‹ L' ami du Clerge ParoissialChapitre 230 sur 276 · C. Gard. A. Masreiua, Pro Datarius, S. B.C. Pro Prevectus · texte numérisé non relu

C. Gard. A. Masreiua, Pro Datarius, S. B.C. Pro Prevectus

ID PANICH, iSite C1 SEC.

NI ORDINIS MINORUM S. FRANCISCI CAPUCCINORUM 20 aotit 1900.

Les Capucins doivent suivre leur bréviaire approuvé qui unit la huitiéme a la neuvieme lecon aux fétes de saint Joseph, de VAnnon-— ciation et de saint Gabriel archange, bien que ce soit contraire au Bréviaire romain.

R. P. Philibertus a Galgenen., Minister Provincie - Helveticee Ordinis Minorum S. Francisci Capuccinorum, de consensu Rmi Procuratoris Generalis ejusdem Ordi- » nis, sequens dubium, pro opportuna solutione, Sacrorum Rituum Congregationi humiliter exposuit, nimirum :

In nova editione Breviarii Ordinis Minorum Capuccinorum a Sacra Congregatione approbata legitur, in festis S. Joseph Sponsi B. M. Y., Annuntiationis B. M. V., et S. Archangeli Gabrielis, octavam lectionem cum nona uniendam esse. Quum vero in variis aliis editionibus Breviarii Romani pariter a S. Congregatione approbatis de hac unione octavee et none lectionis in festis preedictis nihil habeatur, queritur : Quid ab alumnis prefati Ordinis faciendum sit?

Kt Sacra eadem Congregatio, ad relationem subscripti Secretarii, exquisito voto Commissionis liturgice, rescribendum censuit :

Standum in casu Rubric Breviarii indicti et ap-

' probati pro ordine Minorum Capuccinorum.

Atque ita rescripsit. Die 20 augusti 1900.

S. M. Card. Paroccut.

D. Panta, Sec.

LAME DU CLERGE et les livres

Comptes rendus bibliographiques

Entretiens sur les paraboles évangéliques, précédés d’une préface du R. P. Feuillette, prieur de |’Kcole Albert-le-Grand, et d’une lettre de Mgr Herscher, évéque de Langres, par M. l’abbé Grépin, curé de Vaudrémont, supérieur de l’'Institution Saint-Joseph de Maranville. — 4 vol. in-12 de x11-488 pages. Prix: 4 fr. 50. Paris, Bloud et Barral, 4, rue Madame.

Ces Entretiens ont paru jadis, de 1898 4 1898, dang VAmi du clergé paroissial, ou ils ont fait les délices de nos lecteurs. Nous n’ayons pas a leur en fairé autrement l’éloge.

Si M. VPabbé Grépin ett vécu plus longtemps, il aurait achevé ce travail, qui est resté sur la parabole du mauoais riche. It avait encore & exposer les paraboles qui se rattachent au dernier voyage de Notre-Seigneur a Jérusalem. :

D’une grande modestie, malgré son mérite, M. l’abbé Grépin n’ayait cédé, pour se mettre A ’ceuyre, qu’aux

instances de M. le chanoine Denis dont il était l'intime ami. C’est aussi par les soins d’un de ses amis que ses

' Entretiens sont édités en volume. De lui-méme, il n’an-

rait pas eu cette ambition; pour l’y déterminer, il ett fallu vaincre ses répugnances en lui faisant voir le bien qui pouvait en résulter. Il disait en toute simplicité que si ses Entretiens ont quelque chose de bon, ils le doivent au travail inédit de M. l’abbé Moissonnier, professeur d’Hcriture Sainte. au grand séminaire de Langres, qui lui a gracieusement permis d’y prendre 4 son aise et auquelil attribuait tout le mérite de l’ceuvre. Les emprunts qwil a faits au trés distingué professeur sont tellement fondus dans son texte qu’on ne saurait les distinguer ; ils forment assurément une part importante des Hntretiens, mais celle du bon et aimable curé reste considérable : le professeur a fourni le canevas et les grandes lignes, le curé a dessiné et exécuté les broderies, qui sont délicieuses.

Le divin Voyageur. — Voyages de Notre- . Ser gneur Jesus-Christ. Concordance des quatre Evangiles. Indication des Evangiles des dimanches et fétes. Notes ce saint Francois de Sales, par le chanoine Ch. Rebord, vicaire général, supérieur du grand séminaire d’Annecy. — Questionnaire, cartes, illustrations. — Chez Abry, imprimeur 4 Annecy. — 1 vol. gr.

in-8 4 deux colonnes. — Prix: 6 fr.

Le divin Voyageur est une histoire suivie de Notre- Seigneur sous forme de concordance des quatre évangélistes. Les faits sont rattachés aux voyages de Notré-Seigneur, depuis le départ de la Sainte Vierge allant de Nazareth 4 Ain Karim pour visiter sainte Elisabeth, jusqu’au dernier voyage a Jérusalem. C’est la le coté original de l’ouvrage. L’auteur a pensé avec raison que la géographie peut étre d’un grand secours pour retenir la suite des faits et en rappeler les circonstances. Trois cartes insérées dans le volume rendent sensibles aux yeux les déplacements successifs du divin Sauveur. Ces cartes sont aussi imprimées en dehors du volume en format de cartes murales de 1m. 20 sur 0 m. 90, destinées a étre étaléeb’ aux yeux des enfants. (Prix : montées sur gorge et rouleau, 25 fr.; montage ordinaire, 22 fr.; non montées, 12 fr.).

La traduction est celle de M. Vallon. :

Les notes qui accompagnent le texte sont empruntées pour la plus grande partie aux ceuvres de saint Fraucois de Sales; il y en a en outre de M. Guérin, de M. Fouard, du P. Didon, de MM. Vigouroux, Fillion, Lesétre et autres commentateurs du saint Evangile.

Les illustrations sont des photogravures de tableaux du Louvre ou de vues prises sur les lieux.

Un premier appendice intitulé Le divin Voyageur au milieu des enfants, rédigé par demandes et ré-

onses, présente en vingt-sept legons toute la vie de

otre-Seigneur, en rapport avec Youvrage principal gui doit servir de développement. Cet appendice a été édité a part en un petit volume in-18. ore i

Un tableau indique les passages utilisés des évangiles, les pages et numéros du volume ow on les trouve. Un autre donne les mémes indications pour tous les éyangiles du missel. eee

Ges détails matériels suffisent 4 faire comprendre le caractére, l’intérét et l'utilité de cette nouvelle publication sur la vie de Notre-Seigneur, que Mer l’évéque

d’Annecy appelle « une ceuyre maitresse. »

e-Seigneur Jésus-Christ @aprés phe; ants Evangiles, par l’abbé E. Jacquier, professeur d@’Ecriture sainte a la Faculté de théologie de Lyon. — In-42 de 294 p.,4 1 ay, — Lyon, Vitte.

Nouvelles méditations sur les fetes de Notre-Seigneur, de la sainte Vierge et des saints et bienheureux de ia Compagnie de Jésus, par le P. Braun, S. J. — In-46 de 428 p., 2 fr. 50. — Paris, Briguet.

__ M. Jacquier réédite, sous format plus portatif et

a oe OH. la traduction harmonisée des quatre

VAMI DU CLERGE

Se hae oes

évangiles annoncée ici au printemps dernier : méme texte, méme distribution fort heureuse des paragraphes, méme illustration un peu rudimentaire, méme annotation sobre et substantielle, mais un peu séche, si sdche que parfois on préférerait la voir disparaitre complétement. Par exemple, page 75, il est parlé de Marie- Madeleine : M. Jacquier ajoute : « Une des femmes galiléennes qui accompagnaient Jésus-Christ, qu’il ne faut pas confondre avec la femme pécheresse dont il est parlé au paragraphe précédent. » La pécheresse du paragraphe précédent, c’est celle qui oignit les pieds du Sauveur chez Simon le pharisien et recut son pardon en termes si touchants : « Beaucoup de péchés lui sont remis, parce qu’elle a beaucoup aimé. » (Luc, vu, 36- 50). Beaucoup identifient cette pécheresse avec Marie- Madeleine, d’autres non : nous-mémes avons exposé ici la controverse cette année, et l’on comprend peu que M. Jacquier, surtout dans une édition populaire, la tranche d’un mot si « tranchant, » alors surtout que VHglise nous fait lire, 4 la messe de la fate de sainte Marie-Madeleine, ce chapitre évangélique de la pécheresse de saint Lue.

dl

If. — Le P. Braun nous donne un recueil de Médita-

tioms pour les principales fétes de ’année, pour tous les”

premiers vendredis du mois, pour certaines fétes particuliérement chéres a la Compagnie de Jésus. Elles sont courtes, ces méditations, mais fort précises, les points bien nets et présentés dans une heureuse gradation; elles sont surtout trés onctueuses. Elles rappelleront 4 nombre d’ames pieuses celles du P. Vercruysse : c’est le meilleur éloge que nous en puissions faire, c’est surtout le meilleur augure de succés.

La Sainte Bible polyglette, par F. Vigouroux. — Tome I, contenant le Pentateuque, —

Un vol. in-8 jésus de xxvir-1034 p. — Prix de souscription, 5 fr. — Paris, Roger et Chernoviz.

Nous avons annoncé en son temps (1898, p. 237) Vap-:

parition du premier fascicule de cette cuvre monumentale. Avec les fascicules 11 et 11 est achevé le tome I, qui contient tout le Pentateuque.

Rappelons a ceux de nos lecteurs qui Vignoreraient |

encore, que la nouvelle Polyglotte donne de nos saints Livres quatre textes différents : texte hébreu, version des Septante, Vulgate, traduction francaise de Glaire, avec indication des principales variantes des Septante, références d'une grande richesse, annotation sobre, metiant d’un mot sur la voie des meilleures solutions, illustrations judicieuses, prises surtout des usages égyptiens et éclairant d’une lumiére frappante les ori-

‘gines humaines de certains points de la législation

mosaique. En téte, une éloquente préface de Mer Mignot; et en appendices, une série d’éclaircissements relatifs 4 quelques-unes des principales difficultés d’ordre scientifique soulevées par étude du Pentateuque.

Nous n’avons plus a faire ressortir ’importance de cette publication, la plus grandiose qu’ait entreprise depuis longtemps chez nous la critique catholique. On lui a fait excellent accueil, méme dans le monde laique et dans l’Université. Les débuts ont été un peu lents ; mais, les premiéres difficultés de mise en train une fois aplanies, tout fait esperer que la publication se poursuivra rapidement. La lenteur est un peu dans les habitudes de M. Vigouroux, dit-on; mais c’est la lenteur d’une conscience qui veut n’avancer qu’a coup sir. M. Vigouroux s’est @ailleurs assuré le concours de laborieux érudits, parmi lesquels nous aimons 4 relever le nom de notre ami et collaborateur le chanoine Martel, aumdnier de l’hopital d’Hyéres.

L’exécution typographique est parfaite. Il est clair que le prix annoncé (5 fr. par volume; ’ouvrage sera complet en 8 volumes) n’est qu’un prix de souscription, qui représente un généreux sacrifice de la part de )’éditeur comme de la part des auteurs. I] sera élevé considérablement aprés l’achévement de louvre.

Apringius de Béja. Son Commentaire de Apocalypse. Edité pour la premiére fois par D. Férotin, O. S. B. — Une forte plaquette in-8o de xxtv-90 pages. — Paris, Picard, 1900.

Sth Sa

Grand régal pour les amateurs Whistoire et d’érudition patrologique! Dom Férotin publie aujourd’hui, pour la premiére fois, d’aprés le manuscrit unique découvert réecemment a Université de Copenbague, un trés curieux commentaire de ’Apocalypse (les cing premiers et cing derniers chapitres seulement) da a la plume d’un savant du-vie siécle, Apringius, eveque de Béja (Portugal). ie

Le manuserit est trés probablement du x1° siécle, ce

‘qui lui constitue une belle antiquité. Sa publication

permet de redresser plus d’un point curieux de bibliographie patristique, et de rectifier des attributions erronées, en méme temps qu’elle offre aux théologiens une nouvelle et trés intéressante matiére d’étude scripturaire et patristique. Ge commentaire a été écrit vers le milieu du vie siécle, en Espagne, sous la pleine domination arienne ; autant d’eléments historiques intéressants pour ceux qui ont le gott de l’Hcriture Sainte et de PArchéologie dogmatique.

Dom Férotin, est-il besoin de le dire, a édité cette précieuse trouvaille en homme soucieux des plus minutieuses exigences de la critique historique et de la paléographie, avec une trés belle épreuve d’un fac-similé phototypique du manuscrit.

Cette brochure est la premiére d’une collection nouvelle de documents inédits « Bibliotheque patrologique » publiée sous la direction du célébre chanoine bistorien Ulysse Chevallier. Nous la signalons avec plaisir et trés sincéres félicitations aux éditeurs. L’Ami du Clergé se fera toujours un devyoir de présenter a ses studieux lecteurs des travaux sérieux de ce genre. Nous accueillerons, a colonnes ouvertes, et recommanderons avec tout le soin possible a notre public les monographies qui feront suite 4 celle-ci dans la trés précieuse collection quinaugure aujourd’hui le Commentaire d’Apringius sur l’Apocalypse.

Grandes théses catholiques. (I. Le Sacré- Coeur), par le R. P. Déodat de Basly, O. M. — 2e édition. — Paris, Desclée, 1900. — Un vol. in 80 de xi1-270 pages.

On aimerait savoir 4 Vavance quelles sont ces Grandes théses catholiques que le P. Déodat se propose d’offrir au public dans une série de volumes dont il nous donne aujourd’hui le premier seulement, consacré au Sacré-Ceeur.

Ce travail, écrit sous une inspiration scoliste ardente et quelque peu combative, est un recueil trés intéressant de six conférences, fort belles, pleines de miouvement, non moins remarquables par la forme littéraire que par VPérudition théologique, consacrées a diverses questions du traité de V’incarnation plus ou moins étroitement liées a la dévotion du Sacré-Cceur.

La pensée prédominante de l’auteur est apparente : il vise 4 restaurer dans l’enseignement, et méme a rendre populaires, les théories scotistes, chéres 4 son Ordre. Nous ne saurions lui en faire un reproche, loin de la. C’est de sa part ceuvre de piété filiale, sans doute, autant que de conviction sincérement éprise de fidelité aux enseignements du Docteur subtil. Toutes les grosses controverses entre scotistes et thomistes y passent : la supériorité de la volonté sur Vintelligence, la gloire capitale du Christ, sa prédestination pré-Adamite, ses mérites infinis simpliciter, etc. (Rien de la forme de corporéité, des distinctions formelles...). C’est une charge en régle, et sur tout le front de bataille, contre les doctrines de saint Thomas.

Et voila certes qui n’est pas du tout pour nous déplaire. Ce sera tout bénéfice pour le clergé, le jour ot il reprendra got a ces antiques controverses théologiques, dont il peut étre utile de lui rappeler Vhistoire de temps en temps.

On nous permettra tout de méme de trouver un peu excessif qu'un des approbateurs de Vouvrage paraisse faire compliment a auteur «d’avoir employé, pour parler du Christ, une langue presque ignorée des hommes de Vheure actuelle, celle des théologiens du moyen age, et spécialement celle des docteurs de Vécole franciscaine. » Les doctrines scotistes ne sont pas ace point-la une nouveauté dans l’enseignement théologique de l’heure actuelle; en particulier, la. thése fameuse du motif de lIncarnation indépendant de la prévision du péché d’Adam, est vulgaire, non seulement dans nos manuels classiques, mais aussi dans nombre de bons livres

dascétisme qui ont pu sinspirer la-dessus de saint

Francois de Sales, de Marie d’Agréda et de beaucoup d’autres. Vulgaire aussi, et nullement ignorée de ceux qui ont mission de parler du Christ, la langue des théologiens du moyen age, représentés par le plus éminent d’entre eux, saint Thomas d’Aquin. aah

On peut done se demander si c’est bien « la vieille scolastique » que le P. Déodat a « prétendu faire revivre » — une morte qui se porte assez bien! — ou s'il n’a pas voulu plutot exclusivement apporter sa part defforts A la résurrection du scotisme, assez délaissé, il est vrai, aujourd’hui, tout comme jadis, dans Venseignement commun des écoles et de l’ascétisme ? :

Encore une fois, nous confessons que cette tentative nous parait tout a fait digne d’éloges ; encore fallait-il en préciser le caractére pour renseigner exactement le lecteur.

Ceci dit, et sous réserve de certaines critiques de détail, toujours possibles en si controversable matiére, nous mhésitons pas A recommander ce livre 4 lVattention des théologiens sérieux, a quelque école quwils appartiennent. Il fera surtout les délices des scotistes assurément; mais, 4 notre avis, les thomistes le liront aussi avee grand profit, ne fit-ce que pour étre mieux assurés, aprés solide connaissance de cause, de ne point se tromper dans leur attachement préféré aux enseignements, beaucoup plus communément admis, du prince des théologiens scolastiques, de saint Thomas, V’ange de I’EKcole.

Nous félicitons chaudement le P. Déodat de son érudition théologique ; les notes et citations qu’il accumule a Vappui de ses théses, offriront aux chercheurs de precieux éléments de réflexion, pendant que les pieux fidéles se délecteront ala lecture du texte de ces conférences, a la pensée toujours éleyée, au style chaud et communicatif.

A supprimer, certainement, la note, au moins inutile, de la page xiv; elle manque un peu de calme et de gentillesse.

Jésus-Christ, sa vie, son temps, par le P. H. Leroy, 8. J. — T. VII, in-12 de 3830 p., 3 fr. — Paris, Briguet.

Retraites évangéliques. — Le jeune homme riche, par le P. Lambert. — Un vol. in-12 de 274 p., 2 fr. 50. — Paris, Briguet.

Une (auvre d@étudiants a Paris, par Vabbé Planeix, supérieur des missionnaires diocésains de Clermont-Ferrand. — In-12 de 56 p., 0 fr. 75. — Paris, Lethielleux.

I. — Nous avons dit 4 nos lecteurs, cette année méme, lorigine de ces études sur Jésws-Christ, qui se presentent sous le titre générique de Lecons ad’ Ecriture sainte et qui méritent d’étre signalées comme l’un des exposés les plus complets, les plus vivants, les plus chrétiens surtout et les plus sincérement pénétrés d’Evangile, de la vie et de la doctrine de Jésus-Christ.

Voici le sommaire des conférences qui remplissent ce tome VII : Le signe du prophéte Jonas, — les fréres de Jésus, — maternité virginale et divine, — le Semeur, — ob tombe la parole? — le semeur d’ivraie, — hors de PEglise point de salut, — pourquoi des paraboles? — la barque de Pierre, — les possédés de Gérasa.

Il. — Crest un premier volume que nous donn jourd’hui le P. Lambert, le premier volume d’une série qui en promet quatre ou cing. Et tous les apdtres de la jeunesse sen rejouiront. Ces retraites ont été préchées dans des petits séminaires ou colléges ecclésiastiques. Tous nos lecteurs connaissent la maniére si simple, si © naturelle, si aimable, si onctueuse du P. Lambert. it a conserve a ces instructions leur forme primitive, leur couleur locale. Telle ou telle, par exemple, vont spécifiquement a adresse d’aspirants au sacerdoce; mais les lois de la perfection chrétienne ne sont-elles pas bonnes a rappeler a tout le monde? Et, sur le plus riche fonds doctrinal, le P. Lambert a parsemé tant d’anecdotes topiques et frappantes !

Qu’on nouspermette de rappeler ici ses précédents ouvrages : Jeunesse et vie chrétienne (2 fr.), Les jeunes gens de VAncien (2 fr.) et du Nouveau Testament (2 fr. 50, Lecoffre), et la revue mensuelle quil a fondée PU pre ce OF eid année : Le Directeur spiri-

es Maisons. @ éducation i 1 inot ; Boe Gone | » (Paris, 23, rue Oudinot;

Nous-mémes avons youlu faire bénéficier nos abonnés des travaux du P. Lambert, et nous leur offrons dans le Paroissial de ce jour la primeur d’une Retraite de premiere communion qui les renseignera parfaite-

une pareille absurdité. Or elle a été admise, crue, professée et défendue jusqu’a la mort par une multitude de 74 saints et de martyrs, et elle est encore admise par tous ceux gui font profession de la foi catholique. Done il

ment sur sa valeur apostolique et litiéraire.

Ill. — M. Planeix, que nous sommes. toujours si heureux de louer, mais qui est vraiment trop diffi-

cile pour lui-méme et produit trop peu, publie, sur des’

instances amies, un sermon qu/il donna a Paris le 24 mai dernier en faveur d’une Huvre d’étudiants.

I’Guvre est des plus intéressantes qui se recommandent au zéle et a la charité catholique. Fondée il y

faut que celui qui l’a fail admettre soit plus qu’un homme, il faut qu’il soit Dieu. — Trés bien! Vous auriez di concourir pour gagner le prix proposé par la faculté de théologie de Wiirzburg. — Quel prix et quel concours? — Kh bien! la faculté de théologie de Wirzburg a mis au concours cette question : Prouver par Vinstitution de l’Kucharistie que Jésus-Christ est Dieu. Kt c’est un prétre de Wirzburg, le docteur Jean Hehm, quia remporté le prix. — Ah! je serais curieux

a cing ans a Paris (rue de Vaugirard, 104, et rue de de voir sa dissertation. — Je lai justement fait venir, : Bagneux, 14), et destinée d’abord aux étudiants sortis et si vous voulez, je vous la préterai. Vous me direz ce : des colléges des Maristes, elle a été visiblement bénie que vous en pensez. — Et qu’en dites-vous vous-méme? a

de Dieu. Les étudiants Ini sont venus de tous cétés ; et “son directeur, le P. Plazenet, appelle de ses veux le jour ol ses ressources lui permettront de disposer de -locaux plus considérables. Elle est, évidemment et -dabord, comme toutes les ceuvres de jeunes gens, couvre de préservation ; mais elle vise surtout a étre cuvre de -foxymation, de formation intellectuelle et morale, de for- “mation surtout au devoir social. Ces étudiants tra- -vaillent beaucoup, et rien n’est charmant comme I’entrain qu’ils apportent a leurs conférences d’études, ce -quine surprendra pas quand on saura que ces confé- -rences sont dirigées par les PP. Bulliot et Peillaube,

— Je ne connais pas ce docteur Hehm, je n’ai donc au- es cune prévention ni pour ni contre lui. Mais vous venez itt” de me donner, dans vos quelques paroles en faveur de cette thése, plus d’arguments qu'il n’en a placé luiméme dans tout son volume de 270 pages. — Cela n’est pas possible ! — C’est comme j’ai l’honneur de vous le dire. J’ai voulu prendre de son livre quelques extraits contenant la démonstration annoncée. Je n’y ai trouvé “5 qu’une phrase, qui n’est pas méme de l’auteur; c’est eh une citation de Bruno Bauer : « Un homme qui est

assis la a table, corporellement et individuellement preé- j sf sent, ne peut pas avoir ’idée de donner 4 d’autres son e

-professeurs de philosophie a l'Institut catholique de aris, avec le concours régulier de publicistes comme -M. Georges Goyau, M. Fonsegrive, M. Gabriel Audiat, ‘et méme, aux grands jours, de M. Denys Cochin, de -M. de Lapparent, de M. Brunetiére. Et a l’étude, ces jeunes gens joignent la pratique des ceuvres de charité “et de relévement social. Ils visitent les pauvres, ce qui est dans la tradition de la jeunesse catholique; mais surtout, ce que l’on n’a pas toujours su faire, ils évan- -gélisent et prétent chaque dimanche le concours ardent de leurs vingt ans a divers patronages.

__ Mais il faut lire la-dessus les pages de M. Planeix. L’orateur n’a jamais été mieux inspiré; et la jeunesse chrétienne n’a pas trouvé souvent interpréte aussi fidéle de ses ardeurs ei de ses dévouements, de ses angoisses aussi.

« Soyez béni, Seigneur Jésus, @’avoir inspiré a ces jeunes gens... la volonté de faire de leurs actes mémes “comme une épopée en V’honneur de leur religion, et @unir leur yoix a toutes les grandes voix qui, depuis -vingt siécles, chantent la divinité de ’Eglise. Il y a une voix dans les écrits des docteurs, une voix dans les larmes des anachorétes, une voix dans les gémissements des vierges, une voix dans le sang des martyrs; mais ‘de toutes ces voix éloquentes, la plus douce peut-étre, la plus persuasive, la plus accommodée aux besoins des temps présents, la plus capable de troubler la librepensée, n’est-ce pas la voix qui s’éléve du coeur, des -actes, de la vie de ces adolescents, la voix sonore et pure de la jeunesse catholique? »

L’institution de la sainte Kucharistie, preuve de la divinité de Jésus-Christ, par le docteur Jean Hehm. — Thése couronnce par la Faculté de théologie de Wurtzbourg. — Wirzburg, Verlag von Valentin Bauch, Buchhandlung. — 1900 !.

Un prétre allemand, de mes amis, me demandait derniérement : « — Pourriez-vous démontrer la divinité de Jésus-Christ par Vinstitution de la sainte Eucharistie ?

— Jen’ai pas encore pensé a cela. Mais je crois quon ‘pourrait, en effet, la démontrer par cette raison quune telle pensée de placer son corps et son sang sous une enveloppe sacramentelle pour se donner a manger et a boire 4 ses amis ne pouvait venir 4 'esprit d’un homme ‘gensé. Pour la concevoir, il fallait ou que Notre-Seigneur fat fou ou bien qu’il fat Dieu. Or on ne peut pas dire la premiére chose, done on ne peut dire que la seconde. De plus, il était de toute impossibilite, si Notre- Seigneur n’était pas Dieu, qu'il fit admettre au monde

{ Die Einsetsung des heiligen Abendmahls, als Beweis fiir die Gotthett Christi, von der theologischen Fakultaet zu Wurzburg gekroente Preisschrift, von ‘Dr Johannes Hehm, Priester der Dioecese Wurzburg.

corps et son sang en nourriture '. » « Pour un homme, Be:

ajoute Pauteur, l’action de Jésus est une chose monstrueuse. » En effet! C’est la Vidée que j’aurais voulu voir développer. Mais tout ce qui précéde (1-120) et tout ce qui suit (120-270) n’en dit plus un mot. Ce ne sont que des considérations trés savantes, si vous voulez, mais étrangéres a la thése, si bien que je me demande comment la faculté de Wiirzburg a pu couronner cette dissertation, a4 moins que l’auteur, pour la rendre plus savante, ne lait dénaturée en la retravaillant. Dans tous les cas, j’en suis pour mes trois florins soixante, que je n’aurais certainement pas déboursés si Javais sw de quoi il s’agissait. — Mais enfin, de quoi peut parler l’auteur sil ne développe pas les deux arguments que je yous ai indiqués tout a l’heure? — C’est la justement ce qui est curieux. Il parle tout le temps de l’institution de Eucharistie. Il prouve dans une premiére partie, par les textes de saint Paul et par les textes des Synoptiques (saint Mathieu, saint Mare et saint Luc), que Jésus-Christ a vraiment institué l’Eucharistie 4 la derniére céne. Dans une seconde partie, que cette institution réalisait les figures et les prophéties de l’ancienne loi. Dans une troisieme partie, que Jésus- Christ a été regardé par les apdtres et par leurs successeurs comme l'image de Dieu, le Verbe de Dieu, l’Agneau de Dieu, etc. Tout cela est fort bien, mais cela ne répond pas a4 l’attente du lecteur ni 4 la promesse du titre du livre. — Vous m’étonnez! Cependant je ne puis pas contester vos assertions, puisque je n’ai pas lu moiméme le livre. Quand je laurai lu, je vous dirai si je suis de votre avis. »

Il y a quelques jours, mon ami est revenu. « — Eh bien! me demanda-t-il, que dites-vous du livre du docteur Hehm? — Il faut que je vous: fasse réparation @Vhonneur. Je ne pouvais pas vous croire sur parole, la derniére fois que nous avons parlé ensemble. Mais aujourd’hui je suis entiérement de votre avis. »

La thése du docteur Hehm aurait pu étre fort belle, sil s’en était tenu a la rigueur des termes de la question. Mais c’est 4 peine s'il indique une des raisons pour lesquelles la pensée méme dinstituer l’Kucharistie ne pouvait venir qu’a un Dieu. Tout le reste sont des dissertations qui ne touchent que de trés loin a la question. On aurait pu en faire Vobjet de quelques appendices, mais il aurait fallu concentrer tout l’effort de la démonstration sur la question méme. C’est ce que l’auteur n’a pas fait. Malgré cela, il ya beaucoup de science dans son livre. Il est trés au courant de toute la littérature biblique de nos jours, aussi bien chez les protestants que chez les catholiques. On peut méme trouver ca et la la réponse a des questions accessoires intéressantes.

Par exemple, il étudie la question de la date de la conversion de saint Paul et il établit quwil faut en reve-

4 Bin Mensch der dasitzt, leiblich und individuel dasitzt, kann nicht auf den Gedanken kommen, andern seinen Leib und sein Blut zum Genusse anzubieten. (Kritik der Geschichte, 11, 1842, p. 241).

Te a Na Te Agen eS OS MSI PAR tL mre

nir A celle fixée par Eusébe et par saint Jéréme et adoptée par Petau, Patrizzi et Jungmann, c’est-a-dire a Vannée méme de la mort de Notre-Seigneur ou 4 ’annee suivante. (P. 26-33). i

Il compare, mot par mot, le récit de saint Paul avec celui des trois synoptiques, et il montre qu'il n’y a pas de différence essentielle entre le premier et les trois autres. La mention ajoutée par. saint Paul : Hoc /facite in meam commemorationem, mention qui ne se trouve pas dans les synoptiques, si ce n’est dans saint Luc, indique que, au temps ow les trois premiers évangiles furent rédigés, la célébration des saints mystéres ayant déja lieu réguliérement, il n’était pas nécessaire de rappeler les paroles de Notre-Seigneur qui la recommandent, tandis que saint Paul, écrivant pour les Corinthiens, chez qui se montrait une tendance a faire de la céne un repas ordinaire, devait rappeler le caractére sacré de ce mystére de foi et la signification que Notre-

Seigneur lui-méme avait voulu y attacher pour toujours. -

asa réfute ensuite les explications symboliques ou allégoriques qu’ont voulu en donner les protestants Harnack, Haupt, Weizsacker, Jilicher, Hoffmann, Spitta (82-92). Il montre que le sacrifice de la nouvelle loi répond a Vidée que nous en donnent les figures et les prophéties de l’ancienne loi, le sacrifice de Valliance, la paque, les pains de proposition, le rocher dont l’eau jaillit, etc. Il montre enfin que Notre-Seigneur nous donne, comme fruit de son sacrifice, le pain de la vie éternelle, que nous devons mourir au péché, en Jésus- Christ, entrer dans son douloureux sacrifice pour vivre avec luien Dieu. :

L’Kglise, réunion des disciples de Jésus-Christ, est le corps mystique de Notre-Seigneur, et chacun de ses disciples est un de ses membres. Dés lors que Notre- Seigneur se les unit, ils doivent se transformer en lui et par la devenir un avec lui et avec son Pére céleste. Crest la le but final de linstitution de ’Eucharistie qui doit faire de I’humanité transfigurée Pheureuse épouse de ’Agneau divin pendant léternité. Belles pensées, comme on le voit, et dignes d’étre méditées, mais qui ne peuvent pas cependant remplacer pour nous la thése

principale, a laquelle elles auraient di seulement servir ”

d’ornements.

Pour conclure, disons que le champ est encore ouvert et que ceux qui voudront y entrer et creuser ce sujet y trouveront certainement beaucoup de jouissances pour lV’intelligence et pour le cceur. Mais alors il faudra quwils s’en tiennent exactement aux termes de la question et quils la traitent avec toute la rigueur de la dialectique.

Compendium philosophize scolasticze, auct. P. Lottini, O. P. — Tome II. — Un vol.

in-12 de 450 p. (S’adresser & V’auteur : a S. Domenico di Fiesole, presso Firenze, Italie). — Prix des 2 vol. : 7 fr.

Nos lecteurs, ceux du moins qwintéresse ce genre de travail, se souviennent de larticle trés élogieux que nous ayons tout récemment consacré au 1°" vol. du Compendium phil. scolastice du P. Lottini.

Avec le second volume que nous annongons aujourdhui, l’ceuvre est compléte. Et quelle cuvre, nous tenons a le redire parce que c’est vrai, puissante dans ga concision, merveilleuse de clarté, limpide d’un bout a Yautre, méme dans les questions les plus difficiles ! Voila un bon type de manuel scolastique a mettre entre les mains de nos jeunes séminaristes. Il a le double avantage de fixer les idées de )’éléve dans des formules bien choisies, trés suggestives, toujours exactes, et de fournir, par tout ce qwil laisse sous-entendre, une ample matiére aux développements du professeur.

Ce second volume comprendl’ Anthropologie, la Théologie naturelle et l’Ethique. Nous ayouons franchement gotiter Vinspiration a laquelle a obéi l’auteur en groupant sous le titre Anthropologie tout Vensemble des doctrines philosophiques qui intéressent le composé humain. La psychologie n’en est qu'une partie, et, vu Yimportance capitale du sujet, on a tort de la séparer daus nos manuels modernes, conformément au plan universitaire, d’avec les autres parties qui se rapportent a l’étude du corps humain et de son union avec ame spirituelle.

Le P. Lottini reste dans ce volume parfaitement égal a lui-méme. L’appréciation que nous avons donnée de

la premiére moitié de son ®uvre s’applique de tout point également a la seconde. :

On. trouvera peut-étre que sur certaines questions psychologiques l’auteur passe trop briévement et ne se montre pas assez soucieux des progrés de la physiologie contemporaine; c’est vrai; mais cette lacune, aisément réparable, est largement compensée par la haute valeur d’un enseignement métaphysique des principes, profond et impeccable, dont il importe, en somme, par dessus tout et avant tout, de pénétrer solidement l’esprit des éléves.

Le P. Lottini veut-il bien nous permettre encore une légére observation, qui d’ailleurs ne porte pas sur son cuvre, mais a coté?

On aimerait voir au bas des pages quelques références, Vindication des bons endroits de saint Thomas a lire, des meilleurs auteurs a consulter. Ce Compendium paraitra manquer un peu de bibliographie. Il est destiné, c’est vrai, aux éléves, qui n’ont guére besoin ni guére le loisir de recourir aux sources. L’excuse, a coup str, est valable, étant donné le plan du travail et le but visé par l’auteur. Aussi est-ce surtout dans lintérét des professeurs que nous. souhaiterions soit au bas des pages (pas dans le texte, afin de ne pas obscurcir sa parfaite lucidité), soit en téte des articles, quelques renseignements bibliographiques sommaires bien adaptés aux sujets traités.

C’est 1a assurément une vétille en fait de critique, et personne n’y verra une restriction ou atténuation déguisée de la trés chaude recommandation que meérite, a notre avis, ce dernier venu — et le mieux venu de tous — parmi les modernes Compendia de philosophie scolastique.

Tabulse systematicze et synopticz totius Summez contra Gentes, auct. P. Berthier. — Une petite plaq. gr. in-8, cart. — Paris, Lethielleux, 1900. — Pr. : 5 fr.

Excellente idée, cette mise en tableaux synoptiques de toute la Summa contra Gentiles (mieux que contra Gentes). Vingt-huit schemas synoptiques suffisent 4 présenter a ceil toute la distribution de l’ouvrage. Trés précieux pour les éléves qui ont peine quelquefois a deviner le plan d’ensemble de cet immortel chefd’ceuvre de l’ Ange de l’école.

Le P. Berthier, a notre avis, aurait bien fait de mettre en téte de son excellent travail un tableau général resumant la répartition de tous les autres.

Notre-Seigneur Jésus-Christ dans son Hiwangile, par l’abbé H. Lesétre. — Deux vol. in-12 de x11 338 et 315 p. — Paris, Lethielleux, 4900. — Prix : 5 fr.

Réédition pure et simple, en format in-12, de la trés remarquable « Vie » de Notre-Seigneur Jésus-Christ, publiée en un vol. in-8 pour la premiére fois en 1893. L’Ami lui a fait, on s’en souvient peut-étre, un chaleureux accueil. Aucune publication récente sur ce sujet n’est venue modifier son appréciation. Le livre continue toujours de meériter les éloges dont il a été Pobjet dans toute la presse catholique.

Méditations pour l’Avent et le Caréme, par Pabbé Nadal. — Paris, Maison de la Bonne Presse, 1900. — Un vol. in-42 de 420 pages.

Le titre dit tout ce qu’est ce petit volume : une série de pieuses méditations pour tous les jours de l’Avent et du Caréme, simplement écrites, 4 Vusage des fidéles. Mais pourquoi l’auteur donne-t-il tantét des méditations proprement dites et tantét de simples paraphrases des pricres de la messe ; tantdt des méditations 4 deux points et tant6t des méditations 4 trois—et quatre points ; tantot enfin des points trés courts, tantot des points démesurément longs? Plusieurs penseront qu’il y ala un peu manque de méthode et d’équilibre; ce qui ne les empéchera point sans doute de trouver ces méditations tout aussi bonnes que beaucoup d’autres.

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raison est Ia suite du no 4’Y de YAMI DU CLERGE du 22 Novembre 4900 1009

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Be Exemplarisme divino, auct. E. Dubois, C. S$. R. — Tome HI. — Un vol. gr. in-4 de 960p. — Rome, Cuggiani, 1900. :

Avec cette troisiéme et derniére partie de louvre colossale entreprise par le P. Dubois A la gloire de la sainte Trinité, sous le titre De Exemplarismo divino, nous restons sous la bonne impression qui nous Vavait fait juger favorablement dés son début. Nous avons . désormais Védifice tout entier, écrasant, en vérité, par les majestueuses proportions de son architecture! On dirait un de ces Specula a4 la maniére de Vincent de Beauvais, ou une Somme du treiziéme siécle. Véritable encyclopédie des connaissances humaines spéculatiyes, philosophiques et théologiques surtout, groupées avec un art quine manque ni d’originalité ni de profondeur, ni méme, presque toujours, d’exacte vérifé, autour du nombre trois de la Trinité, idée maitresse et principe régulateur de tout le travail. s

Quelles que soient les critiques de détail qu’il sera toujours facile de pee en. si vaste matiére, fit-on méme, par-ci par-la, choqué d’un argument faible ou dun choix d’opinion insuffisamment justifié, voire d’une faiblesse de logique ou de style, il n’en restera pas moins évident pour tout lecteur que c’est la une cuvre qui commande Vlattention, le respect, et, au moins dans ses grandes lignes, ’admiration.

Analyser une compilation pareille, est chose impossible. Il y faudrait vingt volumes de Ami du Clergé; et nous craindrions que certaines observations critiques de détail ne vinssent gater le vrai plaisir que procure a Veil le spectacle de ’ensemble.

— Nous avons d’ailleurs déja présenté 4 nos lecteurs le plan général de ’ouvrage. Ce troisiéme volume est consacré a Vlapplication des principes de ’exemplarisme divin aux «trois » ordres de perfection des sciences humaines, considérées dans toute la suite de leur évo- ~ Jution historique.

Un dernier chapitre s’applique a réfuter les objections faites 4 Pauteur. Celles de ’ Amd ont, comme les autres, Vhonneur d’une étude 4 part. La réplique y est ce quelle devait étre, ce que nous prévoyions qu'elle serait. Nous persistons 42 penser qu’on trouvera quelquefois un peu tirées de loin certaines déductions exemplaristes trinitaires @ priori; et aussi, qu’un pareil plan comportait, 2 notre avis, pour étre entiérement au point dans son exécution définitive, ume richesse encyclopédique, non pas plus large dans son étendue, mais plus compléte dans ses détails. Le P. Dubois nous permettra enfin de lui faire remarquer que si la tendance thomiste de ses choix d’opinions en matiéres controversées nous fait grand plaisir, elle peut déplaire 4 d’autres et compromettre par la-méme, a leurs yeux, la stireté des raisonnements et applications exemplaristes qui s’y rapportent. ve: Gigs ;

Mais, nous le disons avec grande sincerite, ce sont 1a, par rapport au tout de cette ceuvre étonnante, des yétilles qui ne sont point pour arréter la sympathie - générale, mémedes adversaires d’école, devant le tableau magnifique, 4 perspectives si profondes, si célestes, & impression si instructive et sanctifiante, qu’offrira aux regards de toute intelligence droite la lecture, méme superficielle, de ces « trois » volumes, ou se dérovle dans un splendide panorama toute lencyclopédie des cuvres créées, sous la divine lumicre de Yexemplarisme dont le ¢entre est en Dieu, dans le sein de la Trinité.

La Psychologie des élus, par l’abbé A. Chollet. — Paris, Lethielleux, 4900. — Un petit vol. in-48 de xx-160 p. — Prix: 2 fr.

Exigu dans son volume, ce petit ouvrage nous parait avoir dans ses conséquences une portée assez étendue. T’auteur, Dieu merci! est un solide théologien ; sa boussole, réglée sur la Somme théologique et les plus pures doctrines des maitres de l’ascétisme, des scolastiques surtout, saura a coup sur lui éviter les déviations compromettantes, toujours a craindre en pareille matiére; nous sommes donc bien certains que cette nouvelle série d’couvres 4 venir sous le titre Psychologie surnaturelle, sera on ne peut plus orthodoxe, de lecture saine et sanctifiante.

Que l’auteur nous permette cependant une toute légére observation. La psychologie naturelle est une science; en peut-il étre de meme vigoureusement par-

lant pour lascétisme et la mystique? Une psy chologie surnaturelle scientifique avec principes universels et logiques déductions, est-elle possible? Oui, dans un certain sens large, celui del’auteur évidemment, excellent théologien encore une fois; dans ce sens que l’ordre surnaturel comporte, comme le naturel, certaines lois fondamentales, des constatations expérimentales, des analyses, qu il est poeatle parfois de grouper en faisceaux synthétiques. Mais, a la difference de Vordre naturel ot tout est régularité immuable dans les rapports de cause a effet, oui tout est nécessaire et partant universel et scientifique, ’ordre surnaturel comprend un élément insaisissable scientifiquement, fugace, protéique a Vinfini, contingent s'il en fit, sans infaillibilité ni nécessité aucune, sans régularité & priori : la grdce. Kit dés lors, a part quelques grandes lignes de l'économie générique de la providence surnaturelle, comment prétendre fixer avec quelque détail et suffisante précision de certitude

les lois surnaturelles qui devraient constituer la char-

pente scientifique dune psychologie de Vau-dela? Tel nest point le but de M. Chollet, assurément. Ne craint-

il point, dés lors, avec nous que le titre Psychologie

surnaturelle ne fasse illusion 4 quelques-uns, ne promette plus qu'il ne peut tenir?

Nous avouons, d’ailleurs, bien volontiers que cette trés légére critique — de mots plutot que d’idées — est peut-étre prématurée, et que l’auteur pourra la rendre inutile par la maniére dont il entendra la composition de ses futurs volumes. C’est sa Préface générale qui nous a inspiré les réflexions qu’on vient de lire. Nous avons toujours peur que la tendance actuelle 4 tout « seientifiquer » ne soit portée a franchir les bornes assignées au terrain de la science humaine rationnelle, aux dépens du terrain libre, extra-scientifique, oi Dieu rédempteur a entendu réserver l’action libre, toute gratuite, de sa grace surnaturelle.

Si nous prenons tant de souci 4 ce compte rendu, c’est

que vraiment nous tenons pour trés importante ’a@uvre

entreprise par M. Chollet; trés utile aussi, si elle est

bien menée, et nous sommes en état de garantir qu’elle

sera bien menée, avec toute la prudence, la stireté de coup @ il et lérudition théologique qui conviennent 4 un pareil sujet.

Ceci dit, il est certain qu’on peut dans l’étude des

phénoménes de l’au-dela relever non seulement bien

des principes de philosophie et de théologie, mais bien des constatations suggestives, dispersées dans nos livres d’ascétisme, qui gagneraient 4 étre groupées, classées et, autant qu'il est possible, synthétisées. Sous ce rapport, l’ceuvre nouvelle, au moins comme plan, qu’on nous offre aujour@hui est originale et ne manque pas d’opportunité. Les curieux d’ascétisme y trouveront, mieux ordonnée, plus intelligible et assimilable, la doctrine des voies surnaturelles de la sanctification et de la glorification future des Ames.

Liauteur commence par la psychologie des élus. C’était le volume le plus facile 4 faire. La théologie de la vision béatifique et des conditions générales de Vétat de gloire est chez nos auteurs classiques féconde et suffisamment solide. Ce petit volume est parfait, vraiment, dans sa maniére nullement ardue, plutdt littéraire et chaude, de présenter, ad mentem D. Thome et dis-

cipulorum ejus, tout ce qu’on peut savoir de certain ou '

de plus probable sur la vie des éius. Il peut étre mis entre les mains, non seulement des théologiens de profession, mais aussi des fidéles pieux de moyenne intelligence. Ilinstruit, édifie, et, ce qui ne gate rien, charme son lecteur. Toutes nos félicitations, en attendant la continuation de la série annoncée. ;

L’auteur nous permettra-t-il de lui signaler un des plus scientifiques psychologues du surnaturel, Philippe de ia Sainte-Trinité (Summa theologie mystica), peut-

étre seulement oublié dans l’énumération des bonnes ,

sources ascétiques qu’il mentionne dans sa Préface ?

Ckavres pastorales de Mgr Isoard. — Tome III, 1891-1900. — Un vol. in 80 de 510 p. — Prix : 7 fr. 50. — Paris, Lethielleux.

Ce tome Ill des Guvres pastorales de Villustre prélat nous conduit de 1891 4 1900. Les documents épiscopaux y sont groupés en cinq parties : 1° Vte chrétienne (lettres pastorales),; — 2° Vie sacerdotale (circulaires au clerge) ;— 3°Rome; —4° A jfatres publiques ; — 5° Approbations. (p. 401-502), recueil des cinquante-

L7AMI DU CLERGE ries Ske

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