‹ L'ami Fritz (volume 2)Chapitre 1 sur 89 · CATHERINE, LISBETH · texte numérisé non relu

CATHERINE, LISBETH

Catherine, appuyant les mains sur la table, — Maintenant, Lisbeth, la table est bien, nous pouvons mettre la nappe. (Elie monte sur itne chaise et ouvre V armoire du fond?)

Lisbeth. — Vous aurez beaucoup de monde, mademoiselle Catherine ?

Catherine. — Non ! M. Fritz n'invite jamais que ses vieux amis : M. le percepteur Hanezô, M. l'arpenteur Frédéric, le vieux rabbin David Sichel. Il ne reçoit pas d'étranger; depuis quinze ans je n'en ai pas vu

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chez nous, excepté le bohémien Joseph, que monsieur a sauvé des neiges pendant le grand hiver de 1860, et qui vient tous les ans faire de la musique le jour de sa fête.

IyiSBKTH. — Ils s'en donnent joliment entre eux.

Catherine , riant, — Je vous crois ! De vieux

camarades . . . Vous pensez bien ! Ils sont tous

garçons, comme M. Fritz, excepté le père David. {Descendant de la chaise avec une nappe.*) Voici ce qu'il nous faut ; tenez les coins, Iyisbeth. {Elles déplient la nappe et la mettent sur la table.)

IyiSBETH. — Oh ! le beau linge que vous avez !

Catherine. — Oui. La mère de monsieur avait l'amour du beau linge ; c'était son bonheur, à la pauvre défunte ; regardez un peu. {Elle ??ionte sur un tabouret zi ottvre fa? moire au linge?)

Lisbeth. — Dieu du ciel ! est-ce possible?

Catherine, d'un air d'orgueil. — C'est du linge de famille; pendant des années, madame n'a fait que filer ^t blanchir. M. Kobus, le juge de paix, lui, n'aimait que l'argenterie. {Ouvrant un grand tiroir.) Voyez.

Iyisbeth. — Oh ! je n'en ai pas vu autant dans ma vie !

Catherine, lui présentant une cuiller. — Pesez-moi ça.

L,isbeth, pesant la cuiller dans la main. — Oh ! que c'est lourd !

Catherine. — De l'argent fin, à la bonne marque. M. le juge de paix ne regardait pas à deux ou trois écus de plus ou de moins pour avoir du bon. Et tous les Kobus, de père en fils; ont tous été comme ça : l'un

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