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LAMI DU CLERGH et les livres
Comptes rendus bibliographiques
Tractatus theologicas de B. Maria Virgime, auctore H. Depoix, olim majoris seminarii Noviodunensis moderatore. — 'Troisiéme édition, un vol. in-42 de 248 p., franco 2 fr. 25. — Paris, Vivés. ;
Les prédicateurs en quéte d’idées sur la sainte Vierge cherchent un peu de tous cétés ailleurs que dans la théologie, qui seule leur permettrait de féconder utilement leur sujet. La faute en est quelquefois a certains auteurs de manuels, qui n’ont consacré a la Mére de Dieu que quelques pages par trop maigres et essoufflées. Crest pour remédier & ce mal que le P. Depoix a
écrit le traité spécial dont nous annoncons la troi édition. a ?
Il est complet. On y trouve la moelle des Péres et la substance des grands théologiens de Marie, Suarez, — Contenson, de Rhodes, Vega, saint Bonaventure, ete. 3 avec les références el indications de sources. les plus précises et les plus précieuses, & usage des travailleurs.
Il se divise en trois parties. Dans la premiére, on traite de la dignité de Mére de Diew, point de départ et source de tous les priviléges de Marie. — La seconde a pour objet la perfection de la Sainte Vierge : prédestination, prophéties et figures, perfection i statu vice (priviléges externes : sa famille, son nom, sa virginité, etc.; — priviléges internes : grace, science, graces gratis date), perfection in termino. — La troisiéme partie enfin étudie Marie dans ses relations avec | Vhumanité, ses bons offices envers nous et nos devoirs envers elle.
Le x1x° siécle restera dans histoire le siécle de Marie. Il a enrichi sa couronne de gloire de la définition dogmatique de son plus glorieux privilége. Jamais Marie n’a 6té aussi universellement, aussi tendrement honorée, aimée. Pourquoi ne la connait-on pas mieux? pourquol ne l’étudie-t-on pas davantage? pourquoi n’occupe-t-elle pas, dans nos théologies modernes, la place de choix ou nous la voyons briller dans la littérature patristique des premiers 4ges? Déja de son temps, Suarez ne pouvait s’expliquer comment les théologiens, qui discutaient si longuement sur la nature des anges, sur leurs fonctions, n’étudiaient que trés briévement et pour ainsi dire en passant les questions qui se rapportent a la Reine des anges. « Nulle partie de la théologie, dit le P. Faber, n’attend autant de développement que celle qui parle de Marie. »
Mais ouyrez les yeux aux grandioses perspectives que vous déroule le B. Grignon de Montfort :
« La divine Marie a été inconnue jusquwici, et c’est une des raisons pourquoi Jésus-Christ n’est point connu comme il doit l’étre. Si donc, comme il est certain, le régne de Jésus-Christ arrive dans le monde, ce ne sera qu'une suite nécessaire de la connaissance et du régne de la trés sainte Vierge Marie, gui la mis au monde la premiére fois et le fera éclater la seconde... Marie a produit, avec le Saint-Esprit, la plus grande chose qui ait été et qui sera jamais, qui est un Dieu- Homme, et elle produira conséquemment les plus grandes choses qui seront dans les derniers temps ; la formation et l’éducation des grands saints qui seront sur la fin du monde lui est réservée.
«Jai dit, poursvit le Bienheureux, que cela arriverait particuliérement a4 la fin du monde, et bientét, parce que le Trés-Haut avec sa trés sainte Mére doivent se former de grands saints, qui surpasseront autant en sainteté la plupart des autres saints, que les cédres du Liban surpassent les petits arbrisseaux... Le pouvoir de Marie sur tous les diables éclatera particuliérement dans les derniers temps, ok Satan mettra des embtiches a son talon, c’est-a-dire & ses humbles esclaves et 4 ses pauyres enfants, qu’elle suscitera, pour Iui faire la guerre. Ils seront petits et pauvres selon le monde, et abaissés devant tous comme le talon, foulés et persécutés comme le talon l’est A Pégard des autres membres du corps ; mais en échange, ils seront riches en graces de Dieu, que Marie leur distribuera abondamment..., si fortement appuyés du secours divin, qu’avec ’humilité de leur talon, en union de Marie, ils écraseront la téte du diable et feront triompher Jésus-Christ. » (Nous empruntons ces citations du B. de Montfort a La Vierge Mére d’aprés la théologie, par le P. Petitalot, Introduction).
Allons, fréres bien-aimés, mettons-nous a Pétude de la Sainte Vierge et pénétrons-nous du traité du P. Depoix, admirablement docte et pieux, clair et limpide, onctueux et suave. Ce sera une maniére excellente de nous préparer a prendre notre part abondante des graces et des lumiéres que le prochain et premier congrés Marial (Lyon, 5-8 septembre 1900) va appeler sur nous.
siéme —
Nature et Gr&ce, par le P. Gondrand, des Obiats de Marie Immaculée. — Un vol. in-42 de xu1-420 p., 3 fr. 50. — Paris, Briguet. :
C’est le tome V des ceuvres posthumes du P. Gondrand que nous annongons ; et ses religieux éditeurs, qui ont encore prés de dix yolumes en manuscrits, ne
"eraignent pas de dire dés maintenant que celui-ci est le
chei-d'euvre de Vauteur. C’est d’abord celui qui pré-
sente le moins de parties inachevées, fragmentaires. Les -vingt-deux sermons qui le composent sont a peu prés
complets, ou au moins trés largement développés.
. Gest-un Caréme, dont Vhistoire est assez piquante.
Le-P. Gondrand Se rendait en Normandie, a Caen, diton. Alors s’agitait fort la question du naturalisme. Saisissant au vol une idée qui lui vint, le P. Nicolas, le
“maitre et Pinspirateur du P. Gondrand, lui écrivit dans
une de ces lettres plus concises qu’un ordre du jour militaire : « Mon cher ami, on parle beaucoup de la nature et de la grace ; vous étes parfaitement taillé pour aborder ce probléme : donnez done votre Caréme 1a-
: ~ dessus. » C’était la veille de l’ouverture. L’apotre, prét
pour un autre champ de bataille, regimba. Il répondit, avec mauyaise humeur : « Est-ce que vous croyez que je puis, au pied levé, aborder une {Ache pareille?... » Quelques jours aprés, le P. Nicolas recevait une lettre qui débutait ainsi : « Ma volonté serait-elle done fatalement li¢e a la votre ?... » Suivait une copie du premier sermon sur Nature et Grace. :
On s'imagine cette crise d’inspiration et le gigantesque coup d’aile qui souléve lorateur et lui permet d’embras-
~ ser dans toute son ampleur le mystére de la grace.
La grace, par l’Eglise, domine la société comme un modéle, comme un type idéal, comme cet exemplaire qui planait devant les regards du législateur des Hébreux.
Comme la société, ’VEglise s’appuie sur le droit, sur le devoir, sur la loi : mais la société, pour comprendre ces grandes choses, s’adresse a l’Eglise, ot le droit s'appelle paternité, le devoir fidélité, la loi charité.
La société va et vient sans cesse, dans la vie et la mort, avec les générations. Sa « durée appréciée » devient l’histoire. La grace domine Vhistoire par l’Evan-
ile, « nouvelle éternelle qui rapproche tous les temps,
octrine universelle qui explique tous les temps, régle immuable qui juge tous les moments, » lumiére du passé, du présent et de ’avenir. L’avenir, c’est le mou-
vement, c’est le progrés, c’est la civilisation. Ici encore
la grace domine la nature par la religion qui doit tout pénétrer.
Ce sont 1&4 apercus a vol d’oiseau. Au IVe sermon, Yorateur aborde une analyse plus détaillée et plus profonde : lagrace vivant en l’homme Iui-méme avec Jésus- Christ. ;
‘L’homme est ame et corps. La grace pénétre lame ‘par l’innocence, le corps par la pauvreté, par la chasteté, par la souffrance chrétienne.
L’/homme passe par différentes phases. Jésus-Christ patronne son enfance a Bethléem, son dge de raison au temple, son adolescence 4 Nazareth, sa majorité au désert, sa maturité dans sa vie publique (ot il lui apprend a considérer toute condition comme une élection divine, toute profession comme une commission divine, toute prétention comme une prédestination divine), sa vieillegse dans les faiblesses et les humiliations de sa Passion, son agonie sur la croix.
Le temps n’est point toute la destinée de ’homme. L’homme est créé pour jouir de Dieu éternellement. Le
éché avait supprimé cette fin : Jésus-Christ la répare. « J’aidt vous dire Vautre jour: Vous étes poussiére ; mais, en vous appelant ainsi, je vous définissais comme hommes. J’ai un tout autre titre 4 yous donner aujourdhui, en yous définissant comme chrétiens : je veux dire de yous que vous étes des dieux : Ego dixi, Dit estis ! ... Puissé-je justifier cette lonange en vous révélant assez la valeur de votre vie surnaturelle ! Puissé-je vous prouver que, si la nature en yous n’est que poussiére dissipée, la grace y est richesse infinie, magnificence. immortelle, et que si Adam vous a transmis honte et mort, Jésus-Christ vous acquiert gloire et immortalité! »
Ce ne sont 1a que quelques jalons bien secs, mais nos lecteurs savent quelle vie, quelle séve puissante le P. Gondrand souffle 4 travers tout cela, de quels traits de feu il illumine tous ces horizons, et s'il est fidéle, le premier, a la loi en laquelle il résume Vidéal de la prédication apostolique :
Toute prédication doit étre Vexorde de celle qu'on vous fera le jour de votre agonie, ou elle vest rien!
Conférences originales, courtes et pratiques povr le mois de mai, par le P. Weninger, S. J., traduites par M. Bélet. — 2 vol, in-16 de 388 et 356 p., 7 fr. — Paris, Briguet.
Lourdes. Nouveau mois de Marie, par M.:
Lespinasse, vicaire général d’Agen. — Un vol. in-42 de 284 p., 2 fr. — Paris, Bloud.
‘Apparitions et guérisons de Lourdes. | Lectures pour le mois de Marie, par un prétre °
du clergé de Paris. — Un vol. in-42 de 390 p., 2 fr., franco 2 fr. 40. — Paris, Téqui.
Mois de Marie, d’aprés le B. Grignon de Montfort, par l’abbé Baraud. — In-48 de 4160 p.,
0 fr. 90. — Chez l’auteur, curé de Boufferé, par Montaigu (Vendée). '
Histoire de la trés sainte Vierge en 3l chapitres; par Pabbé Nadal. — In-82 de
484 p., 0 fr. 40. — Paris, Maison de la Bonne
Presse, 5, rue Bayard.
Wie de la trés sainte Wierge Marie, par
le P. Beat Rohner, bénédictin, curé de N.-D.
des Ermites (Suisse). — In-12 de 396 p., 2 fr. 50,
franco 8 fr. — Paris, Giuvre de Saint-Paul.
Mois de Marie des Ames pieuses. — In-
32 de 160 p., broché, 0 fr. 50, net 0 fr. 25.— Lille,
Maison Saint-Joseph.
I. — Les Conférences du P. Weninger comprennent trois Mois de Marie, trois séries de trente-et-un entretiens chacune : la premiére série, explication des litanies de Lorette ; — Ja seconde, les béatitudes de Marie: Beatus vir qui in lege Domint meditatur, — cujus est auxilium abs te, — qui custodiunt justitiam, — ubera que suxisti, — beata que credidisti, — beat qui habitant in domo tua, — oculi qui vident que vos videtis, — qui non offendit lingua, — beati mites,
— beaiam me dicent, etc., etc; — la troisiéme, Marie
Vierge et Mére de douleurs.
Conférences originales, neuves, nourries de doctrine, enrichies toutes d’exemples saisissants, trés pratiques comme sait l’étre Péloquence populaire en Allemagne, -ne rougissant pas de descendre aux détails de la vie quotidienne, de lVhygiéne elle-méme, a Vexemple de saint Paul : Modico vino utere propter stomachum.
II. — Lourdes, par M. Lespinasse, n’est pas un nou- ~ veau récit des apparitions. C’est le tableau de l’influence -
exercée par Lourdes.sur la seconde moitié de ce siécle; cest le rayonnement incomparable de graces dont Marie a placé le foyer au pied des Pyrénées; c'est la
mise en lumiére de la signification et de la portée de ces grands événements de Lourdes « qui, pour la joie ©
de l’Kglise et la confusion de ses adversaizes, dominent
nos temps modernes. » C’est Vatmosphére méme de, Lourdes qui vibre a travers ces pages, atmosphére
saine, salutaire, apaisante, surnaturelle. Effet de V’imagination préparée d’avance par Ventrainement des lectures et du pélerinage ? Non : réalité : :
« La Vierge guia posé son pied sur ces roches, qui a passé dans cet air et qui l’a respiré, la Vierge l’a purifié, embaumé, et il y reste quelque chose de suave, de pur et de virginal qui est sans doute comme un parfum
céleste. Ailleurs, l’atmosphére est mondaine; elle porte ~
au plaisir. A Lourdes, Vatmosphére est religieuse, elle porte 4 la foi et 4 la priére... La foule qui passe court non pas au plaisir, mais 4 la priére. Et vous y courez avec elle. Ht c’est sans respect humain que vous portez un cierge, que vous tirez votre chapelet, que vous tombez 4 genoux les bras en croix... Ailleurs, hélas! on rougit de se montrer chrétien. A Lourdes, on rougirait de ne l’étre point. Et cette communion de sentiments, cette harmonie des 4mes, ce commun élan vers les mémes horizons en plein ciel de la foi, est un des charmes les plus doux de Lourdes. C’est un charme et cest une force... Tous ces effluves allument un foyer. Et ce foyer rayonne. Et on s’y échauffe, et ’on y devient meilleur, plus fervent. Et c’est le plus suave idéal réalisé que cette vie qui s’épanouit et s’exalte dans une société sans dissonances. » ;
Mieux que tous les éloges, ces quelques lignes vous donneront une idée de léloquence .simple, vivante, chaude, colorée, communicative, qui anime les trentedeux entretiens de ce nouveau Mois de Notre-Dame.
III. — Depuis trente-deux ans, les Annales mensuelles publiées par les Péres de Lourdes donnent au jour le jour Vhistoire du glorieux sanctuaire et des gue-
LVAMI DU CLERGE
EN pi te *
risons qui s’y opérent. Mais tout le monde ne peut recourir 4 la collection des Annales ; et dans la multitude de faveurs miraculeuses accordées par la sainte Vierge, il était bon que l’on fit un choix des plus frappantes et des plus éclatantes, de celles aussi qul prétent davantage A Védification des fidéles et 4 la confiance envers Marie. C’est ce qui vient d’étre fait excellemment. Apparitions et guérisons donne, pour chaque jour du mois de mai, le récit d’une guérison qui porte toujours le caractére de l’authenticité la plus incontestable, puisqu’elle se présente au nom et sous la garantie du docteur Boissarie.
IV. — Le Mois de Marie de M. Baraud est extrait du Traité de la vraie dévotion a la sainte Vierge, du B. Grignon de Montfort. Cela suffit 4 en faire léloge. L’auteur a tenu a conserver scrupuleusement le style du Bienheureux, méme la oti certaines expressions semblaient avoir vieilli. (Il n’y a rien d'ailleurs qui soit d’une vieillesse extréme, le Bienheureux étant né en 1673). La parole des saints a, en effet, pour le bien, une verlu, une efficacité que n’a pas d’ordinaire la parole humaine, et Dieu y a attaché une bénédiction particuliére. — A la suite de chaque chapitre, un trait de la vie du saint prétre, et un autre trait édifiant en rapport avec le sujet du chapitre.
V. — Avec ses trente-et-un chapitres, la petite Histoire de la sainte Vierge fournira un excellent theme de lectures pour mois de Marie 4 lusage des paroisses de campagne. Style simple, clair, limpide, surtout plein d’onction, comme il convient 4 la vie d’une mére. Les données sont prises tantdt de l’Keriture, tantot de la Tradition, tantdt de la légende; mais chaque fois on a soin d’indiquer la source.
VI. — Le livre de dom Rohner est 4 la place d’honneur sur la table de tout intérieur chrétien, dans la Suisse catholique allemande. Nul doute que le méme succés ne l’attende en France. Ila éié médité aux pieds de la Mére de Dieu, dans un de ses sanctuaires les plus augustes et les plus aimés; et cela se sent a chaque page. — Les chapitres sont courts et se prétent admirablement a une lecture du soir en famille.
VII. — Tout petit, ce Mois de Marie des ames pieuses, mais que de choses! Pour chaque jour quelques réflexions pratiques sur une des vertus dont Marie nous est le modéle, avec un trait historique. Pas de considérations oiseuses ou langoureuses; dés le premier mot on va au fait, et chaque page vous laisse une impression sérieuse et forte. Que de Mois de Marie, d’aspect plus ambitieux que celui-ci, dont on serait loin d’en dire autant ! — La typographie est de la société de Saint-Jean l’Evangéliste (Tournai). Et le bon marché est étonnant. (Reliure toile, tranche rouge, net 0 fr. 45).
Jésus Pocteur, par l’abbé Max Caron, supérieur du petit séminsire de Versailles. — Un vol. in-18 carré de 450 p., 2 fe., franco 2 fr. 25. — Paris, Haton.
Evangile des premiers communiants.
(Extraits des ouvrages de Vabbé Max Caron), par ’abbé Féron, aumoénier de la Légion d’bonneur, — Un vol. in-18 de 524 p., 4 fr. 50, franco 4 fr. 80. — Paris Auteuil, Giuvre de la premiére communion, rue La Fontaine, 40.
Le saint Kwvangile, por le chanoine Alfred Weber. — Un. vol. in-12 de 520 p., 3. fr: — Ciuvre de la diffusion du saint Evangile, a Verdun, rue Mautroté, 20.
Le saint Ewvangile, traduction approuvée, avec réflexions et notes par Vabhé Legrand, professeur an petit séminaire de Cambrai. — Un vol. in-18 de 344 p., 2 fr., met (pour propagande, 0 fr. 65; percaline noire, tranche rouge, 1 tr). — Lille, Maison Saint-Joseph.
Jésus-Christ, par Mgr Gouthe Soulard. — In-32 de 180 pages, 0 fr. 40. — Paris, Maison de la Bonne Presse, 5, rue Bayard,
I. — Vous vous rappelez Vidée de Mgr Dupanlovp : «Je voudrais convoguer, disait-il, un aréopage d’hommes pratiques, ayant ici-has ne responssbilite.
« Et, devant ce Sénat d’hommes d’Etat, de juges, d’officiers, de marins, d’industriels, de péres et de méres de famille, présenter un triple choix de livres : >
« Dune part, tous les nouveaux pontifes de lavenir : Hugo, Renan, ‘laine, Littré, Sand, Quinet, Comte;
« De Vautre les Sages du passé :... de Platon a Leibnitz ;
« D’un troisiéme coté, un seul ouvrage : VEvangile.
« Puis, prenant parla main, avec respect et émotion, un enfant, je prierais ce concile du genre humain de me dire quel ouvrage je dois donner a cette petite ame... ‘
«Il n’y aurait qu'un seul cri: lEvangile, ’Evangile! » ‘
Vous connaissez encore le tableau d’ Hoffmann, le grand peintre allemand contemporain qui, apres avoir consacré sa vie a la reproduction des plus belles scenes de l’Evangile, terminait par la suivante. C’est le soir. Dans une demeure d’apparence modeste, toute la famille groupée autour du pére. Sur une table, devant celui-ci, |’Evangile ouvert. Un enfant de cing ou six ans A peine a cessé ses jeux pour yenir écouter. Une jeune fille suspend son travail pour mieux entendre. La mére s’est assise avec son dernier-né qui dort entre ses bras. La grand’mére a joint les mains comme pour la priére, les yeux rivés au livre... A peine la lecture sainte a commencé, au fond de cette humble chambre, Jésus en personne apparait, les mains étendues pour bénir ! La 01 vous serez deux ou trois réunis en mon nom, Je serai au milieu de vous.
Voila le bonheur, la grace que M. Caron a voulu appeler sur chaque famille. Jésws Docteur est le huitiéme opuseule de la série commencée il y a six ou sept ans sous ce titre générique : Retour a l’Evangile. Kt le snecés de ces petits volumes est d’un excellent augure. Celui-ci nous conduit de VAssomption au premier octobre. Pour chaque jour, une page ou deux de |’ Kvangile, suivie de réflexions ot le cadre historique se préte aux considérations doctrinales et morales les plus pratiques, écrites toujours dans une langue sobre, claire, chaude, communicative.
Nous voudrions voir ces livres surtout aux mains de la jeunesse cultivée et des jeunes filles qui ont passé par nos pensionnats et se croient quelque droit d’étre délicates sur la pureté de la forme littéraire.
II. — C’est une pensée excellente qu’a eue M. Féron d’extraire des opuscules de M. Caron les pages qui sont le mieux de nature 4 aller 4 ’'dme de nos premiers communiants, les scénes évangéliques, les paraboles dont la méditation doit faire le fond de toute bonne préparation a la premiére communion : lVenfant prodigue, la multiplication des pains, les anges gardiens, le sermon sur la montagne, le temps et l’éternité, Judas, les disciples d’Emmaiis, etc.
Cinquante-deux chapitres, divisés en petits paragraphes admirablement appropriés a la légéreté de cet age qui supporte mal les longs discours et la logique trop continue.
L’ouvrage se vend au profit de ’Giuvre de la premiére communion et des orphelins-apprentis d’Auteuil. (Ces Giuvres de premiére communion se développent beaucoup en France; et nous sommes heureux, sur une indication amie, d’en signaler une qui a pris naissance en Provence et dont la condition unique est, pour les enfants associés, de réciter chaque jour un Ave Maria suivi de lInvocation a Marie Immaculée. Demander feuillets, images et croix 4M. Guilliard, rue Saint-Dominique, 17, 4 Lyon ; et voir, pour détails, l’excellent opuscule : Mon petit carnet ou livre d'or des premiers communiants : Préparation, beau jour, persévérance, in-18 de 266 pages avec encadrement rouge, 1 fe. 25, percaline tranche rouge 1 fr. 75, Tournai et Paris, Gasterman).
III. — On peut dire que le Saint Evangile de M. Weber, malgré son prix modique, est un ouvrage de luxe splendides phototypies d’aprés les grands maitres, plan admirablement clair du Temple et de ses dépendances, cartes exécutées avec un soin que l’on ne trouve a peu prés' jamais dans les ouvrages de vulgarisation. — C’est une harmonie des saints Evangiles, ou « les quatre Evangiles en un seul, » avee notes nombreuses a la fin de chaque chapitre. L’ouvrage en est a sa onziéme édilion, ce qui vous dit assez quel accueil
' favorable ila regu du public catholique.
IV. — Enfin, le Saint Evangile de M. Legrand, avec ses nombreuses gravures et sa typographie trés soignée (Deselée) ast le dernier mot. du bon marché (prix de
propagande, met 0 fr. 65). C’est un livre pratique, comme on pourra s’en convaincre par les réflexions et les conseils qui suivent chaque chapitre ; — c’est un livre destiné a étre mis entre toutes les mains, et la prudence a conseillé la suppression de certains textes qui auraient pu étonner les enfants:*— c’ést un livre vraiment classique, et c’est en ceci que réside surtout sa nouveauté : ailleurs les notes sont presque toujours trop relevées, irop savantes pour les enfants ; ici, rien que de trés simple, tout est parfaitement intelligible, meme pour des enfants.
V.— Jésus-Christ nous donne des extraits de Lettres pastorales adressées par Mer Gouthe-Soulard a son peuple en 1896, 1897 et 1898. Nos lecteurs connaissent tous la maniére simple, claire, familiére, entrainante de Varcheyéque d’Aix. C’est un pére qui parle a ses enfants de la « nécessité de connaitre Jésus-Christ, par ses paroles, par ses actions, par ses miracles, par sa passion, par sa résurrection, — nécessité d’étendre son ee — nécessité daller a Lui, — nécessité d’agir avec
ai. »
Courtes. méditations a Vusage du clergé pour tous les jours de ’année, par l’abbe Legrand, professeur au Peiit-Séminaire de Cambrai. — Ua yol. in 48 de 660 p., 2 fr. 50,,net O fr. 85. — Lille, Maison St- Joseph.
Diem et moi. Meditations a l'usage de tous les chrétiens. — In-18 de 290 p., 4 fr., net 0 fr. 80. — Lille, Maison Saint-Joseph.
Kxplication des priéres et des cérémonies de la messe. — [n-32 de 224 p., 0 fr. 60, net 0 fr. 30. — Lille, Maison Si-Joseph.
Le ministére sacerdotal dans les temps actaels. Extraits des Ecrits et dela Vie du P. Chevrier. — In-46 de 200 p., 1 fr., net 0 fr. 45. — Lille, Maison Saint-Josepa. -
Le premier fivre de Venfant qui ap-
prend le latin. — In-16 cartonné de 180 p., net 0 fr. 30. — Lille, Maison Saint-Joseph.
@puscules pour fa sanctification de la jeunesse et des fidéles em général.
— Lille, Maison Saint-Joseph.
I. — Les prétres se plaignent volontiers que les Méditations qu’on leur recommande dordinaire, Chai-
~ gnon, Branchereau, Hamon, sont trop développées, que
‘la lecture seule en prend un temps considérable, et qu il ne reste plus place pour les réflexions pratiques, affections, retours sur soi-méme, résolutions. Aussi se contentent-ils souvent de les utiliser en maniére de sermons, ce qui serait fort bon assurément s’ils les avaient d’abord méditées en effet. En tout cas, cette mauvaise excuse tombe devant les Courtes méditations que leur offre un de leurs confréres. Ici, pour chaque jour, un texte de la Sainte Ecriture, et la-dessus, une page on deux de réflexions touchant les principaux devoirs de la vie sacerdotale. Ces Méditations révélent- une grande connaissance du clergé, des obstacles ot il se heurte, des préjugés auxquels il est exposé, des raisonnettes mondaines qui peuvent le hanter, des pretextes qui Varrétent sur le chemin de la perfeclion. Ces Méditations sont « 4 usage du clergé », et elles justifient leur titre : cest vraiment de nous quwelles nous parlent.
Il. — Dieu et moi est un recveil de méditations ou lectures pieuses 4 Vusage des fidéles, un peu plus développées que les précédenies, chacune dune quinzaine de pages environ. Plusieurs milliers d’exemplaires
écoulés en quelques mois sont un beau témoignage de.
son utilité. Il veut démontrer a tous la facilité de Voraison, et nous voudrions bien savoir sur quelle 4me hermétiquement fermée et rebelle il ne reussirait pas.
. Lisez des chapitres comme Ce que j'ai éprouveé le jour
ov jai médité pour la premicre fois, Deun lits de mort, Les inconséquences, Lesquels sont les plus heureux ; lisez-ies aux plus obscurs de yos paroissiens comme 4 la fleur de vos dmes pieuses, et diies s'ils n’ont pas porté coup sur les uns comme sur les antres.
? | -LVAMI DU CLERGE
Ill. — L’Eeplication des cérémonies et priéres de la messe, au triple sens littéral, mystique et pratique, doit étre aux mains de tous les fidéles. On n’a jamais rien écrit pour eux, sur ce sujet, d’aussi complet, d’aussi pratique, et surtout de prix aussi réduit. Kt A nog lecteurs eux-mémes ce petit volume rappellera quantité de choses.
IV. — Il y a beaucoup d’excellent dans ces Lalraits du P. Cheyrier ; mais il y a aussi des exagérations, des notes forcées. Le P. Chevrier n’etit pas signé toutes ces pages. Et si l’on veut bien pénétrer Vesprit de ce saint prétre, cest 4 sa Vie par Villefranche que l'on devra recourir, on a l’essai de Vie et esprit du P. Chevrier qui a été publié par un de ses disciples. — On sait, et nous ayons dit souvent déja, que le P. Chevrier est un des plus achevés inodéles d’action sacerdotale que Dieu nous ait proposés en ce siécle dans les rangs du clergé séculier. Le procés informalif pour l’introduction de sa cause de béatification a été ouvert par S. E. le cardinalarchevéque de Lyon en 1897.
V.— On trouvera, dans ce premier livre de latin, une série d’exercices faciles sur Epitome Historic sacre, thémes, conversations (c’est-a-dire interrogations en latin et reprise dialoguée du récit), exercices de traduction orale. L’enfant qui aura suivi ces quarante-quatre legons, se verra déja en possession d’un vocabulaire trés respectable.