout de lautel. De plus elles avancent d’environ un métre sur le tabernacle de l’autel.

D’un autre cdté, on posséde trois statues :

Michel, la sainte Vierge, saint Joseph.

On avait placé sur l’autel (de fagon cependant a ce que ce ne fit pas sur le tabernacle) la statue de saint Michel, et sur chacune des cheminées, d’un cdté la sainte Vierge, de autre saint Joseph.

Un confrére a fait observer que bien que Voratoire fit dédié aux Saints Anges, saint Michel n’était pas a sa place, vu que la sainte Vierge est la Reine des anges, et que dans un méme groupe de statues renfermant la sainte Vierge, celle-ci devait prendre place sur l’autel.

Que penser de cela? Est-ce vrai? Pour moi ce n’est pas mon avis.

D’un autre cdté, j’ai entendu dire quwil y avait un décret interdisant de placer une statue sur un autel, alors méme qu'elle ne reposerait pas sur le tabernacle. si elle était sur le mur, derriére le tabernacle, par exemple. Je n’ai pu trouver ce décret. Existe-t-il réellement?

Ces cheminées ne sont autre chose que deux grosses colonnes carrées en maconnerie faisant saillie dans Voratoire. Ce ne sont pas deux devants de cheminées comme ceux qu’on peut voir partout en France.

saint

R. — 1° Une statue de n’importe quel saint peut se placer au-dessus de l’autel, pourvu qu’elle ne repose pas sur le tabernacle.

2e La position relative des statues dans une église n’a pas été regardée par la Sacrée Congrégation des Rites comme une marque directe du respect plus ou moins grand qu’on leur accorde. Jusqu’a ce qu’un décret positif le défende, on peut donc placer ces statues d’aprés les lieux ou d’aprés les exercices de dévotion que l’on veut faire en leur honneur.

Q. — On sonne les cloches en volée pour la sépulture d’un prétre. Pour les services de fondation, dans une paroisse on sonne encore en volée, dans l’autre en mort. Quelle régle faut-il suivre ?

R. — Les régles pour les sonneries sont indiquées dans les statuts ou par la coutume; et on

‘Kn s’en allant, notre cher collaborateur avait par inadvertance enfermé dans sa valise, au milieu d’autres papiers, les feuillets de cette Cawserie. Retrouvés par hasard, il vient de nous les envoyer. Malgré le retard quils ont subi, nous les publions tels quels. Et nous profitons de l’occasion pour donner V’assurance 4 nos lecteurs que ce premier tiers du voyage s’est heureusement effectué. Dieu voudra que le reste s’achéve en @aussi bonnes conditions. (Note de la Direction. )

peut s’en tenir la, car te-Rituel dit simplement qu’on sonne les cloches eo modo et ritu, quo in eo loco fiert solet. Le Cérémonial des Evéques n’en’ parle pas.

Pour les obséques des petits enfants, le Rituel demande que la sonnerie soit non sono lugubri sed potius festivo.

Q. — Peut-on, en un jour de féte semi-double (en dehors des octaves privilégiées), dire la messe de la sainte Famille, J. M. J., more votivo?

R. — Cette féte n’est pas attachée par son objet & un jour ou a une époque déterminée, et on peut par conséquent en dire la messe votive.

Nous supposons que la messe est concédée.

Q. — Faut-il terminer les litanies de la sainte Vierge par les deux invocations : Christe, audi nos; Christe, exaudi nos ?

R. — Dans les nouveaux Diurnaux types, ces mots ne se trouvent plus 4 la fin des Litanies de la sainte Vierge, bien qu’on les ait conservés a celles du saint Nom de Jésus : c’est une raison pour ne plus les ajouter a la fin des Litanies de la sainte Vierge.

Q. — Quels sont exactement les jours ola messe de Requiem (presente corpore) est prohibée ou permise depuis les nouvelles rubriques ?

R. — Dans les listes des fétes ot il est défendu de chanter la messe exequialis, corpore presente, il ne faut pas compter les fétes dont la solennité est renvoyée au dimanche suivant. Un décret récent dit que la messe de Requiem, le corps présent, n’est défendue que le dimanche ou la solennité est transférée. (S. C. R., 6 mars 1896).

Les priviléges de la messe chantée exequialis sont accordés désormais dans les mémes circonstances a la messe basse, excepté toutefois les fétes doubles de 4re classe et les fétes de précepte. (S.C. R., 6 mars 1896).

Q. — Pendant le chant du Dies ir, doit-on se découvrir aux mots Oro supple ?

R. — Aucune rubrique ne prescrit Vinclination a ces mots de la prose. C’est une coutume qui s’est établie dans certaines contrées; et aucune coutume ne peut ni abolir une rubrique, ni en intro- duire une nouvelle.

Le gérant : J. Marrrier.

LANGRES. — IMPRIMERIE MAITRJER ET COURTOT

2e ANNEE (8¢ sérim)

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